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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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SUPERSTITIONS,

Q^U I REG ARDENT

LES S ACRE MENS.

SUITE DE LA SECONDE PARTIE.

LIVRE N E U V I E’ M E.

‘D es Superstitions qui regardent /’ Ordre.

A y A N T-P R O P O S.

’Ordre , qui consacre les Fidelles àDieu dans l’Etat Ecclésiastique est,^ e ^ on ^ disposition du Concile deIW! ^^orence (a ), le sixième Sacrement

ftTj $ÈÊÊ0M st ue Jesus-Christ a institué pourdonner des Ministres à son Eglise,en leur communiquant, par le ministère de l’Evêque,le pouvoir de faire certaines fonctions publiques, quiregardent le culte de Dieu, ou la sanctification desâmes.

On distingue de deux sortes d’Ordres ; les unsRappellent Mineurs , & les autres Majeurs. Les Mi-neurs font ceux de Portier, de Lecteur , d'Exorciste& d’Acolyte. Les Majeurs sont ceux de Soû-dia-cre, de Diacre , & de Prêtre, qui s’appelleot auffisacrés, parce que, selon la discipline présente de l’E-glise, ils obligent ceux qui les reçoivent à une conti-nence perpétuelle, 6e qu’ils approchent plus près queles autres Ordres , des choses sacrées, c’est-à-dire,de l’Autel & du corps de Jesus-Christ qui y est of-fert à son Père.

La Tonsure, qui sert de préparation à tous ces Or-dres , n’est pas un Ordre , elle n’est qu’une cérémo-nie Ecclésiastique dans laquelle l’Evêque coupant lescheveux & donnant le surplis à ceux qui lui sont pré-sentés pour erre mis au nombre des Clercs, les séparedu siécle & de toutes chos es ^u siécle , leur donne

Dieu même pour partage 8c les fait entrer dans l’E-glise pour y recevoir en tems 6e lieu les Ordres,quand on les en jugera capables. Lx Démon ne s’estpas oublié de mêler quelques superstitions dans ce Sa-crement. Il en faut découvrir la vanité , afin qu'onne s’y laisse pas surprendre.

CHAPITRE I.

Des tems qui précédent la réception desOrdres.

C’est attentat , usurpation ò“ sacrilège quandon s*engage dans les Ordres fans être ap-pellé à f Etat Ecclésiastique ,• quand on s’yengage par des vûes basses & des motifscriminels s par le désir des avantages tem-porels qui y font attachés , & par un prin-cipe d orgueil , n' envisageant que f honneurqui accompagne cet état * quand étantMoine on se fait Prêtre pour s’élever audessus de ses frères qui ne le font pas ;quand on ne fe fait Ecclésiastique que pourvivre plus grassement , pour entretenirson ambition , pour cacher la baffeste de fa

(a) D.cret. Armen.