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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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T R A I T E

DES

SUPERSTITIONS,

Q^U I REGARDENT

LES SAGREMENS.

SUITE DE LA SECONDE PARTIE.

LIVRE H U I T I F M E.

2 les Superstitions qui regardent PExtrème-Onffion.

A Y A N T-P R O P O S.

E Batême nous ouvre la porte de lavie de la grâce ; mais l’Extrême-onction nous facilite l’entrée de lavie de la gloire. Elle s’appelle onc-tion y parce qu’elle fe donne avecl’huile qui a été benite solemnelle-ment par l’Evêque. Elle s’appelle extrême , c’est-à-dire derniere, non parce qu’on ne la doit recevoirqu’à l’extrêmité, comme bien des gens s’imaginentpar une erreur & un abus manifeste, mais parce qu’el-le est effectivement la derniere onction que reçoit leChrétien à la fin de fa vie.

Jesus-Christ a institué ce Sacrement pour le secoursspirituel & corporel des malades, suivant la pensée del’Apôtre saint Jaques (a). „S’il y a quelque malade„ parmi vous (dit-ilj) qu’il fasse venir les Prêtres del’Eglise, & qu’ils prient fur lui. Poignant d’huileau nom du Seigneur : & la priere de la foi sauverale malade, le Seigneur le soulagera, & ses péchéslui seront remis”. Cela nous marque les troiseffets de PExtrême-onction.

Le i. est le salut du malade, parce que Dieu luidonne dans ce Sacrement tous les secours nécessairespour faire un bon usage de íà maladie, en la souffrantavec patience & résignation à sa sainte volonté ; pour

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(4) i.Epist. c. 5.Tome II.

résister aux tentations que le Démon redouble dans lesderniers instans de la vie, qui doivent décider de l’é-ternité bienheureuse, ou malheureuse du malade ; Scpour mourir chrétiennement.

Le 2. est le soulagement du malade, puisque ce Sa-crement a été aussi institué pour rendre la santé au ma-lade, lors qu’il le reçoit avec une foi ferme en Dieu,& qu’elle est avantageuse pour son salut.

Le troisième enfin est la rémission des péchés, cequi fe doit entendre des péchés qui n’auroient pas en-core été expiés, & des restes des péchés, qui sont ef-facés par ce Sacrement, qui est appelle par les Peres,selon le témoignage du Concile de T rente (é >), la con-sommation , non seulement de la Pénitence , mais mê-me de toute la vie Chrétienne, qui doit être une pé-nitence continuelle.

Ces trois effets nous font marqués dans un distique,que je trouve dans les anciens Statuts Synodaux du.Diocèse de Cambrai (c), en 1550.

Pour

(b) SeíT. 14. doctri. de sacram. ExtrêmeUncti. 0 u°d 00amodo pœnitentise, led 8c totius Christian:* vitse qu* perpétuapœnitentia este debet. coníummativum existima’tum est à P*-tribus.

(e) Tit. 11.

Ung or in extremh, ut fiat gratta major,

Et morbut levior, & mea cals* mtnor ,

Y y y.