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DES 'SUPERSTITIONS.
les yeux, les oreilles, les narines, les lèvres , la poi-trine , le milieu des épaules, les mains & les piés.
L’ancien Sacramentaire de la Bibliothèque de Mr.du Tillet (a) , témoigne qu’on doit faire les onctionsà la tête, aux yeux, aux oreilles, aux narines, auxlèvres, à la gorge, à la poitrine, au côté du cœur,au milieu des épaules, aux mains, aux piés, aux par-ties les plus malades, & à toutes les jointures des
membres.
L’ancien Sacramentaire de 1 *Eglise de saint Rémi deReims, (b) dit qu’il faut oindre le malade à la tête »c’est-à-dire, aux deux temples, non au front, ni ausommet de la tête, au délions des sourcils du côtédes coins des yeux, au haut des oreilles par le dedans& par le dehors, au haut 8 c au bas des narines, auxlèvres, a u menton, à la gorge, aux deux épaules,non à ]a poitrine,ni entre les deux épaules, aux mainspar le dehors, fi c’est un Prêtre, & par le dedans, sic’est une autre personne, & aux piés par lc dessus &par le dessous.
L’ancien Manuel de l'Eglise de Solfions, cité parle Pere Ménard, (c) marque qu’on doit oindre l’o-reille droite & l’oreille gauche du malade, les yeux,les narines, les lèvres, la poitrine,les épaules, les mains& les piés.
Enfin le Rituel Romain de Paul V. les autres Ri-tuels qui ont été publiés depuis, & les Conciles Pro-vinciaux , auffi-bien que les Synodes Diocésains, quiont été célébrés depuis le Concile de Trente, veulentqu’on oigne les oreilles, les narines, la bouche, ou leslèvres, les mains, les piés & les reins des malades,avec cette précaution néanmoins, que Ponction (d) desreins ne se fait point aux femmes, ni aux filles, parune raison d’honnêteté & de bienséance , non plusqu’aux hommes, ni aux garçons, quand on ne lespeut pas remuer commodément. A Pégard des mains,beaucoup de Statuts Synodaux, & presque tous les Ri-tuels , veulent qu’on les oigne aux Laïques par lededans, & aux Prêtres par le dehors, ou le dessus,parce que le dedans des mains des Prêtres a déja étésacré dans leur ordination. Mais le Rituel de Bour-deaux, (e) de Pan 15 96. ordonne qu’on les oigne parle dedans aux Prêtres 8 c aux Evêques même. LesOrdonnances Synodales du Diocèse de Grenoble (f),„ veulent qu’on ne fasse point les onctions fur les„ mains des Prêtres, ni fur le front de ceux qui ont,, été confirmés ; puisque les uns & les autres ont dé-„ ja été consacrés en ces parties par les mains de leur„ Evêque”: Ce qui est tiré des Statuts Synodauxde Bezançon, (^) en 1573. & des Constitutions Sy-nodales (h) de saint François de Sales, & de Mr.d’A-ranton d’Alex, Evêque de Geneve.
Voilà ce qui fe pratique ordinairement aujourd’huidans l’Eglise Latine en administrant l’Extrëme-onction,quoique dans le cas de. nécessité, & lorsqu’on craintque les malades ne meurent avant qu’on leur ait faittoutes les onctions, une feule suffise pour les rendreparticipans des fruits de ce Sacrement ; 8 c il n’y a nul-le superstition en cela, ni du côté des Prêtres qui leleur administrent, ni du côté des malades qui le reçoi-vent. Mais il y en auroit du côté des Prêtres, quiprétendroient qu’une feule onction seroit suffisantehors le cas de nécessité ; qui dans l’Eglise Latine, vou-draient oindre les malades avec les mêmes prières 8c lesmêmes cérémonies qu’on les oint dans l’Egliíè Grec-que ; qui dans l’Eglise Grecque les oindraient comme
(«) P. 340. & ícqq. apud Menard.
(*) P. z44. ibid.
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(d) Tit. de Sacram. Extr. unct. Renum unctio (Jìt le RituelJLomam m P*h{ y-.) i n mulieribus, honestatis gratiâ, semjaer omit-titur, atque etiam iu viris, quando infirmus commode moverinon potest.
(e) Ve Extr. unct. Canon. 12. Palmas manuum ungend*sunt, etiamfi ungenaus sitSacerdos, vel etiam Epiícopus.
(/) Tit. 6 . art. 7. 0.7- .
(g) Tit. de Extr. unct. Stat. 5.
(L) 4. p. tit. n. u.,6.
Pou fait dans l’Eglise Latine, persuadés que leur ma-niéré ne seroit pas légitime,- qui dans l’une & danâl’autre Eglise omettraient volontairement & dé desseinprémédité, de faire quelqu’une des onctions nécessai-res pour la validité du Sacrement, s’imaginant que cet-te onctiôn seroit inutile.
Il y en auroit aussi du côté des malades de P une &de l’autre Eglise, qui entreraient dans les sentimens deces Prêtres ; qui s’imagineraient qu’ils deviendraientsourds, ou aveugles, ou qu’ils seraient paralytiquesdes mains, ou des piés, ou de quelque autre membrede leurs corps, si on leur appliquoit les onctions auxyeux, ou aux oreilles, aux mains ou aux piés; quicroiraient ne pas avoir reçu l’Extrême-onction, si onne les avoit oints qu’à un œil, à une narine, à unemain, ou à un pie; qui auraient la pensée que ceSacrement ne leur servirait de rien, si avant que de leurappliquer les onctions aux yeux, aux lèvres, ou auxnarines', on ne leur avoit pas lavé le visage, & si onne les leur appliquoit aux yeux tournés d’un certaincôté, aux piés croisés l’un fur l’autre, le droit fur legauche, ou le gauche fur le droit, ou aux mains parle dedans & par le dehors.
C H A P I T R E y.
Des Superstitions qui regardent les cérémo-nies avec lesquelles on administre l’Ex- -trême-onction.
En administrant VËxtrème-onElìon on doitsuivre le s usages de son Eglise ^ fans y rienajoûter , & Jans en rien retrancher , fi onveut ne pas tomber dans la superstition .‘Pratique de l’Ordre de saint Benoît , desCluniciens , £r des Cisterciens , de coucherles moribonds fur un cilice. On faisoit lamème chose en quelques ‘Diocèses. L'an-cien usage de l’Eglise étoit de donnerl’Extrême-onffion avant le Viatique. Rai-sons de cet usage rapportées par Bellarmin.11 a été renouvelle par le nouveau Rituelde Paris. Coutume de faire coucher lesmalades & de les couvrir d’un cilice , au-torisée par plusieurs anciens Rituels. Su-perstitions qu’on peut commettre dans l’ad-ministration & dans la réception de l’Ex-trême-onélion. Celle d’allumer treize chan-delles autour du lit du malade fe trouvedans quelques Rituels anciens. Elle estcondamnée par les nouveaux. Simplicitédes anciens Rituels , ou l’on inferoìt despauvretés & des superstitions , ainsi quedans les anciens Missels. Exemples deces pauvretés & de ces superstitions.
O N ne doit pas craindre de tomber dans la su-perstition , lorsqu’on administre l’Extrême-onction avec les cérémonies que l’Eglise approuve &qu’elle pratique. Mais il n’est permis à personned’ajouter à ces cérémonies, ni d’en retrancher quoi-que ce soit , de son propre mouvement & de sonautorité particulière , comme nous Pavons déja ob-servé plusieurs fois après (i) le Cardinal de C al-fa : & c’est dans cet esprit que le Concile de Tren-te
(i) Qui dit: Tom. a. 1. 1 . Exercit. sermo. Ibant Magi,ficc. Non licet cuiquam propria Luâor'ikLtc addere, vel subtra-herc in divins cultu, ab institutis ab Eccielia.