DES SUPERSTITIONS,
les lc Jeudi absolu, en oignent tous ceux qui ont assi-sté ce jour-là aux divins Offices, comme nous en as-sure {/.) Arcudius. Car le Sacrement de l’Extrême-onction n’étant institué que pour les malades * selon le{b) texte précis de l’Apôtre saint Jaques: c’est allercontre l’institution de Jésus-Christ que de le donneraux personnes saines, robustes & vigoureuses , c’estaller contre l’ancien usage de l’Eglise d'Orient & del’Eglise d ( Occident.
Lorsque les Prêtres Grecs administrent le Sacre-ment de l’Extrême-onction, ils font sept pour l’ordi-naire, ou trois au moins. Après que le premier aachevé, le second recommence les onctions, & répeteles Oraisons essentielles, & les autres font la mêmechose, selon que le témoigne (c) encore Arcudius.Mais cet Auteur assure qu'un seul Prêtre suffit pouradministrer ce Sacrement, & que quand plusieurs Prê-tres l’administrent, (d) c’est un abus que chacun d’euxréitéré les onctions & les prières, & par conséquentun culte superflu, puisqu’il suffit qu’un seul Prêtre lefasse une sois seulement : & il déclare que réitérerainsi les onctions & les prières, c’est une chose aussiabsurde que si, (e) quand un enfant est batisé, on lerebatisoit une seconde fois, ou que si un Prêtre con-sacrait une hostie qui aurait déja été consacrée par unautre Prêtre, ou qu’il aurait consacrée lui-même. LePere Goar (/) néanmoins, qui se plaît souvent à réfu-ter Arcudius, veut qu’il n’y ait aucun abus en cela.Sa grande raison est, qu’autreíois dans l’Eglise Latinemême, il y avoit plusieurs Prêtres qui administraientl’Extrême-onction aux malades, & que tous leur réi-téraient les onctions & les prières pendant sept jours,comme on le féra voir ensuite (g). Mais Matthieu Ga-len, Professeur Royal en Théologie & Chancelier del’Université de Douai, soutient qu’il n’y avoit queles premieres onctions, c’est-à-dire, les onctions quife faisoient le premier jour, qui sussent Sacramentel-les, & que les autres n’appartenoient point à l’intégri-té de l’Extrême-onction, qu’elles n’étoient que céré-monials, qu’elles n’avoient pour fin que la guérison desmalades que les Prêtres oignoient en faisant certainesprières fur eux, (b) qu’elles ne fe faisoient pas seule-ment par les Prêtres » mais par les malades même, oupar leurs amis , & qu’ainsi elles n’étoient ni un Sacre-ment , ni une réitération du Sacrement.
Nous voyons cependant dans le Sacramentaire desaint Grégoire, dans celui de la Bibliothèque de Mr.du Tillet, & dans l’Eglise de saint Rémi de Reims,
(a) En ces termes: L. f. de Concord. c. 2. Grsecorum Ponti-fices semel in anno, more Latínorum, séria quinta sacratiorisHebdomadis, solemni pompa & apparat» peracto sacro illud con-secrant. Quo deinde prsesentes, qui divinís Officiis intersunt, de-liniunt.
(éj Epist. c. f. Infirmatur quis in vobis, &c.
(c) L. f. cit. 6. Postquam unus Presbyter totum Sacramentumperegit, alter íuccedit, & exceptis aliquot precationibus ad essen-tiam sacramenti minus spectantibus, qu® distinct® sunt ab illisquas prior récitât, rdiqua »què atque primus conficit & absolvit.Nam & oleo sacro inungit aegrotum, & easdero partes corporisungit, & eadem prorsus Sacramenti utitur forma. Rubric® quo-que Euchologii sic indicant esse faciendum.
(d) Mihi fit veriíìmile prsesentem consuetudinem, ut nunc fit,este abusum.
(e) Quemadmodum absurdum eflèt si baptizato priùs puero a-lius eum postea baptizaret, vel consccrata priùs ab aliquo Sacer-dote hostia, eam alius, vel idem Sacerdos denuo consccraret: itavidetur hîc non minus absurdum idem Extremn-uníiimis iterareSacramentum.
(/) Notis in S. Olei Offic. n. 37. p. 438. & seq.
(£) A u chapitre 3. de ce Livre.
\h) Catheches. 180. 8cCateches. r8i .Olim (Jst-<l) non ita parcsactum, ut nunc, sed tota infuíà, delibutaque faiíse corpora: ne-que tantùm organa iêníuum, lèd omnes illas partes ungebantur inquibus morbus potissimùm graíTabatur, idque interdnm per con-tinuos septem dies; neque solùm à Sacerdotibus, verùm etiam abìpsis infirmis, aut eorum amicis ; nìsi quod non erat tum Sacra-mentum ll dit encore dans le même sens : Non fiebat illud perfun-ctoriè ac properanter: sed ubi ®ger non convalcscebat > redibanteòdem Sacerdotes per septiduum, ungentes, non quidem Sacra-mcntum tories repetentes: sed statu precibus & unctione curan-tes laborantia membra, prsbentesque íacro-sanctara. Euàr-siiam.
qui sont rapportés par le Pere Ménard (î ), que lesPrêtres qui donnoient l’Extreme-onction aux malades*la miteraient pendant sept jours , s’il étoit besoinc’est-à-dire, si les malades ne guérissaient point. LeSacramentaire de l’Eglise de saint Rémi de Reims a*joute (kj qu’on peut même le faire beaucoup pluslong-tems que pendant sept jours : & ces paroles jSic faciant tam de commmione , qtidttn de alie officie *-marquent nettement qu’on ne failoit pas plus de diffi-culté de réitérer ce Sacrement, que celui de l’Eu*charistie. Quel inconvénient en effet pòuroit-íl y a-voir de le réitérer, n’étant pas de ces Sacrernens quiimpriment caractère, & qui par conséquent nê sedoivent pas réitérer ?
La discipline présente de s Eglise est qssorì heíeré'setêre pas dans le même état de maladie. Nous en avonsdonné ailleurs, (l) quantité de preuves, tirées des Sy-nodes & des Rituels de divers Diocèses, & d’un grandnombre de Théologiens. On en peut voir encored’autres dans le Livre de Mr. de Launoy, De Sacra -mento UnStionis infirrmrum; ( m) oh l’on peut en outreremarquer, qu’on le réitérait en bien des lieux * Ôcque ceux qui le réitéraient avoient plus de raison queceux qui ne le réitéraient pas. De savoir maintenant íìceux qui le réitéreraient aujourd’hui tomberaient dansla superstition du faux culte, ou s’ils n’y tomberaientpas, c’est ce que je laisse à juger aux personnes sages.
CHAPITRE IL
Des Superstitions qui regardent la forme del’Extrême-onction.
j Parmi les Grecs la forme de ce sacrementconfise dans ces paroles ; Pater íancte, me-dice animorum Sc corporum , &c. Elle estplus courte en certains Euchologes manus*cri t s , mais le sens est le même par tout ,Les Grecs ne font point superstitieux ens’en servant. Ils le fer oient , 's*ils fe fer -voient de la forme des Latins , est lesLatins s'ils fe fervoient de celle desGrecs. II y avoit autrefois p lu peur s for-mes de ce Sacrement. É)e la forme Am-brosienne. Si lés termes aufquelles elle estconçue font la forme de /’ Extrème-onSHon,En certaines Eglises on la joint à la for-me des Latins Per istatn unctionem Scsuam, &c. est comment. Si en Employanttoute feule on feroït superstitieux. II y along-tems qu’elle n’ejí plus en usage dans/’Eglise de Milan. Exemples de quelquesautres formes. Celle qui a été fixée par leConcile de Florence est par celui de 'TrenteP a emportée fur toutes les autres , & onferoit blâmable est même superstitieux , dene s'en pas servir.
L A forme de l’Extrême-onction parmi les Grecsconsiste dans cette priere de leur Eueholo-
ge:
(<) Not. & Oblcrv. ad 8. Gregor. libr. Sacrament. Deinde (M-sent-ils ) communicet cum corpore & sanguine Domini Et &faciant illi per septem dies, si nécessitas fúerit, tam de commu-niooe, quàm de alio Officio ; & suscitabit eum Dominus : Lc siin peccatis fuerit> dimittentur ei.
(k) Septem dies, vel multò plures.
(/) Au livre ?. du Traité de l’Expofitton d-u âistf Sacrement,c. iy. de la seconde Edit.
(m) Tit. Explicata Eccles. Tradit. circa itérât. Sacram. Extr,Unct. c. i. 1. 3.4.
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