DES SUPERSTITIONS.
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les : ,, Il n’est pas permis de dire » qu’en disant la,, Messe à un certain Autel, quoique privilégié, on,, délivrera infailliblement une ame des peines duPur-5, gatoire , puisque ces âmes ayant rendu compte de,, leur administration à l’heure de la mort, sont entre„ les mains de la justice de Dieu , qui les fait parti-j, ciper au sacrifice de son Fils , à proportion du de-„ gré de charité qui regnoit en elles , au moment„ qu’elles ont été séparées de leurs corps. A ces cau-„ ses Nous défendons d’avancer qu’en faisant dire la„ Messe à un Autel privilégié, les morts obtiendront,, infailliblement leur entiere délivrance du Purgatoi-.„ re : y ayant de la témérité de promettre ce qui„ n’est qu’en la disposition de Dieu seul, qui dispen-„ se selon les régies de fa justice & de fa miséricor-„ de , les mérites de son Fils , & le fruit des prières„ de son Eglises , aux âmes de ceux qui étant morts„ dans son amour, expient dans le Purgatoire les pei-„ nés qui font dûes à leurs péchés.
Mais malgré tout cela , on veut nous persuader,qu’il est permis de dire , & qu’il n’y a point de té-mérité à le dire , qu’une Messe des Morts dite à unAutel privilégié , délivrera infailliblement une amedu Purgatoire. Il y a une infinité d’Ecdésiasti-ques & de Réguliers qui ne laissent pas de se chargerde Messes pour des Morts, pour lesquels on en a dé-jà dit à des Autels privilégiés. Ne mériteroient-ils pasqu’on les mit au rang de ceux dont le saint Apôtreassure (d), qu’ils enseignent, par un intérêt honteux,ce qu’on ne doit point enseigner.
Toutes ces considérations font que je n’ai pas tantde peine à croire ce que rapporte Mr. de Valois ( b )
(«) Ad tit. c. i. ii. Docentcs quae non oportet , turpis lucrigratiâ.
{b) In Vales. p. 46. à'47-
du Pape Innocent XI. touchant les Autels privilégiés.’„ Si Innocent XT. (dit-il) avoit été secondé par des,, gens auííi bien intentionnés que lui , quels biens„ n’auroit-ils pas procuré à la Religion Chrétienne ?„ Que n’y auroit-il pas rétabli ? Que n’y auroit-ilpas„ reformé ? On m’a assuré de bonne part qu’il auroit„ aboli les Autels privilégiés comme un fort grand„ abus. En effet quelques Indulgences accordées à„ un Autel peuvent elles en rendre la Messe meilleu-„ re ? Et le sang de Jesus-Christ , qui est d’un prix,, infini, a-t-il besoin de quelque accessoire de mérite„ pour être plus agréable à Dieu & plus efficace pour„ ceux pour qui l’on prie ? Ce font des M end i ans„ qui ont inventé ces choses pour achalander leurs„ Eglises.
Mais en voilà assez , & peut-être trop, fur une ma-tière extrêmement délicate , & dont on ne sauroitguéres parler avec toute la liberté que le Fils de Dieunous a acquise par sa mort , sans s’attirer une infinitéde gens de differens caractères , & qui pour la plu-part font d’autant plus rédoutables, qu’ils n’ont rien àperdre , & qu’ils portent leurs ressentimens jufqu’audelà du tombeau. Je me souviens de ce que dittrès-bien le Père Théophile Raynaud (c) , Qu’il fautparler sobrement de ces sortes de choses, (d) de peur,selon l’ancien proverbe, de réveiller le chat qm dort.
(A Heterocl. spirit. 8c Anomal, piet. terrest. sect. y. punct. 4.n. 37. De illa stati temporis haud quaquam diuturniori designa-tione ad emergendum de Purgatorio, íòbriè pronunciandum est,ae moveantur crabrones.
{d) Cette politique, qui fait supporter 8t pallier plusieurs abus »est le fondement de plusieurs reproches qu’il faut essuyer de lapart des Protestans : & l’on ne peut parer leurs coups qu’en dé-clarant qu’il faut éviter de troubler l’Eglitë Sc d’y exciter le Schis-me 8tc.
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