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DES SUPE
no cent III. au sujet de sa Régie & de son Ordre. IIraconte comme étant un jour en Oraison, le saint Es-prit rassura que ses péchés lui étoient remis , aprèsquoi il fut ravi en extase , & il vit clairement dansune admirable lumière, dans laquelle il fut absorbé, cequi lui devoit arriver & à ses enfans. Enfin il rap-porte que c’est dans l’Eglisc de Notre-Dame des An-ges que par les mérites de la Mere de Miséricorde,cet humble serviteur de Dieu conçut & enfanta l’es-prit de la vérité Evangélique , qui l’obligea de toutquitter pour arriver à la perfection Chrétienne , &
, pour exciter plus efficacement les autres à la péni-tence.
Saint Bonaventure néanmoins , ni dans ces deuxchapitres , ni dans tous les autres, ne dit pas un seulmot de ì'Indulgence de la Portioncule , preuve assezconvaincante , ou qu’il n’en avoit point oui parler,ou que s’il en avoit ouï parler , il ne la croyoit pasvéritable. Car s’il l’eut crue telle , pourquoi n’eneut-il pas fait mention dans fa Légende , où il racontequantité de faits moins mémorables, moins considéra-bles & moins importans pour la gloire de saint Fran-çois & pour l’honneur de son Ordre ?
En dernier lieu , l’Indulgence de la Portioncule,selon les Chroniques des Frères Mineurs , est une Abso-lution Cc Indulgence pléniere de peine Cy de coulpe ; &c’est encore par cet endroit, qu’elle est abusive Cy fìt-perftitieufe. i. Parce qu on a fait voir ci-devant (a) ,que les Indulgences , quelles qu’elles puissent être,ne fauroient remettre la coulpe, mais seulement la pei-ne. 2. Parce que le Pape Clemeqt V. ( b ) & EtiennePoncher (c) Evêque de Paris , content parmi les a-bus des Quêteurs , qu’ils promettoient des Indulgen-ces qui remettoient la peine & la coulpe. Parceque le Concile de Constance (d) demande que l’onrévoque & que l’on casse les Indulgences qui promet-tent l’absolution de la peine & de la coulpe.
J’attens du zélé & des lumières des Frères Mineursla résolution des difficultés que je prens la liberté deleur expliquer fur la vérité de l’Indulgence de la Por-tioncule; & je passe aux Indulgences des Autels pri-vilégiés.
CHAPITRE XVIII.
Sur les Indulgences des Autels privilégiés.
& Origine des Autels privilégiés est feu con-nue. L'usage rien est pas ancien , quoiqueGabriel Biel & Bellarmin disent de laChapelle de S. Zénon , qui efi dans l’E-glise de Sainte Traxéde à Rome. On n'envoit que depuis le Concile de Trente , &il est fort vraisemblable , que GrégoireXIII. est le premier Tape qui en ait ac-cordé. Comment la premiere idée peut enêtre venûe ? Comment ils se sont ensuitemultipliés dans les Eglises Régulières &séculières ? II n’y en a jamais eu à Romedans HEglise de S. Jean de Latran , nidans les plus illustres Cathédrales deFrance. 11 y en a de deux sortes , les unsà perpétuité -, les autres pour un tems.Exemples des uns ò“ des autres. Ils fontpresque tous d'un même stile , avec deux
{d) An. c. 14.
(b) Clementin Cùm secundum, c. Abusiombus, h. ad hsec.
(c) In Statut. Synodal. Tit. de Pœnit. Aliqui ex iptis eosàpœ-na 8c à culpa (ut eorum verbis utamur) absolvunt.
(d) Sess. 40. in Appendice To. 12. Concihor. ulti. edit. n. 14.de Indulgentiis fuit decretum. Item qux dicuntur de pœna &culpa, revocat 8c annulai.
Tome II.
STATIONS* íêt
dijferences néanmoins. Célébré Mande*ment de M. /’ Archevêque de Reims furles Autels privilégiés. Histoire d’un Reli-gieux qui se disoit lui-même Autel privilé-gié. Onze difficultés fur les Indulgencesannexées aux Autels privilégiés. Senti-mens des Conciles Tróvinciaux de Cam-brai de Malines , du Synode de Mali-nes , des Statuts Synodaux de N.amur %de Maldonat , du T. Véron , de HoldenÔ" de M. /’Archevêque de Reims , fur cesIndulgences. Le Tape Innocent XI. Se-lon le témoignage de M. de Valois , auroitaboli les Autels Privilégiés , s’il avoit vé-cu plus long-tems qu’il n’a fait.
II. ^VUelque soin que j’aye apporté pour dé-couvrir l’origine des Autels privilégiés,je ne sai pas encore au vrai si j'en fuis venu à bout.J’ai feuilleté , j’ai lu une infinité de Livres, où jecroyois la trouver, mais inutilement. J’en ai deman-dé des nouvelles à beaucoup de savans - qui m’onttous avoué de bonne foi qu’ils n’avoient rien de cer-tain à m’en dire. Mr. de Valois (e) (Adrien) assu-re , que ce font des Mendians qui les ont inventés pourachalander leurs Eglises : Mais il ne dit point ni quisont ces Mendians, ni dans quel tems ils ont vécu.
Si ce que rapporte Bellarmin (f) de la Chapellede saint Zénon qui est dans l’Eglise de sainte Praxédeà Rome , étoit véritable , ce seroit une assez bonnepreuve de l’antiquité des Autels privilégiés. Il ditque le Pape Pascal I. qui vivoit en 820. a donné uneIndulgence portant , que tous ceux qui diroient uncertain nombre de Messes à cette Chapelle , pour lerepos de l’ame de leurs Pérès , ou de quelques autrespersonnes particulières, les délivreraient des peines duPurgatoire.
Mais outre qu’il le dit fans preuve, Gabriel Biel (g)rapporte la chose autrement. Car il attribue cette In-dulgence à Pascal V. & il dit qu’elle est pléniere,qu’elle a été confirmée par onze Papes , & qu’elle aété donnée en cette forme : Quiconque dira , ou siéradire cinq Mejsies pour l’ame de fin père , ou pour celle dequelqu’un de sis amis , qui f ra en Purgatoire , lui pro-curera Indulgence pléniere par maniéré de frsisragc : ainsiqu’il paroît par une (h) lettre authentique qui fe voità l’entrée d'une Chapelle de l’Eglise de sainte Praxé-de. Ensuite il ajoute , que ce Pape ayant dit cinqMesses à cette Chapelle pour lé repos de l’ame de sonneveu , après la cinquième , comme il étoit encore àl’Autel , (i) la sainte Vierge lui apparut sur la voûtede la fenêtre qui est devant l’Autel , tirant du Pur-gatoire l’ame de son neveu d’une maniéré toutevisible.
Mais 1. il n’y a jamais eu que deux Papes quîayent porté le nom de Pascal, savoir Pascal I. & Pas-cal
fî) Pag. 47.
(/) De Indulg. c. 14. Paschalis I. Indulgentiam ita coneessitut qui pro anima patris , vel alterius particularis personae defunc-tse, tot Missas celebraverit in Capella S. Zenonis, quae est in.Ec-clesia sanct» Praxedis, animas illas de Purgatorii pœnis eripiát.
(g) In Canon. Miss. Lect. 57. lit. Ii.
(h) Pafchasius quintus dédit Indulgentias plenarias per stloduni
fuftragii animabus in Purgatorio ; quas undecim íummi Pontifi-ces confirmaverunt, ut legitur in littera authentica in introitu Ca”pellse Ecclesiae fanctas Praxedis de Urbe. . . Et fuit data Indusgentia íub hac forma. Quicumque celebraverit , vel celebrarî„ fecerit, qumque Missas pro anima Parentis, vel amiri eyisten-" tis in Purgatorio, dictus Pafchasius dat rciniflïonem plenariam„ per modum íufrragii tau anima;, r
(i) Et ibi habetur quod dictus Pafchasius post mortetn cujus-dam fui nepotis , dictas qumque Missas pro anima nepotis fui inipsa Capella celebrâvit, 8c post celebrationem quint*,Miss*,dumeílèt adhuc in Altari , apparuit íìbi supra Altave in teftitudine fe-nestra;, quai est ante altare, Virgo Maria visibiliter extrahens ne-potis animant de Purgatorio.
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