DES SUPERSTITIO N S, %? 7
quesois les personnes qui venlent se ma* ^ ever * es t ^ ons à à , parce que cela-chasse les a-rier s & des philtres ou maléfices amou - uroureux. o
reux dont on se sert four se foire aimer. Lorfqu. un garçon & ane fille, un homme, veuf 8c
On n'epagne fat meme les choses les plus àlr si le garçon & la fille, Hio m meveuf& h wsacrées pour y parvenir. Le avance porté me veuve feront mariés ensemble , il saut observer fiquelquefois à de semblables extravagan - le cierge qu’on a allumé pour le Batême de Pensant,
^.. .. ' " demeure allumé pendant toute la cérémonie , ou s’il
s’éteint; s’il s’éteint, ni le garçon n’épousera la fille,ni l’homme veuf la femme veuve ; au lieu que s’il de-meure allumé, le garçon fera marié à la fille, & l’hom-
L A curioiité , la brutalité & l’avarice , font les me _ veu ^ la femme veuve.
trois sources funestes des superstitions qui préce- ou . 1 * avo ' r st ue s mar ^ auront les filles, ou les veu-ves qui font a marier , il faut dire certaines Oraisonsau clair de la lune, fans regarder derrière foi
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ces s mais Dieu ne favorise pas de sesgrâces ces sortes d* alliance s qui se sontpar des motifs intéressés .
A curiosité , la brutalité & l’avarice , font lestrois sources funestes des superstitions qui précé-dent le Mariage.
I. Pour savoir si deux personnes feront mariées en-semble , si leur mariage prospérera , si elles y siérontfortune, si elles auront de l’amitié l’une pour l’autre,si elles auront des ensans , si elles seront heureuses enenfans ; à combien de vaines pratiques n’a-t-on pointrecours ? Majolus fi) en rapporte une en cette ma-niéré : Un homme a dessein de se marier. On luidit de penser à trois personnes & de souhaiter d’enépouser une des trois, fans s’attacher à aucune en par-ticulier. Après qu’il y a pensé, on sait trois sillons,ou trois rayes fur de la cendre, & ón l’oblige de choi-sir chacun de'; ces sillons pour chacune de ces troispersonnes , & de se détourner de peur de voir ces sil-lons. Cependant on les lui montre tant de fois avecdes pincettes, qu’enfin il en choisit un par trois fois,& on l’assure qu’il épousera la personne qui est dési-gnée par ce sillon. Cette superstition est une des di-vinations qui se faisoient par les cendres , & que lesGrecs appellent upámtct, ou ewoSophítmici.
Le même Majolus (b) en rapporte encore une au-tre qui regarde la divination des augures , ou auspi-ces , des évenemens ou rencontres , & qui se tire ducri des pourceaux. Voici comment cela se fait.Quand] on a envie de savoir si on épousera une veuve,ou une fille , sur la minuit de la veille de la fête desaint André, on va tout droit, sans saluer qui que cesoit , à une étable à pourceaux ou il y a une truyeensermé^avec ses cochons. Lors qu’on y est arrivé,on frappe doucement à la porte. Si lá truye grognela premiere, c’est une marque certaine qu'on épouse-ra une veuve ; mais si les cochons grognent les pre-miers , c’est signe qu’on épousera une fille.
Celui qui veut savoir de quelle couleur seront lescheveux de la personne qu’il doit avoir pour femme,n’a qu’à tourner trois tours autour du feu de lá saintJean , & lors que le bois fera â demi consumé , ilprendra un tison , il le laissera éteindre , puis il lemettra le soir avant que de se coucher sous le chevetde son lit ; & le lendemain il trouvera autour de cetison des cheveux qui seront de la couleur de ceux desa future épouse. Il saut que tout ce ridicule manè-ge se fasse à yeux clos ; autrement on n’en a pas lesuccès qu’on en espère.
Lorsqu’il y a une femme veuve , óu quelque filleà marier dans une maison , & qu elles sont recher-chées en mariage , il faut bien fe donnes de garde de
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s’arrêter en les disant.
En Lorraine & particulièrement dans le Diocèse deToul , les garçons & les filles de village s’assemblentles Dimanches de Carême , & fe donnent des épouxou des épouses ìes uns aux autres, ce que les Ordon-nances publiées dans le Synode de Toul le í 5. Avril166;. condamnent en ces termes: ,, Encore que cha-„ cun fait assez que le Carême est un tems d’absti-,, nence , non seulement de viandes, mais de jeux &„ de railleries , & que pour cela même les noces y,, sont défendues, Nous savons néanmoins qu’en plu-„ sieurs lieux de notre Diocèse és jours de Dimanche„ de ce saint tems, comme aux grands & petits Bran-,, dons, & autres Dimanches, il fe fait des assemblées„ de garçons & filles pour danser , ou avec des vio-,, Ions , ou avec des chansons immodestes, & quel-- quesois déshonnêtes. Et de plus font des jeuxdits Fassenottes , esquels ils désignent à hauts crisdes époux & épouses à tous les jeunes, fils .& filles„ du village, lesquelles choses n’étant bien séantes nì„ licites , le mariage étant un Sacrement , qui ne. doit,, être mis en risée. Nous les défendons par, toUs lês„ lieux de notre Diocèse , & mandons à. tous Curés„ & leurs Vicaires de publier cette notre Ordonnan-„ ce, & de nous avertir des contraventions, s’il y en„ a , afin de les empêcher,par la peine des-,Censures„ Ecclésiastiques que nous y ajouterons.. ;
Si une fille est en peine de savoir qui elle,épousera,elle n’a qu’à troubler de la main, . . I’eau d’un seauq u'elle aura tiré d’un puits , ou d’une fontaine, endisant certaines paroles qui ne signifient rien ; & elleverra dans cette eau celui qu’elle aura ,en Mariage.
On arrive à une pareille connoissance (s’il en faut1 vauit dvuii puui rcmme, cro ; re j es fors) en cassant des œufs fur la tête de quel-tourner trots tours autour ^u eu ^e a aint q u » utlj & e n les jettant ensuite dans l’eau.- Cetterad-
mirable récette est également pour les garçons & pourles filles, pour les hommes veufs & pour les femmesveuves ; & ainsi elle est plus étendue que la précé-dente.
Quand on veut savoir si un Mariage sera heureux^si le mari & la femme vivront en bonne intelligence,s’ils amasseront du bien ensemble , s'ils se garderontF un à l’autre la foi conjugale , les personnes qui vontfaire la demande de la suture épouse , observent assezsouvent les jours auxquels ils la doivent faire, & pren-ds- 3 11 lttUL uí '- u ll ' 5 " uc uc ne nt garde aux signes qu’ils rencontrent en y allant.
S’ils en rencontrent quelques-uns de ceux qu’ilscroyent malheureux, comme une vierge $ Une femmeéchevelée, une femme grosse, un Moine, un lièvre,un Prêtre, un chien , un chat, un borgne, un boi-teux , un aveugle, un serpent, un lézar, un cerf,un chevreuil, un sanglier , ou quelqu’autre animal.
Si on les tire par derriere , si on les retient par leurmanteau ou par leur robbe , si leur pie heurte contrequelque chose , s’ils entendent le cri d’un oiseau oud’un autre animal de mauvais augure, s’ils éternuent,si l’oreille gauche leur tinte , s’ils voyent un chiennoir entrer dans une maison , ils ne passent pas outre& s’en retournent fur leurs pas, ou ils fe détournentde leur chemin. Mais si au contraire ils rencontrentquelqu’une de ces choses qu’il estiment heureuses, par
Ffff exem-
(a) In Supplem. Dierum Canicul. colloq. 2. Jubent aliquemtres personas cogitare quibuscum matrimonium optet, vel speretccmtrahere: tum tres sacrant sulcos in cinere. Ule autem jubeturíìngulis personis frai n» sulcum deligere ; tum aversus stare , neíùlcos videat , quos interea alter tamdiu forcipe ostendit, doneceorum unus ab illo ter deligatur : &. quam ille sulcus destinabat,ea ípondetur iplì uxor sutura.
[b) Ibid. Alii (quod putidum est) ad stabula porcorum ex il!o-
rum grunnitu auípicia de suturé Matrimonio captant. Si quisenim (déplorât* temeritatis ac démenti*) num |virginem aut vi-duam in uxorem habiturus foret, cognoscere vult , is nec Deo ,nec hominibus salutatis, média illa nocte , qu* diem S. André*sacram prsecedit, rectà ad stabulum sese confert, cui sus lactanscum fuillis inclusa est. Eò cum devenir, tacitus ad ostium stabuîipuisât ; sique a d illam pulsationem lus prima edit grunnitum,tum viduam fibi Matrimonio junctam iri firmiter crédit ; sin ve-rò suilli primitus grunniunt , tum virginem copulatam sibi irigestit. '
Tome If,