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Pour empêcher les effets admirables de l’Extrême-onction l’ennemi commun du genre humain a mêlébeaucoup de superstitions dans ce Sacrement, qui endevraient être tout-à-sait bannies. Nous expliqueronscelles qui font venues à notre connoiífance.
CHAPITRE I.
Des Superstitions qui regardent la matièrede l’Extrême-Onction.
U huile d?olive s efl la matière de ce Sacre-ment. Elle ne peut-être bénite que par lesEvêques dans l'Eglise Latine , mais dansl'Eglise Grecque les simples Prêtres lapeuvent bénir toutes les fois qu'il s en ontbesoin. Ce n'est point une Superstition auxGrecs d'administrer l'Extrême-Onêlion a-vec de l'huile bonite par un fimple Prêtre.Si c'en est une de se servir de l'huile desinfirmes pour oindre les personnes saines& les malades. Exemples de cette prati-que. Les Evêques Grecs oignent des SS.huiles qu'ils ont consacrées le Jeudi Sainttous ceux qui ont ajststé ce jour-là aux di-vins Offices -, mais c'est un abus. C'en estun auffit au sentiment d'Arcudius ^ que deréitérer les Oêlions ér les Prières fur unmême malade, comme font les PrêtresGrecs lorsqu'ils font plusteurs à administrerl'Extrême-OnBion j mais le P. Goar nele croît pas. On oignoit autrefois les ma-lades pendant ‘j. jours dans l'Eglise Lati-ne i mais il n'y avoit que les mêlions dupremier jour qui fussent Sacramentelles ,dans la pensée de Matthieu Galen j les au-tres n'étoient que Céremoniales. La disci-pline de l' Eglise a varié touchant la réi-tération de l'Extrême-OnElion.
L Es Grecs conviennent avec les Latins que l’hui-le d’olives est la matière du Sacrement de 1 Ex-trême-onction.
Parmi les Grecs cette huile peuoêtre benite par lessimples Prêtres, comme par les Evêques ; mais parmiIçs Latins elle ne doit l’être que par les Evêques (a).Le Concile de Florence y est exprès.
Parmi les Latins elle n’est benite que le Jeudi-Saint.Parmi les Grecs elle l’est aussi le même jour par lesEvêques immédiatement après 1 a Liturgie ; mais lessimples Prêtres la bénissent toutes les fois qu’ils admi-nistrent l’Extrême-onction, avant que d’oindre les ma-lades & de réciter fur eux les prières ordonnées, ainsiqu’il est marqué dans l’Euchologe (b) , & qu’Arcu-dius (c) & le Pere Goar (dy le témoignent. Sur cettediversité d'usages quelqu’un pouroit peut-être s’ima-giner que ce ferait une superstition du faux culte auxGrecs., d’aministrer l’Extrême-onction & de la rece-voir avec de l’huile qui n’auroit été benite que parde simples Prêtres. Mais k coútume de l’Eglise d’O-rient ayant toujours été, & étant encore aujourd’hui,stue les simples Prêtres bénissent l’huile de l’Extrême-onction, & l’Eglife Latine n’ayant jamais condamné
(t) ln Decret. Union. Quintum Sacramentum ( dit-il) est Ex-tteroa-unctio, cuju s ma t er j a olcum oliva: per Epiícopum be-nedictum. L e ConnU de Trente dit mst: Intellexit Ecclefía mate-riam Sacramenti unctA Qn ; s infirmorum este oleum ab Epiícopobenedictum.
(b) Sess. cit. c. ï-
(f) L. f. de Conçord. c. r.
(d) Officio sancti Olei.
S Tvl T I O N S.
cette coutume, il n’y a nulle superstition, ni du cô-té de ceux qui reçoivent ce Sacrement, ni du côté deceux qui l’admimílrent avec de l’huile benite par desimples Prêtres.
C'est par cette raison que le Pape Clément VIII.dans l’instruction qu’il donna en 1595. aux EvêquesLatins qui ont dans leurs Diocèses des Grecs, ou desAlbanois qui observent les lites des Grecs, approuvetacitement k bénédiction des saintes huiles que fontles simples Prêtres Grecs, lors qu’il dit, qu’on nedoit pas,(e) contraindre les Prêtres Grecs de prendreles saintes huiles des Cathécumenes & des infirmes desEvêques Latins, parce que l’ancienne coutume del’Eglife Grecque est qu’ils bénissent eux-mêmes ceshuiles pour l’administration des Sacremens.
Quelqu’un pouroit peut-être encore croire qu’il yaurait de 1a superstition à se servir des mêmes huilespour oindre tant les personnes faines, que les malades,hors l'usage du Sacrement de l’Extrême-onction. Maiscette pratique étant autorisée par de grands exemplesde l’antiquité, il vaut beaucoup mieux n’en rien di-re, que d’en juger desavantageusement.
Saint Martin guérit à Chartres une fille muette, enlui versant dans la bouche un peu d’huile qu’il avoirbenite, (f) selon le rapport de Sulpice Sévère dansson troisième Dialogue,
Sainte Geneviève guérit un possédé avec de l’huilebenite par l’Evêque, laquelle elle gardoit dans unefiole, qui se trouva vuide d’abord, mais qui en futensuite miraculeusement remplie (g).
Saint Entiche, Patriarche de Constantinople, sitplusieurs guérisons avec de l’huile semblable. Il enfrotta une main que le démon avoit enflée, & il kguérit. Il rendit k vûe à un aveugle, en lui en frot-tant les yeux par trois diverses fois. II en guérit unepersonne qui avoit mal aux yeux, & un hydropique,ainsi qu’il est rapporté dans fa vie {b).
Le Diacre de saint Germain, Evêque de Paris (i)*approchant de k Ville de Nantes, en guérit Damien,mari de Técle, & saint Germain lui-même en guéritun autre malade, qui avoit aussi la goutte.
L’Auteur de la vie de saint Udalric (kj témoigneque ce saint Evêque d’Ausbourg guérit plusieurs ma-lades par le moyen de l’huile qu’il avoit benite le Jeu-di-Saint.
On lit dans k vie de saint Gothard (l), Evêqued’Hildesheim, qu’il commanda à un Prêtre, de frot-ter de l’huile des infirmes, les yeux d’une femme, quiy avoit mal, & que l’ayant fait, elle fut parfaitementguérie.
Enfin saint Thomas (m) rapporte qu’il y avoit desPrêtres en Egypte qui guérifloient les malades par kvertu d’une huile qu’ils leur envoyoient; mais il ditensuite que ces onctions n’étoient pas sacramentelles,mais seulement l’effet de k piété ou des mérites deceux qui les fàisoient, ou de ceux qui les recevoient.Je ne saurais néanmoins approuver ce que font les E-vêques Grecs., qui après avoir consacré les saintes hui-les
(0 Non sunt cogendi Presbyteri Grxci olea sancta ( pr«terChris ma ) ab Epiicopis Latinis Diœcesanis accipere , cùm hujus-modi olea ab eis, in ipíâ oleorum & Sacramentorum exhibitio-ns , ex veteri ritu conficiant.ur , feu. benedicantur.
(/) Puffllum olei cum exorcisrni prajfatione benedictt» atqueita in os puellae sanctificatum liquorem, cùm & linguam illtusdì-gitis teneret, infudit.
(?) Apud Surium , 5. Januar.
(h) Ibid. 6 . April.
(z) In ejus vit. n. 47. to. 1. Actor. SS. Ord. S. Bened. Sacer-dos altistimi iaftrmum oleo benedicto perunxit. Eo mornento de-bilis statim manibus directis longinquo de languore gressu &Udoprasilivit.
(k) In ejus vit. apud Sur. 4, Jg],
(/) Ibid. 4. Maii. ( On voit par toutes ces citations, astèz íbu-vent réitérées , que M. Thiers avoit ttès bien lû 1 » Légendes)
(t») In suppléai, q. 34. art. 1. in ». argument. & ad 1. Ilîasunctiones non erant íàcramentales, íèd ex quadam dévotions re-cipientium, & meritis ungentium , vel oleum mittentium, con-sequebatur effectus lànitatis corporalis per gratiám sanitaturo ,.no stper gratiam sacramentalem.
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