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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPER

Cest sur ce fondement que saint Thomas (a) assu-re, ,, que comme TExtrême-onctìon renierme en foi lesset dune parfaite guérison, & quelle demande une abondance de grâce, il est à propos que plu-», sieurs Prêtres ladministrent, afin que les prières de toute lEglise concourent à procurer au malade les- set de ce Sacrement

Cest auffi dans cet esprit que le quatrième ConcileProvincial de Milan {b) en 1576. veut que les Cu-rés , quand ils donnent lExtrême-onction, ayent soindavoir avec eux autant de Prêtres & dautres Ecclé-siastiques vêtus de surplis, quils en pourront trouvercommodément, afin de les aider dans ce ministère &de prier dévotement avec eux pour les malades. Sinéanmoins (dit saint Thomas (c) ) il ny a qttun seulPrêtre à administrer lExtrême-onction , il est censé faire au nom & par la vertu de toute lEglise,dont il est le Ministre, & dont il représente la per-sonne. - .

Ainsi quil y ait sept Prêtres, qusil y en ait trois,ou quil ny en ait quun à conférer ce Sacrement,il ny a nulle superstition ni à le conférer, ni % serecevoir; mais il y en auroit indubitablement-, si lesPrêtres affectoient de ne le point conférer à moinsque d'être un certain nombre, & les malades de nele point recevoir ni dun seul Prêtre , ni dun cer-tain nombre de Prêtrespair ou impair ; ou quonsimaginât quil a plus de vertu étant conféré parplusieurs Prêtres, que par un seul,;

CHAPITRE IV.

Des Superstitions qui regardent les partiesquon doit oindre dans lExtrçme-x onction.

Les Latins & les Grecs conviennent ensem-ble de la fin pour laquelle on oint les par-ties du corps des malades dans lExtrême-onflion ì mais ils ne conviennent pas tout -a~fait quelles Jont les parties du corpsqu'on doit oindre. Siméon de Thejsaloniquedit que les Grecs n*oignent que la tête &les mains -, mais communément ils oignentle front, le menton, les deux joues, lapoitrine , les mains & les piés. Une feuleonElìon peut sujfire sans craindre de tom-ber dans la superstition. Les usages deP Eglise Latine sont dijsérens en bien deslieux touchant les onEîìons. Mais depuisle Concile de Trente les Rituels, les Con-cilesProvinciaux & les SynodesDiocé-sains ont fixé les parties qu'on doit oin-dre. Précaution pour lonUion des reinsdans les hommes ô" les femmes. Sil nya que les Laïques à qui on doive oindreles mains par le dedans, & fi celles desPrêtres ny peuvent pas au/fi être ointes,Diverses superstitions touchant ladmi-nistration & la réception de ce Sacre-ment.

{*,) L. 4 . contr. Gent. c. 8;. fin.

(b) Constit. p. L. Tit. Qu* pertin. ad Extr. tract. &c. Ëxtre.mte-unctionis Sacramentum ministraturus, quot commodè potest,Presbytères & Clericos adhibere studeat, supeepeliieeo indutos ,qui ipium St miniftrantem & precantem, pietatis, orationisqueíìudio, in eo ministerio adjuvent

(c) Loc.cit. Si tamen unus soins Presbytes adíìt, intelligiturhoc sacramentum perficere in virtute totius Ecclelisp eu j us Miaisterexistit, & cujus períònam gerif.

5 T I T I O N S. 2.7 s

N administrant lExtrême-onélion, on oint delhuile sacrée ses sens par lesquels on a péché ,afin de les expier & de les sanctifier. Les Grecs &les Latins nont pas deux sentimens fur cela. Mais ilsne sont pas tout-à-fàit daccord fur les parties quondoit oindre.

Siméon, Archevêque de Thessalonique , ( 4 ) té-moigne que les Grecs n'oignent que la tête & lesmains, à cause des pensées & des cinq sens.- ,, Le», Prêtre (djt-il) oint en forme de croix le front du malade , à cause des pensées qui sont renfermées dans la tête. 11 oint aussi le reste de sou visage % cause des organes des sens. Enfin il oint fés mains;

& tout cela en vue de le purifier des mauvaisesj, pensées & des mauvaises œuyres, le fortifiant par,,1huile sainte,' & par le signe de la croix, & lei» sanctifiant parfaitement. Communément néanmoinsils oignent le front, le menton, les deux joues, lapoitrine, les mains en dehors & en dedasts, & lespiés, ainsi que lseísijre Arcudius (e). LEuchploge(f) ne marque point en particûljef les parties qui doi-vent être ointes; il dit seulement ên général, quonoint le malade. Mais un autre Êuchologe manuscritque le Pere Goar (g) a trouve'dans la Bibliothèquedu Cardinal Barberin, porte expressément,quon doitoindre le front, les : oreilles Sc les mains du malade.

Mais soit que les Grecs oignent seulement la tête

6 les mains, comme le veut Siméon de Thessaloni-que, soit quils oignent la tête, se poitrine, les mains& les piés, comme ils ont accoutumé de faire au-jourd'hui, selon la remarque dArcudius, ils oignentles parties nécessaires pour la validité de lExtrême-onction : & quand même ils nèrt oindroient quunefeule, il ny auroit en cela aucûtie superstition , 8 ç ilseroit vrai de dire, qu'ils çonféreroîent ce Sacrement-dans toute son intégrité. Parmi les Latins, la prati-que de diverses Eglises, & celle divers Ordres Re-ligieux nsest pas uniforme à lègard des parties ducorps que lon doit oindre. En certaines Eglises (ditAlbert le Grand (h) ) on oint plus de parties, & endâutres on en oint ? moins.' ,, En quelques-unes ou oint feulement les .extrémités, savoir la bouche, les narines, les yeux & se? oreilles, parce que cest- que résident les cinq sens; mais en quelques au-,, tres, outre ces parties on oint les épaules, la poi- trine. Sc les reins, réside particulièrement le plai-,, sir de la chair.

Le Sacramentaire de saint Grégoire , (/) supposequon doit oindre quelques parties quil ne nommepas, parce quil dit, quaprès les Oraisons plusieursPrêtres doivent oindre en outre le malade a,ux organesdes cinq sens de son corps, savoir aux sourcils, auxnarines par le dedans & par le dehors, aux lèvres &aux mains par le dehors, & faire des croix avec lhui-le sacrée, fur toutes ces parties-, en disant au nom duPere, &c.

Lâncien Sacramentaire de T Abbé Ratoldtis, citéparle Pere IVlénard, (kj) márquç quon doit oindre

les

(J) L. de 7. Sacrant. \ .

{e) L. f. c. 7. Graecorum Sacerdqtes ungunt segti frqntem Jmentum, ambas gênas, ita ut fieri videatur unctiò in capite adenodum çtucis, deinde peCtus, t uni manus, idque ,ex utraqueparte, postremò pedes.

(f) In Offic. Olei S. Post orationero açcipit Saçerdos sar.cturaoleum &. Extremam-unctionem sufeipientem ungit, sequenteinorationem dicens Pater fancte , (f c. Hsc oratio dicitur ab uno-quoque Sacerdotum , &c. Cum -videiicet infirmum oleo per-ungit.

(g) Not. in idem Offic. Expositis orationibus quisque suamjecìtat, 8c ungit firontem 8c autos, 8c manus infirmi,

{h) In 4. dist. az. art. 6. in corp. 8c ad ì.

(«) Tit. Oratio ad vifit. infir. Multi Sacerdotum infirmes j*r-ungent insuper in quinque lènsus corporis, id est, in supercilii*«culorum, 8c in naribus deintus, & id narium summítate sivpexteriùs, 8c in labiis exteriùs, 8c in manibus exteriìis , id est,deforis. In omnibus ergo his membris erucem faciant de oleosacrato dicentes, In nomme t Patrìs , &*

(k) Not. ad lib. Sacra, S. Greg. p. z;6-Zzz 3,