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l’en tirera immanquablement, aussi-tôt qu’on lui auraappliqué dans cette vue le sacrifice adorable de l’Eu-charistie, offert à un Autel privilégié ? A qui, 8 cquand a-t-il révélé ce mystère de sa sapience & de sascience ?
i. On ne voir ni dans l’Ecriture sainte, ni dans laTradition de l'Eglise, qu’en disant une Messe desMorts à un certain Autel plutôt qu’à un autre, & àcertains jours plutôt qu’à d’autres, on puisse tirer in-failliblement des âmes du Purgatoire. II paroît aucontraire que ce que les Théologiens nous disent duculte superflu, (a) de la vaine observance, (b) del'observance des jours, (c) 8 c de l’observance des cho-ses sacrées (d ), qu’on ne sauroit soutenir ce sentimentsans s’engager en quelque façon dans ces pratiques su-perstitieuses. Car quelle plus grande vertu peut avoirune Messe des Morts * dite pendant l’Octave de laCommémoration des Fidelles trépassés , par exemple,ou bien un Lundi, ou un Jeudi, à un Autel privilé-gié, que toute autre Messe que celle des Morts, oumême que celle des Morts, dite en un autre tems, àd’autres jours, & à un Autel non privilégié? La mi-séricorde de Dieu pour les âmes du Purgatoire est-elleplus attachée à une Messe , qu’à l’autre , à certainstems & ì certains jours, qu’à d’autres , à un Autelqu’à l’autre ? Et ne pourroit-on pas avec quelque sor-te de justice faire ici Inapplication de ce que saint Au-gustin (e) écrit à Janvier ? ,, Je ne saurois approu-„ ver (lui dit-il) certaines choses qu’on établit &„ qu’on propose pour observer aíissi religieusement,„ que s’il s’agissoit de la pratique de quelque Sacre-„ ment ; quoique néanmoins je n’ose pas les rejettes„ avec une entiere liberté , de peur de scandaliser ou„ les personnes de piété , ou les simples à qui cela„ pourroit faire quelque peine. Mais je fuis sensi-„ blement touché de ce qu’on a si peu de soin de„ tant de choses très-salutaires qui font expressément„ ordonnées dans les Saintes Ecritures, & de ce que», le monde est si rempli de préjugés & de fausses„ idées, qu’on reprendra quelquefois plus sévèrement„ un homme pour avoir marché nus piés fur la terre„ pendant un certain tems , que pour avoir bu avec„ excès & avoir noyé son ame dans le vin. Toutes,, les fois donc que l’occasion s’en présente , il saut,, sans difficulté retrancher toutes ces choses, qui ne„ font ni prescrites dans l’Ecriture sainte , ni ordon-,, nées par les Conciles , ni autorisées par la pratique,, de ì’Eglise universelle ; mais que feulement des usa-,, ges particuliers 8 c variables de certains lieux ont in-„ traduites , avec si peu de raison le plus souvent,„ que quand on recherche les causes de leur institu-„ tion , à peine en peut-on trouver aucune. Ainsi„ quoi qu’on ne puisse pas dire précisément en quoi„ ces fortes de choses font contraires à la foi, cepen-,, dant elles surchargent si fort la Religion Chrétien-„ ne, qui n’a été assujettie par la miséricorde de Dieu„ qu’à très-peu de cérémonies & de pratiques , que„ la condition des Juifs en comparaison , est beau-„ coup plus douce & plus supportable ; parce que,, s’ils ne font pas entrés dans l’étát de la grâce & de„ la liberté , au moins ne sont-ils asservis que fous le„ joug des préceptes & des observations légales , &„ non fous le poids des préjugés & des superstitions», humairj.es.
j. Le Concile Provincial de Cambrai (/), en 1565.veut qu’on retranche absolument la superstition deceux qui assurent qu’en faisant certaines prières , &en disant certaines Messes d’une certaine façon , on
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délivrera infailliblement certaines âmes du Purgatoire.N’est-ce pas là ce qu’on espère des Messes dites àdes Autels privilégiés ?
4. Le Concile Provincial de Malines (g) , en 1570*exhorte les fidèles à ne point ajouter foi légèrement ìcertains livrets triviaux qui promettent avec certitudequ’on délivrera des âmes du Purgatoire , ce qu’on at-tribue aussi à certaines prières 8 c à certaines Messes di-tes en certaine quantité. Cependant on promet aveccertitude que par le moyen des Messes qui se disent àdes Autels privilégiés , on délivrera fans faute desâmes du Purgatoire.
5. C’est une vanité & une superstition abominable(dit le Synode de Malines (h) , en 1609.) assurerqu’en disant un certain nombre de Messes & de priè-res , on délivrera immanquablement certaines âmes duPurgatoire. Comment sauver de cette vanité & decette superstition ce qu’on dit des Autels privilégiés ?
6. Les Statuts Synodaux de Namur (i), en 1659.ordonnent aux Curés d’avertir leurs Paroissiens , quec’est une vanité abominable, de croire qu’en pronon-çant certaines paroles , 8 c en récitant certaines prièresen certaine quantité & d’une certaine maniéré, on dé-livrera infailliblement certaines âmes du Purgatoire.Comment concilier cette doctrine avec les Indulgencesdes Autels privilégiés ?
7. Si en vertu des Messes des morts dites à desAutels privilégiés , on délivre infailliblement des âmesdu Purgatoire , ne semble-t-il pas que les Papes neremplissent pas les dévoirs de la charité paternelle 8 cChrétienne , en ne les en délivrant pas toutes, & enne privilégiant pas tous les Autels du monde pourtous les jours de l’année ? Le pouvant faire aisé-ment , pourquoi ne le font-ils pas ? Pourquoi laissentils plus long-tems souffrir ces pauvres âmes ? Ger-son (k.) dit, que c’est parce qu’ils font les dispensa-teurs fidèles du trésor de l'Eglise , & qu’ils ne les fe-raient plus s’ils vuidoient entierement le Purgatoire.
D’autres disent que c’est parce qu’il n’est pas enleur pouvoir de vuider le Purgatoire , comme le sou-tint un jour à Tournai Jean des Anges, qui fut con-damné pour cela par la Faculté de Théologie de Pa-ris , du tems de Sixte I V. selon le rapport de JeanMajor (/) , qui vivoit un peu après.
Mais supposé qu’on ne délivrât qu’une ame duPurgatoire à chaque Messe des Morts qu’on dirait àun Autel privilégié , n’en pourroit-on pas dire à di-vers Autels privilégiés autant qu’il y aurait d’amesen Purgatoire ? Santarel (m) croit qu’on le pourroitfaire en un seul jour par le moyen d’un Jubilé univer-sel que gagneraient autant de fidèles qu’il y a d'amesdans le Purgatoire. Mais une infinité de Prêtres Sé-culiers & de Moines ne Raccommoderaient pas decet expédient , particulièrement ceux qui tirent touteleur subsistance , ou une partie de leur subsistance,
de
(g) Tit. de Indulg. Monet pios suos filios hsc Synodus , necircumforaneis quihusdam libellis temerè fidem habeant , potiffi-mum 11 promistiones contineant certorum effectuum , aut libe-rationem certam à Purgatorio : quemadmodum 8c Mistis quibus-dam 8c precibus certo numéro recitandis affixas alicubi viderelicet.
(b) Tit. 14. Abominanda est eorum vanitas 8c superstitio, quicerto numéro 8c praescriptâ formâ Miffarum vel precum , affir-mant certas designatasque animas de Purgatorio semper liberari.
(i) Tit. 14. c. 7. p. 54. Monebunt Pastores Parochianos íuos,abominandam esté eorum vanitatem , qui certo numéro Sc pr«-scriptâ formâ verborum 8c precum affermit certas animas semperà Purgatorio liberari.
(f) In Verlìb. ad cal. Trait, de Indulg.
W Au Tome 1. de ce Traité, 1 . r. c. 1.
(b) L. 4\c. 1.
\c) Ibid. c. z.
(d) Ibid. c. 4.
(í) Epist. ï' 9 - c - -P-
(/) Tit. 19- c. 6. Illud quoqu C p] an a reprobandum est , si quicerto numéro , prasicnptaque Mìíïârum forma aliqua , aut pre-cum, affirmant certas deíignatast^ue animas è Purgatorio ícmperliberari.
Arbìtrìo Papa proprìo fi clavibus utiPop, cur finit ut pcena pios crucict íCur non evacuat loca purgcmdis animabusTradita ? Sed fervus effe fidelis amat-
(l) In 4. dist. 21. dub. 2. _ . ......
(m) Tract, de Jubil. c. dub. n. ? ositls «quisitis . êc toti-dem fidelibus existentibus quot siint Purgatom animas. nihil estabsurdi una die per pleniffimum Jubi.Kum omnes animas Purga-torii posté liberari ac solvi.