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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES S U P E R S T í T 1

O N S, 2.85

naissance , & se prévaloir des richesses HI. Ceux-là y tombent aussi, qui ne désirent les dí-

au ; on poffede ; OU parce qu’on efi assuré g™es Ecclésiastique^ que pour les avantages tempo-

/> iD' , r reìs qui y fout attaches. Car u , comme le rernár-

à. s-oç^- ,à « ^afepar Je, „ ,1 f on jud i ciei ,fe M „ t ” G od«u Evê<,„ e de Ve„-

,» ce (i ), ceux qui veulent devenir riches (dit Paint,, Paul (kj tombent dans la tentation du Diable 8c,, dans des convoitises nuisibles qui les conduisent à„ leur perte : à plus forte raison ceux qui étant assa->, més des richesses Ecclésiastiques, ajoutent lè sacri-,, lége à l'avàrice , seront-ils en proye au Diable, &„ auront-ils des désirs très-périlleux , aussi-bien que„ très-criminels. Le Fils de Dieu renverse dans le,, temple les tables des changeurs , & de ceux qui„ vendoient des colombes pour les sacrifices. Qu’eut-„ il fait j s'il eut trouvé des Marchands qui eussent„ fáit un commerce public des sacrifices & de l’ar-,, gent du temple, consacré à Dieu » ou s’il eut ren 4 -„ Contré des voleurs qui l'eussent Voulu enlever»

„ pour le consumer en des dépenses superflues &

„ honteuses tout ensemble ? A u lieu du fouet qu'il„ prit à la main contte ces prophanateurs , qui de la,, maison de prière faifoietit une banque de négocia-», teurs & une caverne de larrons , n’eât-il pas fait„ ouvrir la terre fous leurs pies , pour les engloutir »

,, comme autrefois il étoit arrivé pour punir Ta téme-„ rité des Lévites , qui vouîoient usurper l’Office,, d’Aaron? C’est toutefois ce que nous voyons au--„ jourd’hui se faire plus ordinairement dans í’Eglise,

,, La maison de Dieu est changée en une banque ; ses

„ dignités, ses biens, font dans le commerce , & on

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voyes irrégulieres -, ou parce qu’on n'apas assez, d’esprit, ni assez de mine ; ouquand on entre dans la Clérìcature jansavoir les qualités requises. Quellesjbnt ces qualités selon le Catéchisme Ro-main de Rie V.

j t ^“^Eux qui ne font pas légitimement appelles àì j l’état Ecclésiastique fe rendent coupablesd’usurpation Sc de sacrilège. Car Dieu veut choisirlui-même ses Ministres. Ce n est pas vous qui m'avez.choisi (dit notre Seigneur à ses Disciples (a) ) matsc’esi moi qui vous ai choisis . Et lorsqu il leur repré-senté la grandeur de la moisson , & le peu qu’il y a-voit d’ouvriers , il ne les exhorte pas à s’ossrir eux-mêmes pour la faire , il leur dit seulement (b) ; Priez,le Maître de la moisson qu'il envoje des ouvriers dam fameìjfon. Aussi est-ce lui seul , selon la parabole del'Evangile ( t ), qui appelle les ouvriers & qui les en-voyé pour travailler dans fa vigne. „ Personne„ (dit le saint Apôtre (d) ) ne s’attribue à soi-même„ cet honneur, s’il n’y est appelle de Dieu , comme„ Aaron. Jesus-Christ lui-même , qui est le PrêtreEternel selon l’ordre de Melchisédech , n’a point” pris (c) de lui-même la qualité glorieuse de Pon-tife , [mais il l’a reçûe de celui qui lui a dit ",

A *

. .. ,, ica uicns, ìont dans le commerce , & on

Vou7êtes mon fils, je vous ai engendré aujourd’hui. " ne fait que k » om ^s choses. II suffit de

' Quiconque est appellé de Dieu à L’état Ecclésiastì- " trouver ufie íhbtihte , un biais pour sauver la Si-

^ „ pntrf . u - morne, pour couvrit l’achát aux yeux des Juges»

„ de peur de perdre le bénéfice. Car pour les yeux

„ de Dieu, on n’y songe pas seulement , & on croie

,, qu’on le peut tromper avec une distinction de nou-

veau Cafiiiste, ignorant , ou intéressé, lequel mê-me bien souvens eO- -— -

„ que y entre par la porte” ; quiconque y entresans vocation , y entre par la fenêtre, pour user destermes du même Evangile (f) ; & il est un voleur6c un usurpateur du rang qu’il ne doit recevoir quede Dieu. Saint Luc (g) remarque qu’un homme

i-us- , cju uu Aiourme ^cuuiha., iguuidnc , ou inrereuê lequel mê-*

se présenta au Fils de Dieu, & lui dit: Je vous fui - » me hien souvent est trompé par ceux qui l e con-vrai par tout ou vous irez, : & qu’il ne le reçut point " ^hent, comme s'ils avoient penr de trouver la v '*à a r.,;.* Au contraire il dit à un âutre -- - r,t<í - rìn nf ‘ J- i- > .. - e ”

t par

à sa suite. Au contraire U dit á un âutre , qui nesongeoit pas à le suivre, Suivez-moì; ce qui fait voir,disent les Saints Pérès , que c’est à lui à choisir sesMinistres. Enfin voici de quelle façon Dieu parle (h)de ceux qui sont assez présomptueux pour s’ingérerd’eux-mêmes dans un ministère si élevé & fi excel-lent : Je n envoyois point de Prophètes , dr ils ne laijfoìentpas de courir ; pour marquer que ces gens-là sont lesplus misérables de tous les hommes, & ceux qui nui-sent lé plus à l’Eglise.

II. On tombe dans le même crime quand on s‘en-gage foi-même, ou qu’on oblige les autres de s’enga

A — — —-mvi id ve-rite. On ne fait point de scrupule de déguiser le

,» fait au Pape , duquel on veut obtenir là dispense»,, ou d’employer des recoftimendations si puissantes,„ que les considérations politiques l’emportent enfin„ fur les régies Ecclésiastiques , 8c qu’on arrache,, plutôt qu’on n’obtient une permission funeste qui„ ne sert de rien qu’à ajouter un nouveau crime au,, premier qu’on commet en voulant entrer dans l’£-,, glise , non seulement fans vocation » mais par le,, mouvement de l’avarice ou de la vanité.

IV. Ceux-là y tombent qui entrent dans là Cléri-cature 'par un motif d’orgeuil , ne regardant que

gage ìoi-incme , ou qu un uunge ics auues ae S enga- pat un uionr aorg-euii , ne .

ger dans les Ordres, par des vûes basses & intéressées, donneur qui l'accompagne , an lieu de n .“ • que& des motifs «-réguliers & criminels. Les péresytom- vue en y entrant que le désir de servir l’Eplise °sei e "

bent, par exemple, qui ne destinent leurs enfans à l’état les desseins Sc la vocation de Dieu ° n

bent, par exemple, qui ne deitinent jeurs enfans à l’étatEcclésiastique que pour leur faire avoir des bénefices,ou pour décharger leurs familles; qui font tonsurer leursaînés, qu’ils veulent établir dans le monde, afinqu’ilspuissent avoir des bénefices qu’ils espèrent de leurs

parens , & de leurs amis

__ » puisque se faire

Ecclésiastique , c’est devenir le Ministre dejesus-Christ & de l'Eglise. Ils entrent par l’ambition dansle ministère de l’humilité , & ils ne font une profes-sion publique de renoncer à tout , & de prendre le

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, ou les garder jusqu’à ce Seigneur pour leur partage , qu’afin de satisfaire leursque leur-s cadets soient en âge de les posséder ; qui passons, & de jouir davantage des créatures,choisissent parmi leurs enfans ceux qu’ils aiment le j ‘ Ceux-là y tombent, qui étant Moines ou. Ré»»moins ou qui font les moins propres pour le monde, Auhers , veulent sc faire Prêtres à dessein de s’éleversoit parce qu’ils ne sont pas bien-faits de corps, qu’ils f dessus de leurs stères qui ne le sont pas. Ce quiont mauvais air & mauvaise grâce , soit parce qu’ils Ies porte souvent à murmurer contre leurs Supérieursmanquent d’esorit, afin de laisser tout leur bien à ceux st ul ne leur permettent pas de prendre les Ordres si,qu’ils aiment davantage : en un mot tous ceux qui for- rot qu’ils le souhaiteroient. Philippe, Abbé de Bon-cent leurs enfans d’entrer dansl’Eglisc, & qui les mal- ne-esperance, de 1 Ordre des Premontrés , pà f 0r .traitent s’ils témoignent du dégoût pour un étatqu’ils ^meut contre ce désordre dans le livre de U di itin’ont pas choisi, &auquel ils ne sont nullement propres. des Ecckjiafltques (l). &

P . A . VI * Ceux ' la y bombent, qui ne se fo nt Eccle y â .

W l oh *?- 'Je tiques que pour vivre plus grassement ; que pour a-

(C) Là ?;? V01r dequ01 entrctemr 1 àition dont ils font préve-

(<i) Hcbr. f. 4 ,. nus :

(e) Ibid. v.f. ,

(/) Johan. io. . W Oà sacrés, discours í. de la vocat. à l’Ëtat Ecoles, n. 9.

(s) C. 9 . W *• -iniotst. c. r,

(h) Hieretn. 2j. 21; (0 L, r 6 .

Tome H. c c c c