DES SUPERSTITIONS.
a, Je ne permets point aux femmes (dit l’Apôtre saint„ Paul (a) ) d’enseigner , ni de prendre autorité fur,, les hommes, mais je leur ordonne de demeurer dans„ le silence. Que les femmes parmi vous (dit-il en-„ core (Q) fe taisent dans les Eglises, parce qu’il ne,, leur est pas permis d’y parler; mais elles doivent,, être soumises, selon que la loi l’ordonne. Que si,, elles veulent s'instruire de quelque chose, qu’elles,3 le demandent à leurs maris, lorsqu’elles seront dans33 leurs maisons ; car il est honteux aux femmes„ de parler dans l'Eglise". Quelle apparence queles femmes fussent sous la puissance dés hommes ,qu’elles leur fussent soumises, & que bien loin de leurêtre permis, il leur fût même honteux de parler dansl'Eglise, si elles étoient revêtues de la puissance &del’autorité des Prêtres ?
Saint Epiphane (c) prouve par une longue induc-tion, que les femmes n’ont jamais offert le sacrifice nidansl’ancien, ni dans le nouveau Testament; qu’ellesn’ont jamais exercé les fonctions du Sacerdoce; que sicet honneur avoit été déféré à quelqu’une, ç’auroitété fans doute à la sainte Vierge ; qu’elle ne l’a pas eunéanmoins, non plus que celui de batizer son fils ;que ç’a été saint Jean qui l’a batisé; & que les Apô-tres & leurs successeurs, ont offert à Dieu le sacrifi-ce, ( d) mais que jamais aucune femme n’a eu cetavantage.
Les Diaconisses de l’ancienne Eglise ne l’avoient pasnon plus, soit qu’elles sussent Vierges, ou-qu’ellesfussent veuves. Car quoi que ce fut à l’Evêque seulde les bénir; quoi qu’elles eussent quelques fonctionsautour du saint Autel : suivant la remarque de Balsa-mon (e) ; quoique dans l’Eglise d’Orient l’Evêquequi les benissoit prononçât fur elles la même formequ’il prononçoit fur les Diacres, fur les Prêtres & furles Evêques : Divina gratia qm semper , çfrc. commenous le voyons dans l’Euchologe; quoique Tertul-lien, (f) l’Auteur des Constitutions Apostoliques ,(g) & le Concile de Calcédoine, (h) donnent le nom& Ordination à leur dignité & à leur office ; enfin quoi-que saint Epiphane (/') les mette au rang des Ecclé-siastiques , leur ordination cependant n’étoit qu’uhesimple cérémonie, qui ne leur donnoit aucune part auvéritable Sacerdoce, encore qu’elle fût accompagnée del’imposition des mains. Saint Epiphane (kjk fait voirmanifestement.
L'Auteur des Constitutions Apostoliques (l) té-moigne auffi, qu’elles ne donnoient point ’^a bénédic-tion, & qu’elles ne íaisoient aucune fonction du Sa-cerdoce; mais que tout leur office seterminoit à gar-der les portes du lieu ou les femmes fe plaçoient dansl’Eglise, & à servir les Prêtres par une raison de bien-séance , lorsqu’ils batisoient les femmes.
Enfin le Pere Goar O) qui décrit toutes les fonc-tions de leur ministère, & qui les réduit à neuf, n’enmarque aucune d'où l’on puisse conclure qu’elles fus-sent employées à la célébration des saints mystères &
(«) i. Timoth. 2. ir.
\b) i. Cor. 14. 34.8c
(f) Hseres. 79. Deo ab seterno nulla millier sacrificavît.
(</) Nusquam mulier înter hos constituta est.
(e) L. z. juris Orient. Respons. ad 35. Interrog. Habebant ípíàegradum 8c officium circa altare.
(/) L. r. ad Uxor. c. 7. 8c exhortât, ad Castitat.
(F) L. 8. c. 19.
(b) Canon. ìy.
(») Hseres. 79.
{k) Par ces paroles •. Ibid. Quanquam Diaconissarum in Eccle-lia Ordo sit, non tamen ad Sacerdotii functionem , aut ullamejusmodi administrationem institutus est: sed ut muliebris íèxushonestati consulatur, sive ut Baptismi tempore adsit,sive ut,cùmnudandum est mulieris corpus, intcrveniat, ne virorum qui sacrisoperantur, aspectui sit exposita, sed à sola Diaconistà videatur,qu* Sacerdotis mandaté mulieris curam agit in tempore denuda-tionis corporis ipfius.
(/) Loc. cit. Diaconissa ( dit-il ) non benedicit. Sed nec aliudex his quse faciunt Presbyteri exercet ipsa , sed tantùm por-tas custodit, 8c ministrat Presbyteris, quando baptizant mu-lieres.
(w) Not. in Orati. Ordination. Diaconissa:, p. r6y. 8c 266.
Tome //.
a "administration immédiate des Sacremens. Si bienqu’il est vrai de dire que ni elles, ni les autres femmesne participoient pas davantage au Sacerdoce, que lereste des Chrétiens que l’Ecriture sainte appelle Prê-tres, parce qu’ils ont reçu dans leur batême le Sacer-doce intérieur, mais non pas le Sacerdoce extérieur,qui appartient au Sacrement de P Ordre. Car l’Ecri-ture sainte distingue fort bien deux sortes de Sacerdo-ce, l'un intérieur & l’autre extérieur. „ Le Sacer-,3 doce intérieur (dit le Catéchisme Romain (n) de Pie,, V.) convient à tous les fidèles, & après qu’ils ont,3 été lavés dans les eaux salutaires du batême, ils sont„ tous appelles Prêtres, & sor tout les Justes qui ont3, l’esprit de Dieu, & sont devenus par l’effusion de„ la grâce divine, les membres vivans de Jesos-Chrìst,, qui est le souverain Prêtre. Car l’ardeur de leur3, soi leur sait immoler à Dieu sur l’Autel de leur,, cœur des hosties spirituelles, qui ne font autres que3, leurs bonnes actions, qu’ils rapportent à la gloire de,, Dieu. C’est ainsi qu’il est dit dans l’Apocalypse :,, ( 0) Que Jesus-Christ nous a lavés de nos péchés„ dans son sang, & nous a fait Rois & Prêtres de„ Dieu son pere ; que saint Pierre déclare » (p) que33 nous devons entrer dans la structure de l’edifice ,3, comme étant des pierres vivantes , pour composer,, une maison spirituelle & un ordre de saints Prêtres ,„ afin d’offrir à Dieu des sacrifices spirituels qui lui„ soient agréables ; & que saint Paul (q) nous conjure3, d’offrir à Dieu nos corps, comme une hostie vivan-,, te, sainte & agréable à ses yeux, pour lui rendre„ un culte raisonnable & spirituel. ... Le Sacer-„ doce extérieur n’est pas propre à tous les fidèles ,,, mais seulement à certaines personnes, qui étant con-„ íàcrees à Dieu par l’imposition des mains de l’Evê-33 que & par des cérémonies solemnelles que la sainte„ Eglise a instituées pour leur Ordination, sont ap-„ pliquées à ce ministère particulier ”.
Or cette imposition des mains de l’Evêque 8 c cescérémonies solemnelles n’ont pas été instituées pour lesfemmes ; & le mot de Prêtrefes que nous lisons dans leCanon Presbjter (r) (Presbjteram suant ut sororem dili-gent) 8 c dans le Canon Mulieres , qui est le onzièmedu Concile de Laodicée ( Mulieres quœ apud GracosPresbjterœ appellantur) ne signifie pas des femmes quieussent reçu l’Ordre de Prêtrise , ni qui eussent lapuissance d’offrir le sacrifice & d’administrer les Sacre-mens de l’Eglise : mais des femmes, ou des veuves dèPrêtres, qui vivoient dans la continence séparées deleurs maris, comme les femmes & les veuves des Evê-ques s’appelloient Epifiopœ , celles des Diacres, Diaco-nat , & celles des Sou-diacres, Subdiacona ou desfemmes veuves & fort âgées qui rendoient quelquesservices aux Eglises où elles étoient immatriculées.
II. C’est un faux culte & une vaine observance auxCophtes, de donner la Tonsure, les quatre Ordresmineurs, & les Ordres sacrés, à la réservé néanmoinsde la Prêtrise, à leurs enfans, quelque âge qu’ils puis-sent avoir, incontinent après leur Batême , fans leurfaire garder aucuns interssices. Ils en usent ainsi ce-pendant, selon le témoignage que le Pere Thomas deJésus (s) en rend.
,, Brérévood (t) nous dit la même chose en cette,, maniéré : Ils confèrent les saints Ordres inférieurs,, (au dessous de la Prêtrise) tous ensemble aux enfans„ mêmes, incontinent après le Batême, leurs parens
3 > pro-
(n) Tit. de Sacram. Ordín.
(0) C. 1. y. 8 c 6 .
(p) 1. Pétri 2. y.
(q) Rom. 12. 1.
(r) Dist. 32. ,
(0 En ces termes: L. de conférs, omní Gent p r I. 7 - c. y.ConferunturOrdines, excepto Presbyteratu omní xtati, etiamimmédiate poil Baptismum parvulis, íìmulqùe dantur Tonsura &quatuor gradus,_ 8 c Diaconatus 8 c Subdiaconatus, nec hisce con-ferendis intenhtia, vel tempora partìcularia determínata íunt<.
(f) Recherch, des Lang. 8 c des Relig. c. 22. n. 2.
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