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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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* 3-4 DES SUPER

par le régletïient du Concile Provincial de Cologne »(a) de 1280»

CHAPITRE VII.

Des Superstitions qui regardent les effets delExtrême-onction.

Superstition de ceux qui croient qu-étant ma-lades, ils ne guériront point, ou quils mou-rons bientôt , s'ils reçoivent t'Extreme-onllion. Robert Roi des Romains étoitautrefois dans cette erreur.Divers Syno-des la condamnent. Ne pas vouloir rece-voir lExtrème-onMion ,parce qu?on s'ima-gine quaprès qu'on ia reçue, ilriestpaspermis de rendre le devoir conjugal, demanger de la chair , ni de marcher nuspies , cest une superstition & une erreurcontraire à la faine doctrine, selon les Sta-tuts Synodaux de divers Diocèses. Oestencore une superstition de s-imaginer ,.qn'a-pres avoir reçu iExtrème-onBion , on nepeut plus faire de Testament. Ne pas vou-loir fe tenir aux piés du lit des malades ,tandis qu'on leur dorme l'Extrême- onc-tion,ne pas vouloir filer dans leurs cham-bres, ne pas vouloir qu'ils soient gifansdans leurs lits y enforte que les soliveauxde leurs chambres soient en long , maisde travers, ce font de folles superstitions.í Tlusteurs autres superstitions rapportéespar Eckms.

O N a expliqué dans lAvant-propos de ce Livreles trois véritables effets de l Extrême-onctionsuivant les paroles de lApôtre saint Jacques. Mais ledémon- en a introduit de superstitieux que les fidèlesdoivent éviter avec Beaucoup de foin.

I. fl y avoir autrefois , & peut-être y a-t-il en-core aujourdhui des gens assez soux pour croirequils ne guériroient point, ou qu'ils mourroient bien-tôt, sils recevoient lExtrême-onction dans leurs ma-ladies, quelque besoin quils eussent de la recevoir ;comme si ce Sacrement qui a été institué pour rendrela santé de lame & celle du corps aux malades,les eutempêché de la recouvrer, ou q.u'il eut avancé leurmort. Cette faussé créance faisoit souvent une tel-le impression sur lès esprits, quils mouroient fans lerecevoir.

Robert, ou Rupert, Roi des Romains, étoit pré-venu de cette superstition, ainsi que le témoigne lePere Nider (b). Car après avoir reçu le saint Yiati-

(a)i C. 6. Moneant Prcsbyteri populum ut insirmi, quatuor-decim annos- & supra- habentes, eùnr opus fuerit, itiungantur.Nee propter paupertatem, feu defectum candelarurrrvef indu-mentorum lineorum , qu L in hoc Sacramento soient cauíâ reve'-rehtise exhiberi-, à Sacerdote, vel quovis alio, inunctio dimit-tatur.

(£-) In forniear. 1. 4.. c. n. Fuit nostro tempore (dit cet Au-teur) Rex Romanórum Rupertus, qui ante fui electionem re 8cnomine clemens exstitit, & post diutina 8c sancta sua opéra inletali quadam infirmitate prope à dsemone victus ocCubuit. Namin infirtnitatem gravem incidit, 8c fumpto Eucharistie Sacramen-to, se diu a sancta» unctionis oleo callidè, ne reciperet, fub-traxit. Hauserat enim, ubi nescio, Diabolicum hune instinctum,u« videbatur, quo quidam superstitiosiffimé credunt, se post hu-jusmodi Sacramentì iuíèeptionem omnino migrare. Distulit igi-tur Princeps recipere Sacramentum propter mortis. perieulum.Et Doctores divmi 8c humant juris, quos fêmper dilexit, verbrsvirum hortabantur : 8c uli suadebant ne omnino deíèreret tamsalubre animas 8c corporis-anttdotum. Obtinuerunt ta m en tandemilli Jivina arridente gratta' mtentum. Cumque prasentibus littcratisÇlericis inungeretur Pricceps, 2c orationes, qu a: de saiíitate sonant

> T I T I O N S.

que dans une maladie dangereuse il tomba, il éludalExtrême-onction par quantité de supercheries, quel-que instance quon lui fit pour lobliger de consentir àla recevoir : & effectivement il ne lauroit point reçue,parce quil étoit dans la pensée que sil la recevoit ilmourroit peu de tems après, si les Docteurs & lés Ec-clésiastiques qui laísistoient, ne lui eussent fait con-noître vanité cette pensée, & les grands avanta-ges que produit ordinairement 1 ce divin antidote delame & du corps. Le Synode de Woreester ( c) enAngleterre, de lannée 12.40. enjoint aux Curés & aux:Prédicateurs parler souvent contre cette erreur , &d^en retirer, autant quil leur sera possible, les- fidèles.Le Synode dWladistaU. (^) en Pblògne, lan ienjoint la même'chose aux Curés. Cest aussi ce quesait le Synode de Cambrai, (e) de lan 1604. &second Concise Provincial de Malines (f) en 1607.n ? ën fait pas- moins.

II. Il- sèst trouvé d"àutres gèns qui ne voulòienrpas recevoir lExtrême-onction, parce quils simagi-noienr quaprès lavoir reçue il ne leur étoit plus per-mis, ni rendre le devoir conjugal à leurs femmes,ni de manger de la chair, ni de marcher les pies nus.Le Synode de Woreester (g) excommunie ceux qui-font dans cette erreur, quil assure être contraire à la-faine doctrine. Le Synode dExcester (h) en- 1287.,ordonne aux Curés desebufër les peuples- de certe*ignorance & de cette hérésie', comme il lappellè; Mfalloit que la superstition-, quil néroit plus permisaux maris rendre le dévoir conjugal à- leurs femmes,ni- aux femmes 1e rendre a leurs maris, après avoirreçu lExtrême-onction, il falloir, dis-je, que cette'superstition fur sort répandue, puisquèllé a été con-damnée par divers Synodes Sc par divers Evêques.

Eudes

uttiusque hominis, multîplicarentur, aiesatis Raclâtes: Reverâ,, si hoo Sacramentum fcivissem tantum pro utroque vaíuisse ho--. mine , quemadmodum jam audío, dudum ipsum devotìssim è postulaíîem

(t). 19. Q.uidam.atlhorrent (,tír-/O i hocpercipere Sacramen-tum., quod hoc sibi vix in ipsa mor-tis articula susttnent exhibe,ri : propter quod forsan accidit , quod ejus- expertes plurimi abhac luce íubtrahutitur. Contra huiíc igitur errorem , cum aliis*eos per Sacerdotes suos , & Preedicatorcs- altos,crebris exhortationnibus pr-íecipimus.praemuniri.

(d) En ces termes: P. 2. rit. 4, n. 8. Sunt quibus saisi, per-suasum est, non poste ex morbo eos convalescere, quicumque hoc.Sacramentum percepislènt, coque sit ut non peuci ab eo abhor--reant, nec id ministrari sibi cupiant. Quam stultam persuafionemcurabunt Parochi ex animis fidelium evellendam ; cùm certum idfit,. Deum non animse tantùm , verum & corporì, si expedierit,vírtute hujus Sacramcnti, salutem conferre. Et Jacobus 2perds,verbis pronunciat: Oratio fidei lalvabit infirmum, & alleviabit,, eum Dominus.

(e) Lors quil dit.:. Tir. 1 c. 2. Freqpenter moneant Parochisubditos fuos & ostendant non esse dìfferendum tam íàlutare Sa-cramentum usque ad extremam eegxitudinem ; falsamque illorumopinionem conveliant, qui arbitrantur iis ex hac vira neceslàriòmigrandum este qui hoc Sacramento-sunt muniti,.cùm nimis im-pium sit existimare , Sacramenta- ad animarum salutem instituta »corporibus mortem afferre aut accelerare.

(/) Tit. 8. c. 2. Falluntur qui existimant suseepto hoc Sacra-mento ípem convalescendi ob id imminui. Ideoque Pastores con-trarium subinde populum doceant.

(g) , C. 19. Sunt autem quidam (c'eft air.fi quil parle) ut audi-vimus , qui post perceptionem hujusmodi Sacramcnti, sanitatipristina: restituti,. nefas reputant vel uxores suas cognoícere, vel 1carnes comedere, vel etiam aliqua ratione, nudis pedibus ambu-lare. Horum autem errorem, utpote doctrinas sanx contrarium vexecra-mur, & eos excomnaunicationibus 8t monitionibus duxi-mus corrigendos : quia, ut ferro abscindenda sunt vulnera, quxfomenta non capiunt, Ecclesiastica coercitione necesse fueritper Sacerdotes-eos ab erroribus revocari.

(h) C. 6 . Et quoniam ( dit-il) quidam Laïci imperiti, de hocSacramento nequiter sentientes, illud abhorrent in tantum , quòdvix velïnt illud suscipere etiam in extremis , fatuè xstimantes,,quòd post ipsius susceptionem, carnis esum, nudis pedibus in-cessum, copulam carnalem, etiam cum uxore légitima, sibi forepenitus interdicta: prsecipimus Parochialibus Presbyteris, ut ubinoverint tantam hxresim pulluiare, contrarium praedicent, Paro-chianis notificanfes inter caetera, hoc Sacramentum poste liciteitérais, 8c quod uncti, si ab infirmitate postea convaluerint, car-nes comedere possunt, nudis pedibus ambulare ,, & si conjugatífuerint, uxores suas cognoícere, Sa- à occasion e hujus Sacramentiomittere- non tenentur.