3 o 4 d h s s u p e r
fendu de se marier pendant le mois de Mai; ni auxfêtes nommées Lemuria, & Feralia , ou Parentalia ; niaux jours qu’on appelloit impurs; ni à ceux aufquelson n’avoit pas encore renfermé dans le temple de Marsles boucliers qui étoient tombés du ciel ; ni aux joursde fêtes; ni au mois de Juin, fi ce n’étoit après lesIdes; ni le lendemain des Nones des Ides, & des Ca-lendes, parce que ces jours étoient regardés commeinfâmes & détestables, & que par l’Ordonnance desPontifes ils avoient été mis au rang des jours noirs,ou malheureux, aufquels on ne pouvoit fans crime,ni mettre des troupes en campagne, ni donner batail-le , ni rien faire en public.
Ovide ( a ) témoigne qu’on estimoit que si on eûtfait des Mariages aux fêtes où l'on offroit des sacrifi-ces pour les morts, & qui arrivoient au mois de Fe-vrier, ils enflent été suivis de malheurs. Il dit enco-re (b) qu’on s’abstenoit de faire des noces aux fêtesdes Saliens : & que (c) le mois de Mai étoit censémalheureux pour cela.
Il croit au contraire qu’il fait sort bon se marier a-près les Ides de Juin; & c'est ainsi qu’il en parle (d)après avoir souhaité une longue vie à fa fille.
„ Enfin Abraham Roger rapporte (e) que les Bra-„ mines ne fe marient pas dans tous les tems de l’an-,, née, mais dàns les mois de Fevrier, Mai, Juin,,, Octobre, & au commencement de Novembre, fur„ des jours & heures qu'ils font fort précis à ob-„ server.
Les autres Payens étoient prévenus de semblablesfolies, & c’est en considération de ces folies que l’A-pôtre saint Paul écrivant aux Galates (f) , ,, fe plaint„ de ce qu’ils observoient les jours Sc les mois, les„ faisons & les années, & qu’il leur dit, qu’il ap-„ prébende qu’il n’ait travaillé en vain parmi eux”.C’est auflì fur ce principe que l'Eglise s’est si souventrécriée contre l’observance des jours au sujet du Ma-riage. Saint Augustin (g) fe mocque de ceux quichoifiífoient des jours particuliers pour fe marier, Scil friontre que c’est une extravagance infuportable &une folie singulière que d’en user ainsi. Le ConcileProvincial de Reims (L) , en 1583. ordonne aux Pas-teurs SC aux Prédicateurs d’enfeigner aux peuples , que
decreto Pontifïcum habentur: quibus legiones educere, aut aciescum hoste committere, vel quicquam publicae rei agere, religionon finit.
(<*) L. 2. fastor.
Fofiea pr.aeriti tumulis redduntur honores,
Frodigìisque venit, funeribusque modus.
Hum t amen h&c fiunt , vidua cejfate puelU,
Expeciet puros pinea t&da dìes,
Nec tibi, qu st cu pida matura videbere mutrï,
Comas vìrgineas hafla recurva comas .
Conde tuas hymen&e-faces , & ab ignihus atrisAufer , habent alias mafia fepulcra faces,
(b) Ibid.
Nubere fiqua voles, quamvis properabìtìs ambo,
Biffer , habent parva commoda magna morœ.
(c) L. f. fastor.
Nec vidust t&dìs eadem , nec virginis aptaTempora, qua nupfit nec diuturna fuit.
Hac quoque de causa, fi te proverbia tangunt,
Menfe malus Maio nubere vulgus ait.
(d) L. 6. fastor.
Han c ego cum vellem genero dare-, tempora taditApta requìrebam, quaque cavenda forent.
Tune mihi poft sacras monfiratur Junius ldusXJtilis (fr nuptis, utìlis ejfe viris.
Frimaque pars hujus thalamis aliéna reperta efi,
Nam mihi fie conjux fanBa Dialis ait.
(e) Théâtre de l’Idolatrie, 8tc. c. n.
(/) Oàt. 4 .
(g) L- J; àe Cìvit. c. 7. Jam jllud quis ferat ( dit-ìl) quòd in
eligendis diebus nova qusedam luis actibus fata moliuntur? . . .O stultitiam lingularemi eligitur diesut ducatur uxor. Credo pro-pterea, quia potelt m diem non bonum, niíì eligatur, incurri,8c féliciter. .
(h) Tit. de Matrimo. n. . Dies aliquos infortunatos, lèu in-faustos, Matrimonio este putare, non minimum íuperstitionisgenus este, populo lìgnificetur.
S T I T I O N s:
ce n’est pas une petite superstition de croire qu’il y âdes jours malheureux pour le Mariage. De Montluc ,Evêque de Valence & de Die, dans la Réformation(i) qu’il fit de ses deux Diocèses en 1558. enjointaux Curés de refuser la communion à ceux qui par u-ne coutume superstitieuse Sc magique, observent lesjours, les nuits, & les heures, dans les mariages &dans plusieurs autres choses, & de les avertir souventde s’abstenir de ces crimes.
Le Concile Provincial de Bourdeaux (k) en 162.q.leur ordonne auflì de déraciner de l’esprit des peuplesla folle & superstitieuse imagination où quelques-unsfont, de ne fe point vouloir marier au mois de Mai,comme si ce mois étoit de mauvais augure pour lafoi conjugale & pour la prospérité du mariage; & deleur enseigner souvent, qu’à la réserve des tems quel’Eglise veut qu’ils s’abstiennent de la célébration desnoces, il n’y en a aucun où ils ne puissent fe marierlégitimement Sc canoniquement.
Les Statuts Synodaux de Sens (/), „en i6;8. con-„ damnent les préférences ineptes de certains jours,„ ou certains mois, soit pour les Mariages, soit pour„ autres affaires, comme si les uns étoient heureux,,, & les autres malheureux. . . . Exhortant les Cu-„ rés à remontrer à leurs peuples, que ces supersti-„ tions ne sont autre chose que des restes du Paganif-„ me & des inventions du démon, par lesquelles il„ tâche de les tromper, & les détourner de l’obliga-„ tion où ils sont dans leurs adversités de recourir à„ Dieu.
Les Statuts & Ordonnances d’Evreux (m), ,,en„ 1664. condamnent auflì la préférence de certains,, jours pour les Mariages.
Les Statuts Synodaux d’Agen (n), „en 1673. dé-,, clarent que les superstitions sont des restes de Pa-,, ganifme & d’Idolâtrie, & des inventions du dé-„ mon, qui étant le singe de Dieu fe fait à fa mo-„ de une Religion & des adorateurs ; & ils mettent„ au rang de ces superstitions, les distinctions de„ mois, ou de jours heureux, ou malheureux pour„ le Mariage.
Les Ordonnances Synodales du Diocèse de Gre-noble (0), ,, en x 690. proscrivent l’obfervance des„ jours pour les Mariages en ces mots : Nous ordon-„ nons à nos Archiprêtres de s’informer diligemment,, dans leurs visites de tous les abus & superstitions,, qui fe pratiquent dans les Paroisses de leur canton,„ comme sont la distinction & préférence ridicule des„ mois, ou des jours heureux & malheureux, soit,, pour les Mariages, soit pour d’autres affaires, pour„ nous en rendre compte aux Synodes & dans le cours,, de nos visites. Les Curés auront soin de déraciner„ ces abus, en détrompant les peuples de ces vaines,, superstitions, qui font un reste du Paganisme, &,, une invention du démon, qui veut avoir des ado-
„ ra-
(,') C. %p. Superstitiolb & magico more dies, noctes, & ho-ras observant aîiqui. . . . In nuptiis, rébus inchoandis, impe-trandis consulendisque. . . . initia duamt , religione perperamabutentes. Nos autem, ne diutiùs perniciosum illud maleficiumconsisteret. . . . nominatim ravimus, tulimusque ne ad sacramcommunionem Parochi eos admittant, quamdiu superstitionibus8c divinationibus hisce, fraudisque diabolicíe inventis utentur.Statuimus etiam ut Parochi eorumve Vicarii siepiùs illos adrno-neant, ut ab illis flagitiofis & malis arpbus desciscant, neque post-hac temerè 8c irreligiosè verbum Domini usurpent, íèd memine-rint nos, nostraque in potestate Dei elfe, ejusque nutu fieri, ad-minislrari, atque moveri omnia.
(k) C. j. de Matrimo. n. y. Abolenda fane perveríà illa ac fu-perstitiosa quorumdam opinio, menfe scilicet Maio uxorem nonducendij quasi aliquid ex eo mali orninis emanans fideiìtati con-trahentium , ac prosperitati nuptiarum officere possit. Doceaturigitur populus 8c ab omnibus Parochi s scepe instruatur, ut super-stitiosis illis magis fidem haud quaquam adhibeat, fçd praeter eatempora, in quibus ex prsescripto Ecclelìre à celebratíone nuptia-rum abstiuetur „ nullum elfe quo ipsae jure 8c canonice çelebrariprohibeantur.
(/) Tit. des Coutu. aubsi, n. 6 .
(m) Tit. 8c n. eod.
(n) Tit. 39.
(o) Tit. i. art. 3- n. 14. 8c Tit. 6. sect, q, art. 9, n. Iv,