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ge (a) : Pater santte, animarum & cor forum medice,qui Filium tuum unigenitum Dominum mjlrum JesumChristum , &c. Neophytus Rhodinus , de P Isle deChypre, le dit en (b) termes exprès dans son Abrégédes Sacremens , approuvé par'l’Ordre de la Congréga-tion de la Propagation de la foi, & imprimé à Romeen 1628. Arcudius (c) le témoigne auffi par ces pa-roles : Forma Ex tréma unttionis efl deprecatoria , La-tim quoad senjum rejpondet. Eam eomplettìtur subsé-quent deprecatio: Pater sancte , medice animarum &corporum, &c.
Le Pere Goar {d) est de même sentiment, & il le con-firme par ces cinq raisons, i. Parce que cette formemarque nettement la rémission des péchés & le soula-gement du malade, qui sont les effets que notre Sei-gneur a eu principalement en vue dans P institution dece Sacrement, z. Parce qu’elîe est déprécatoire, com-me il paroît. 3. Parce qu’elle est accompagnée desonctions, comme de la matière prochaine de ce Sa-crement , & qu’elle en fait partie. 4. Parce que danstout P Office de l'huile saintte , il n’y a point d’autresparoles à qui on puisse plus commodément attribuerla vertu & l’efficace de PExtrême-onction. Enfin par-ce que la tradition des Grecs est de ne point fe servird’autre forme. Et quoique Catumsyritus (-) ait es-sayé d’en introduire une qu’il vouloit qui sut en troisiè-me personne, Ungitur servm Dei oleo , U c. néanmoinsparce qu’elle a été inconnue jusqu’à présent aux Grecs,& qu’elle n’a point été ni approuvée par le SouverainPontife, ni dans P Eglise Grecque, elle doit être ré-prouvée avec son Auteur & avec ses ouvrages qui ontété condamnés, & les Grecs doivent conserver dansleurs Eglises celle (/) qui a eu l’approbation tacite dusaint Siège. En effet le Pape Innocent IV. dans faBulle Sub Catholicœ , où il décide quelques articlestouchant les rites des Grecs, ordonne seulement auxPrêtres de cette Nation, de conférer PExtrême-onc-tion aux malades ( g ) selon la parole de P Apôtre saintJacques, fans leur prescrire sous quelle forme: lais-sant ainsi à leur liberté de se servir de la forme qui esten usage dans leur Eglise, sans les obliger de se servirde celle dont on se sert dant P Eglise Latine. Il estvrai, & Arcudius ( h ) le remarque auffi-bien que lePere Goar (i), que cette forme Pater santte, &c. setrouve bien plus courte dans quelques anciens ma-nuscrits. Mais il est vrai aussi que les additions quis’y rencontrent ne changent nullement son essence, &que les noms des Saints, que les Grecs des dernierssiécles y ont ajoutés par dévotion, afin d’obtenir plusaisément par leur entremise la santé des malades, di-minuent si peu son intégrité, & altèrent si peu sonvéritable sens, qu’on peut en toute fureté se servirégalement de celle qui est plus courte, comme de cellequi est plus longue, en administrant PExtrême-onc-tion, pourvu que l’une & l’autre renferment ces pa-roles qu’Arcudius croit être essentielles: Pater santte ,medice animarum & corporum , fana hune servum tuumà morbo corporis & anima , quo detinetur. Si bien qu’iln’y a nulle superstition aux Grecs de fe servir de cetteforme, tant parce que, comme le P. Goar vient denous le dire, elle a l’approbation tacite du saint Siège,qu’à cause que ni le Pape Innocent IV. dans fa BulleSub Catholicœ , ni aucun autre Pape, ni aucun Concile
(a) Offic. S. Olei, p. 417.
(b) Materia Sacramenti Extrems unctionis est oleum olivâ ex-P re iïum à Pontifice, vel à Sacerdotibus, qui prsefentes fuerint,juxta Ecclesia: morem, benedictum : forma verò est orat'o illaquam dicit Sacerdos cùm infirmum ungit, videlicet ,¥ater santte,tneaice ^nìmarutn .
( c ) J-** 5 -.de Concord. e. 5.
(d) Not. in Offic. Olei 8. n. 29. p. 437.
(*) Tract. 1. Elencho. 23.
(f) Q. uam tac ’ t d Pétri Sedes admiíit, in Graecis Ecclesiis retï-nenda.
C g ) Infïrmis juxta verbum Jacobi Apostoli unctio exhibeatur
extrema.
(h) Loc. cir.
(i) Loc. cit.
5 T I T I O N S.
ne la condamne, & n’ordonne aux Grecs de fe servirde la forme qui est en usage dans P Eglise Latine.
Si néanmoins étant plusieurs Prêtres ils la répétoientfur un même malade, ainsi qu’ils ont accoutumé defaire, ce seroit un abus, dans la pensée d’Arcudius ,
6 peut-être une superstition du culte superflu, puisqu’étant une feule fois répétée , elle seroit suffisantepour procurer au malade le fruit qu’il en espere. Maisle Pere Goar n’est pas de cet avis, ainsi qu’on l’a ex-pliqué dans le Chapitre précédent.
Un Prêtre Latin seroit coupable de la superstitiondu faux culte s’il administrait PExtrême-onction enproférant la forme des Grecs, & il pécherait en outrecontre les décisions formelles des Conciles de Florence& de Trente, & contre la pratique générale de sonEglise. II en faut dire autant d’un Prêtre Grec quise servirait de la forme des Latins, qui a été fixée parces deux Conciles ( kj) à ces paroles, Per islam unttio-nem & suam piisfimam misericordiam indulgeat tibi Do-minus quidquid per. . . deliquijli; quoi qu’auparavanton fe servît d’autres formes un peu différentes, com-me on le peut voir dans le Livre qu’on a déja cité deMr. de Launoi (/) , De Sacramento Unttionis infirma -rum. Telle étoit, par exemple, la forme appellée Arn-brofienne parce qu’on croit que saint Ambroise s’en fer-voit dans son Eglise de Milan. Saint Bonaventure(m) la rapporte en cette maniéré : Ungo te oleo fìmttifi-cato , In nomine Patris , Filii , & Spiritus fiantti , utmore militis untti praparatus ad certamen aéreas paffissuper are potefiates. Ekkius, (n) qui vivoit en 1500.environ 50. ans avant le Concile de Trente, assurequ’on doit croire fermement qu’en quelque lieu qu’onadministre le Sacrement de PExtrême-onction aveccette forme, il est bon & valide, ce qu’il prouve pardes exemples tirés des autres Sacremens. Mais SaintThomas, (0) S. Bonaventure, (p) Soto, (q) & plu-sieurs autres graves Auteurs, soutiennent au contrai-re, que ces paroles, Ungo te oleo smttificato , &c. nesont pas la forme de ce Sacrement, mais feulement' uapréambule & une disposition à la forme de ce Sacre-ment.
C’est pour cela qu’au rapport d’Estius, (r) en cer-taines Eglises pour une plus grande fureté, on jointensemble ces deux formes, Ungo te oleo smttificato , grc.qui est celle de l’Eglife Ambrosienne, & Per istamunttionem , &c. qui est celle de l’Eglife Latine, afinqu’on ne puisse douter de la validité de PExtrême-onction. Cela fe fait vrai - semblablement de la ma-niéré que P explique Soto, lorsqu’il déclare que lesEglises, où la forme Ambrosienne est usitée, doiventdire, Ungo hos oculos oleo consecrato , ut indulgeat tibiDeus quidquid per visum deliquifii : Sans quoi il n’y a( s) point de Sacrement.
Dans cette diversité d'opinions je n’oserai s pas direque la forme Ambrosienne toute feule soit supersti-tieuse. Je dis feulement que le plus fur pour les si-gillés où l’on s’en servirait encore aujourd’hui, (sitoutefois il étoit permis de le faire) seroit de P em-ployer de la maniéré que Soto & Estius la proposent,afin de ne point exposer les Fidèles à ne pas recevoirvalidement un Sacrement qui produit en eux des grâ-ces
(k) Locissupr. cit.
(/) De forma Unct. Infir. c. 1. 2. 3. 4. 5. 8c 6.
(m) In 4. dist. 23. q. 4.
(n) Homil. 5-7- To. 4. de 7. Sacram. Firmiter credendum est,quod ubicumque forma Ambrosiana ufurpatur, etiam ibi confe-ratur Sacramentum, quia 8c in aliis Sacramentis forma indicativaufurpatur.
(0) In fupplem. q. 29. art. 8. ad tertium.
(p) Loc. cit.
(q) In 4. dist. 23. q. 1. art. 4. Verba illa indícativi modi(dit saint Thomas) q u ce íècundum morem quorumdam pratmit-tuntur Orationi, non sunt forma hujus Sacramenti , íèd dispoíìtioad formam.
(r) In 4. dist. 23. §. 10. Sunt qui pro cautela putent titrant-que formam conjungendam este, ut fit in nonnullis Eccleíîiis.
(/) Alioquin non effet Sacramentum