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DES SUPERSTITIONS.
u'on prétend qu’Honoré III. écrivit aux Evêques’Aílise, de Perouse, de Todi, deSpoléte, de Fu-ligno, de Nocére & d’Eugubio, pour la Dédicace del'Eglise de Notre-Dame des Anges, tiennent lieu deBulle, ou de Bref, ne peut-on pas demander avecjustice, oii font ces Lettres? & pourquoi on ne lesrend pas publiques? D’ou vient qu’on ne les voit nidans la Grande mer des Frétés Mineurs, ni dans lesjibrégés qu’ils ont fait imprimer de leurs Privilèges ?
4. L'ancien Ordre Romain, (a) & le PontificalRomain (b) de Clement VIII. & d’Urbain VIII.marquent qu’il ne faut qu'un Evêque pour dédierune Eglise, & ils parlent toujours au singulier lors-qu’ils parlent du Prélat qui la consacre. On en peutnéanmoins quelquefois prendre plusieurs pour fairecette cérémonie. Le quatrième Concile général deC c) L atran le témoigne par les paroles que je cite aubas de la page : mais il ne dit pas qu’on en puisseprendre sept. Quand on .gn prend plusieurs , celane fe fait qu’aux Dédicaces des Eglises considérables,des grandes Eglises, ou Basiliques, ainsi que parle ceConcile: Cum dedicatur Bajîlica. Voici cependant septEvêques, s’il en faut croire le P. Artus du Monstier(quoique les Chroniques des Freres Mineurs ne parlentque de quatre) à qui le Pape Honoré III. mande dedédier l’Église de la Portioncule, qui étoit ancienne àla vérité, mais abandonnée & négligée de tout le mon-de , comme le témoigne saint Bonaventure ( d ), & quele nom de saint François, qui n’avoit encore aucunecélébrité dans l’Italie , ni ailleurs , ne pouvoir pasavoir rendue assez recommandable pour être dédiée parsept Evêques. Aussi n’y a-t-il guéres d’apparencequ’elle l’ait été, puisque saint Bonaventure (e) parlantde la réparation qu’en fit saint François, ne dit rien defa Dédicace. Mais quoiqu’il en soit, si Honoré III.vouloir que cette Eglise sût dédiée par sept Evêques,d’où vient qu’il ne choisit pas pour cela ceux quicroient Suffragans immédiats du saint Siège, commecelui d’Aísise ? Pourquoi prit-il celui de Nocére,Suffragant de l’Archevêché de Salerne, & celui d’Eu-gubio, Suffragant de l’Archevêché d’Urbin ? II n’é-toit pas naturel d’en prendre de trois différentes Pro-vinces, & de si éloignés.
f. L’Indulgence de la Portioncule (s’il en faut croi-re le P. Artus du Monstier) a été donnée de vivevoix par Jesus-Christ même à saint François, Pan 1221.Elle est d'une étendue infinie , elle est très-grande &de tous les péchés. Elle est pleniere de peine (fr decoulpe , pour user des termes des Chroniques des FrèresMineurs; elle est perpétuelle; elle est pour le jour dela Dédicace de l'Eglise de Notre-Dame des Anges.U n’y avoit cependant que six ans que le quatrièmeConcile général de Latran (/) avoit défendu d'étendre
(a) Tit. Ord. ad Benedic. Ecoles,
(b) L’ancien Ordre Romain dit : L. tit. de Ecclef. dedícat. feuconsecrat. Primùm veniat Episcopus indutus vestimentis facris,iìmiliter 8c Clerus > 8tc. Tune dicat Episcopus hanc orationem ,Lee. Antequam introeat Pontifex Ecclesiam, Lee. Stante Epif-copo una cum caetero Clero pro foribus Ecclesiae, Lee. Usque dumPontifex primo aqua benedîcta aspergat forinsecus parietes, Lee.Accédât Pontifex ad ostium, Lee. Et contra Pontifex refpondensaddat, Lee. Et le Pontifical Romain: Pontifex confecrans, Lee.Pontifex parat Reliquias, Lee. Prxcedant Pontificem, Lee. Pon-tifex venit ad Ecclesiam, Lee. Pontifex cum Clero 8c populoaccedit, &ci
(c) C. 6i. Cùm dedicatur Basilica, non extendatur Indulgen-tia ultra annum, sive ab uno solo, sive à plurìbus Epifcopis de-dicetur.
W Legend. S. Francis, c. a. Pcrrexit ad locum , qui Portiun-ctila dicitur, in quo Ecclesia beatiflìmx Virginia Genitricis Deiantiquìtus fabricata extiterat, fed deferta tune à nemine cura-batur.
(e) Ibid.
(/) C. 6r. Decernimus ut cùm dedicatur Basilica > non exten-datur Indulgentia ultra ánnum : ac deinde in anniverfario Dedica-tionis rempote quadragi nta dies de injunctis Poenitentiis induiraremissio non excédât. Hune quoque dierum numerum Indulgen-tiarum litteras prsecipimus moderari, qux pro quibuílibet causisaliquoties conceduntur : cum Romanus Pontifex, qui plenitudi-nem obtinet poteftatis, hoc in talìbus moderamen, conlùevericobservare.
les Indulgences du jour de la Dédicace des Eglisesau-delà d’un an, celles de l’Anniversaire de ces Dédi-caces, & toutes les autres Indulgences, au de-là de 40.jours, parce (dit-il) que les Papes, qui ont en main laplénitude de l’autorité, ont accoutumé de garder cettemodération en de semblables occasions.
Si le Fils de Dieu avoit donné l'Indulgence de laPortioncule ( comme on le prétend ) auroit-il vouluqu’elle eût été d’me étendue plus infinie , très grande ,de tous les péchés,& perpétuelle ? Le saint Esprit, qui aprésidé au quatrième Concile général de Latran, n’afix<f les Indulgences de même nature qu’à un an, & à40. jours. Peut-on dire, fans blasphème , que le Filsde Dieu & le Saint Esprit se soient contredits en cepoint? Et n’est-il pas plus juste de s’en tenir à la dé-cision d’un Concile général, qu’à la vision d’un par-ticulier ? Est-il vrai-semblable d’ailleurs qu’HonoréIII. eût voulu confirmer cette Indulgence & la fairepublier par sept Evêques, fur la foi prétendue de saintFrançois (dont on ne connoissoit point encore ni Ismérite personnel, ni la vertu, & qui n’avoit pas en-core jetté les premiers fondemens de son Ordre) aupréjudice de ce qui venoit d’être arrêté par son prédé-cesseur immédiat Innocent III. On regarde le Decretdu quatrième Concile général de Latran, touchant lesIndulgences, comme la règle qu’on doit suivre dansla dispensation de ces fortes de grâces ; & on veutqu’Honoré III. ait entamé, & violé le premier cet-te régie, lui qui en a été un observateur très-fidéíe,ainsi qu’il est clair par la réponse qu’il fît à un Ar-chevêque, (g) qui l’avoit consulté , & auquel ilmanda qu’il pouvoit donner des Indulgences danstoute fa Province, pourvu que ee fût conformémentau Decret du Concile général , qui n’est autre quele quatrième de Latran. Il faut autre chose que lavision d’un particulier pour obliger les SouverainsPontifes d’abandonner les Conciles généraux, (h) dontils fe font un grand honneur de suivre & d’exécu-ter les décisions.
6. Saint Bonaventure a écrit fort exactement la viede saint François, qu’il a intitulée Legenda fancíi Fran-cìfci. Il parle dans le Chapitre z. des trois Eglises quece saint Patriarche répara, qui font celle de saint Da-mien, celle de saint Pierre & celle de Notre-Dame desAnges. II dit qu’il a aimé cette derniere plus que lesautres, tant parce que c’est-là qu’il a commencé à pra-tiquer l’humilité, qu’il s’est avancé dans la vertu , &qu’il a heureusement achevé sa carrière, qu’à causequ’il l’a recommandée en mourant à ses frères, commeun lieu qui étoit très cher à la sainte Vierge. II ra-conte la vision qu’eut un bon Frère d’une infinité depersonnes aveugles qui étoient autour de cette Eglise,& qui recouvrèrent la vue. II marque que c’est-làque saint François a commencé d’établir l’Ordre desFrères Mineurs. II décrit dans le chapitre 2.de quel-le maniéré, entendant un jour la Messe dans cette si-gillé , on lut un Evangile d’où il prit occasion d’em-brasser la perfection qu’il professa le reste de fa vie ;il parle de la vision qu’eut un saint Prêtre d’Assise,de celle qu’eut saint François (avant que d’aller à Ro-me pour faire approuver fa Régie) d’un arbre d’uneprodigieuse grandeur, & de celles qu’eut le Pape In-nocent
(g) Cap. Romana Ecclefia , de pœnit. Sc remiss. in 6. Nos 111 kfraternitati breviter reipondemus quod per Provinciam tuam li-béré potes remissionis concedere litteras. Ita tamen quòd statutu®generalis Concilii non excédas.
(k) Epist. 13. ad Episeo. Dardan. Confidimus (dit U PapeGelafie I.) quòd nullus jam veraciter ignores Christianus, unius-cujusque Synodi constitutum , quod univeríàlis Ecclefe probavitassenfus, non aliquam magis exequi sedem prae exteris oportere,quàm primant. Le Pape Hormifdas de même : Epist- 9 - a é Johan.Nicopolit. Epifc. Prima falus est regulam rect® fidei cuítodire,8c à constitutis Patrum nullatenus deviare. Et le Pape Vigile:Epist. 4. ad Justínian. Nos nihil contra Synodaha, vel praede-cessorum nostrorum , prxíùlum Sedis Apoltoucx constituta, autconimisisse aliquid, aut tentasse, quisquam, ucet astutus Le fubti;lis, inveniet.