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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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î5 o DES S U P E R

X. Lors que les Indulgences rendent méprisablel’autorité de 1 ’Eglise, estes regardent le culte superflu,parce que tant s’en saut qu’elles contribuent à la gloiredeDieu,qu’elles déshonorent au contraire Jesus-Christson fils, qui a communiqué à l’Eglise son épouse lapuissance de lier & de délier sur la terre, lorsqu'il adit à ses Disciples (a) : Tout ce que vous lierez, fur laterre fera lié dam le ciel ; & tout ce que vous délierez,fur la terre , fera délié dans le ciel. Elles regardent en-core le culte superflu, parcé que bien loin d'être pres-crites par l’Eglise & conformes à fa pratique, l’Egliseles condamne positivement dans le quatrième Con-cile général de Latran (b) , dans le Concile de Con-stance (c), dans le Concile Provincial de Cambrai («/)en 1565. qui répété les paroles du quatrième Concilegénéral de Latran, & dans le Concile Provincial deRouen, (e) en 1581.

XI. Les Indulgences qui énervent la discipline del’Eglise touchant l’administration du Sacrement de Pé-nitence, ne regardent pas moins le culte superflu, parles deux raisons qu’on vient d’expliquer, que cellesqui rendent méprisable l’autorité de l’Eglise. Auflìsont elles condamnées par le quatrième Concile généralde Latran, & par le Concile Provincial de Cambrai,qu’on vient de citer. Le Concile (f) de Trente ne lescondamne pas moins, & de même le Concile Provincialde Rouen (g )en içSi.C’est assurément pour cette rai-son que le Docteur Navarre, qui étoit un des plus esti-més Gasuistes de ce tems, & qui a le plus révéré la-puissance du Pape & de l'Eglise, dit (h) que les In-dulgences font mises dans le Droit Canon au rang deschoses odieuses, parce qu’elles affoiblissent beaucouplà satisfaction de la pénitence, qiíi nous est si avanta-geuse , & ì laquelle l’Eglise notre merë nous porte partant de Canons Pénitéhtiaux.

Mais outre que les Indulgences qui énervent la dis-cipline de ï’Eglise regardent le culte superflu, ellesregardent encore le faux culte. Et en effet-c’est unefausse piété de prétendre qile l'Eglise dispense les fidè-les de la Pénitence, & leur en interdise l’exercice parles Indulgences, comme si en les leur présentant son

Fr titres haurìte de Trunco pocula vit à:

Hic aliquid finitè vert veûit Israélites

Crede mlhi, crede, cxli domìnaber'u ede ;

Nam pto mercede Christo dices, mihi ct de.

Hic datur exponi Paradiíus venditioni.

Carrant ergò boni rapientes culmina throni.

Vis retinere. forum ì Mihi tendus pauca obolorttm :

Pro summa quorum reíèrabitur aula polorum.

Hic fi large des , ì n codo fit tua fedes.

®uifieret hic parce , parce comprehendet in àrce.

Car tardas i Tantum nummi mihi des àltquantum ;

Pro solo nummo gaudebis in ethere fiummo.

Henos fume quater, unum femel, hossacra Mater

Annos condonat, sanctus Pater ista coronat:

lot quadragenas dat & abluit hic tibi pœnas.

Mill’ MiJJìs decíes focius, fi des, ibifiés.

! T I T I O N S.

dessein étoit de renverser l'Ecriture sainte, les Conci-les & les Peres, qui les obligent indispensablement defaire cette pénitence. Les Indulgences font proprementpour ceux qui étant touchés d’une véritable douleur,& travaillant sérieusement à se purifier de leurs péchésselon leurs forces & avec une entiere sincérité, n’ont pasassés de vigueur pour s’en acquitter dans toute déten-due qui leur feroit nécessaire, pour rendre leurs satis-factions proportionnées à leurs péchés. En cet étatl’Eglise considérant leur bonne volonté, & compatis-sant à leur soibleífe, tâche d’y suppléer par les Indul-gences qu’elle leur donne, afin qu’ils puissent ainsientierement s’acquitter de ce qu’ils doivent â la justi-ce divine,ne le pouvant faire par leurs bonnes œuvresseules, ni parle mérite de leur bonne v,ie.

II est remarquable que saint Cyprien (*') ne vouloirpas qu’on appliquât les Indulgences des Martyrs qu’àceux qui avoient déja accompli une grande partie deleur pénitence. Et, (k) marquant ceux à qui les In-dulgences pouvoient servir devant Dieu, il dit quec’est à ceux qui se repentent, qui font de bonnes œu-vres 8 c qui essayent de le fléchir par leurs prières.

Il n’y a donc nulle apparence de s’imaginer que lesIndulgences soient ruinées par la pénitence, ni de crain-dre aussi que la Pénitence soit ruinée par les Indulgen-ces, puisqu’au contraire elles s’entr’aident &sc soutien-nent. C’est pour cela que les Papes mêmes disent dansles Bulles des Jubilés, qu’ils accordent les Indulgen-cés à ceux qui font (/) vraiment contrits & pénitens.Ainsi tout ce qui porte les hommes â la pénitencefavorise le dessein qu’à l’Eglise, lorsqu’elle présentedes Indulgences à ses enfans, parce que le regret sin-cère d’avoir offensé Dieu les engage à rechercher en-core avec plus d’ardeur tout ce qui les peut réconci-lier avec lui & les exemter des peines que leurs offen-ses ont si justement méritées. Par ce moyen la pé-nitence confirme les Indulgences, au lieu de les blesseren quoique ce soit, puisqu’il saut être vraiment péni-tent pour en bien user, & qu’elle doivent être égale-ment respectées des forts & des foibles, comme étantle supplément de la tiédeur des uns, & le couronne-ment dè la serveur des autres. Desorte que saint Tho-mas a grande raison de dire (--»),qu'il saut conseiller àceux à qúi on donne des Indulgences, de ne pas ces-ser pour cela de faire des oeuvres de pénitence : parceque dans la pensée de Gerson, (n) la marque la plusassurée qu’on puisse avoir qu’on a gagné les Indulgen-ces , & qu’elles ont été salutaires , c’est de faire lebien & de souffrir le mal.

CHAPITRE XVI.Continuation du même sujet.

On pourroit traiter ces méchàns Vers Leonihs d'impies 8c d’im-pertinens, s’il ne falloit excuser en quelque façon 8c l’ignorance dulìéçle, 8c la toïbleffe des devôts dé ce tems-là, Mais ceux qúien ont profité ne méritent pas moins d’être traites dé Simonia-ques 8c de prophanes.

(a) Matth. > 8. >8.

{b) C. 6i. Per indiícretas 8c superfluas Indulgentias, quas qui-dam Ecclesiarum Prtelati facere non verentur, claves Eccleli* con-temnuntûr, 8c Pcenitentialis iatisfactio enervîtui>

(r) Self. 40,.in Append. to. iz. Concil. edit. Labb. n. 14. Ca-vebit Dominus noster Papa in futurum nitniam Indulgenuarumeffuíionem, ne vilescant. .jp. 'j, .

W) Tit. 2 z. de Indulg.

(°)' Tit. de Episc. oífic. n. jy. Indûlgenti* vilescunt propterfrequentiorem usum 8c earum ifl omnibus festis íòlemnioribusmultitudinem. -

(/I P ar ces paroles: SefT. z5, Decret. de Indulg. In Indulgen-tes concedendis moderationem àdhiberi eupit, ne. nimia facilitate

Ecclcsiastica- discìpli na enervétur.

(g) Loc. cit. Nimia facilitate 8c frequentia indulgendi omniagraviora crimina, Ecclesiastiea disciplina enervatur & ad eadem,aut majora perpetranda, «cscitiommuinaudacia.

{h) De Jubil. Nota . 9. n. 9. Indulgentias in jure odiosse ,quòd per eas roulturn enervatur satisfectio Pcenitentialis, qu* tan-toperc est nobis utuis, unde tantoperé nos ad eam mater Ecclesiamonet per tot Canones pœnitentiales.

Les Indulgences pour la délivrance des âmesdu ‘Purgatoire font devenues fort fréquen-tes depuis un fìécle & demi , fur tout dansles Eglises & les Confréries des Réguliers.L*application de ces Indulgences fe faitsouvent pour peu de chose. D affirme duConcile de Trente touchant le Purgatoire.

Le

(i) Epist. 11. Martyribus, 8c c. Et ideo peso ( dit-il ) ut eosquos vos videtis, quos nostis, quorum pœnitentiam fatisfactioniproximam conspicitis , designetis nominatim libello , 8c sic adnòs fidei 8c disciplina: congruentes litteras dirigatis.

(fe) Tract, de lapiis. Pœnitenti, opérant!, roganti, potest cle-menter ignofccre, pótest acceptum ferre, quidquid pro talibus 8cpètierint Martyres, 8c fecerint Sacerdotes.

(l) Verè pœnitentibus 8c contritis.

(m) In supplem. q. zy. art. 1. ad 4. Consulendum est eis quiIndulgentias consequuntur, ne propter hoc ab operibus pœniten-ti* injunctis abstineant.

(n) Tract, de Indulg. consid. 16. fin. CertiiUmum signui»Indulgent!* salutaris est, bona facere 8c mala pati.