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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPER ST I T I O N S.

vfês Contractent accordailles » fiançailles, ou Ma-j, riáge, durant le tems de leur 'ivresse, ils ne font,, rien, non plus que ceux qui font endormis ou en-j, fans au dessous de sept ans, ou actuellement insen-,, ses ou furieux, au tems de leur furie, parce qu’ils,, font privés de l’ufage de raison, de discrétion, de„ libre consentement & de suffisante délibération : con-5 , dirions sans lesquelles le Mariage ne peut-être, ni,, consister.

IX. Selon le Rituel de Perigueux (a) de 153 6. lesfiançailles étant achevées, & le Curé qui les â faitesâyânt dit (b) : „ Or beysas vous en nom de Maridage,,, que sera si à Diou platZ, & que longament quant yj, serés y puchias démourar, Amen”: Ce même Cu-ré donne à boire aux fiancés en faveur du futur Ma-riage : Et dat eis ad bibendum in favorsm futuri Matri -ntontí. Cette cérémonie que je n’cse pas appeller su-perstitieuse, à cause du livre oh elfe est prescrite,est une de celles qui ont été retranchées des anciensRituels, oh iî y avoir beaucoup de choses que Tigno-rance ou la simplicité de ceux qui les avoient dres-ses, y avoir introduites. Elle se pratiquoií aussi au-trefois dans la célébration même du Mariage. Nousen parlerons tout au loslg dans la fuite de ce livre (c) ,& nous verrons ce qu’on en doit juger.

X. La plûpart des fiancés assectent de ne se pastrouver à l’Eglise lorsqu’on publie les bans de leurMariage. Dans les Paroisses où il se dit plusieursMesses les Dimanches & les Fêtes, ils n’assistent pointà celle où se fait le Prône ; & dans les Eglises où ilh’ya qu’une Messe ces jours-là, les uns en sortentquand on va faire le Prône, les autres n’entendentpoint du tout la Messe. Quelques-uns le font par ti-ne sotte honte; mais beaucoup le font par superstition,s’imaginant que leur Mariage ne seroit pas heureux js’ils s’écoutoient bannir eux-mêmes.

C H A P I T R E III.

Des Superstitions qui regardent le tems decélébrer le Mariage.

Observer les jours & les mois heureux , oumalheureux , pour la célébration des Ma-riages , c'est une superstition & un reste du‘Paganisme. Les Perses , les Grecs , lesRomains , les B raminé s & les autres‘Payens étoient attachés à cette vaine pra-tique. Elle est condamnée par les Peres ,les Conciles , & les Statuts Synodaux deplufieurs ‘Diocèses. L’Eglise est incapablede tomber dans cette superstition , quoi-qu'elle défende de célébrer des noces encertains tems de P année: Raisons qu'ellea eues de faire cette défense. Pourquoi onne doit point se marier le s jours de jeunes.II n’ejt pas plutôt permis de le faire lejour de saint Joseph , que tout autre jourdu Carême. Pourquoi les noces défenduesles ‘Dimanches & les Fêtes chômées.C estun abus condamné par PEglise , de se ma-rier quelques jours devant P Jlvent , & defaire les noces le premier Dimanche dePAvent.

L 'Observance des tems est une superstition qui ter-nit la gloire du Mariage, & qui,sert d’obstacîeà la grâce que notre divin Sauveur a attachée à cegrand sacrement.

On affecte de se marier, ôú de ne se pas marier encertains tems, parce qu’on les croit ou plus heureux,ou plus malheureux que les autres; on évite de lefaire le Mercredi, par la sotte raison qu’on seroit....

jeudi; on regarde le Vendredi comme un jour in-fortuné pour cette sainte alliance; on ne veut pasépouser en Mai, parce qu’on croirait épouser lapauvreté, ni en Août, parce qu’on croirait épouserdes ...... On s’imagine que si on célébrait

deux mariages le même jour dans la même Eglise,le premier seroit heureux, 8 c le second malheureux:& on ne sait nulle attention à ce que dit si biensaint Jean Chrysome (d) : ? ,Que tous les jours ne font,, ni bons, ni mauvais de leur nature, puisqu’un„ jour n’est pas différent d'un autre jour, mais que,, c’est notre zélé, ou notre lâcheté qui lui donne„ cette différence ; & que les jours ausquels nousj, férons de bonnes actions seront heureux, mais que„ nous n’y trouverons que des malheurs & des sup-„ plices > si nous les employons à offenser Dieu.

Toutes ces folies font des restes du Paganisme : carles Payens sc gardoient bien d’épouscr à certains jours,& à certains mois de l’année.

II n’étoit pas permis aux Perses de se marier qu’aucommencement de T équinoxe du Printems, ainsi queT assure Alexandre le Néapolitain (e).

Les Grecs ne jugeoient pas que tout âUtrê temsque la pleine lune fût propre pour les nôces. LeScho-liaste de Thucydide (/) en rapporte deux raisons»La premíere, parce qu’ils auguraient bien des Maria-ges par la face de la Lune, lors qu’elle étoit dans sonplein. La seconde, asin que les nôces sussent plus• célébrés par le concours des étrangers qui sc trouve-raient aux foires qu’il y avoir alors en quailtité deVilles. On peut voir les preuves de cette pratiquedans les diverses - Leçons de Martin Bernard Qr), &dans Thomas Dímpiìer (h),fur les Antiquités Romai-nes de Rosi nus.

Les Romains eussent crû que leurs Mariages eus-sent été malheureux, s’ils les eussent célébrés le jourdes Ralenties, le jour des Nones & le jour des I-des (i) , parce que ces jours-là, à l’exception du jourdes Nones, étoient des jours de féries, ausquels c’é-toit un grand crime de faire violence à qui que cesoit, comme il semble qu’on en fait aux filles le jourde leurs nôces.

Mais ce qui n’étoit pas permis aux filles ces jour-là , étoit permis aux veuves & elles pouvoient se ma-rier les jours de fêtes, selon le témoignage d’Alexan-dre le Néapolitain (g).

Le même Auteur marque (/) auffi qu’il étoit dé-

fendu

(d) Homil. 33. ad Pop. in eos qui Noviiunia observant.

(e) Alex. ab Alex. 1 . z. génial, dier. c. 5-, Périls nuptias contra-here, aut maritale conjugium mire, initio verni sequinoxiï tan-tummodo permittitur; reliquo anni rempote non licet.

(/) L. i. ad fin. Quod inde boni ominis non nihil ex píerialuns fade auspicarenser. . . Ut frequenti jam & advenir refertâei vitale, in conspediu a m pire multitndinis poíita;, cëlçbriores,nobilioresque haberentur nuptiíB.

Cf) L. I. c. 14. . . .

{h) In Faralipotn. ad c. 37. 1 . /, Antiquit. Romanar.

(i) L. 1. Saturnai.c. 15. Nuptiis çopujandis '{dit Macrcbe)Yii _•lendas, Nonas & Idu-s religioíás, id est evitandas censuerunt Hienim dies, praster, Nonas, feriati sent. Feriis aatem vim cuiquam fieri piaculare-est. Ideo tune viiantur nupti* in noil-,.,0vis Virginibus videtur. ss

(k) C. cit. Virgines publicis festis non dabantur nuotui • viduas.vero nubere ras. erat; • -, - - .. r 9

{«) Fol. 16.

W Cela veut dire,*», sHl fiait à Dieu ,tut!

(c) Au chap. 4.

'fés vous m venu du Mariage qui fe fé-<s vous vivre ìong-tems dans cet é-

(/) Ibid. Menie Assio (dit-il) quo fiemuria ut occiíì R étnìumbra placarder, anflituta sent, & dum Feraíia feu Parentaliaíìunt, ac diebus impuris Bc quibus ancyliá se templo Marti» non-dum condita sent, vel festis diebus & mense Junio, nïh pose j.dus, quemquam íiuptiis conulari rejseiose® erat. Quin etiam a-

nimadversum est postera .die à NonijP, Wibus, vel Kalendis, u-

Xorem sponsamve ducere Romanis no» Ifeerej sed eos dies velustristi ©mine infâmes & detestabiks censeri, quoniam hi dies- atrï

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