DES SUPER
ràteurs & une Religion à fa mode, & qui tâche detromper les simples & de les détourner par ses arti-fices, de l’obligation ou ils font de recourir à Dieudans leurs adversités & dans leurs besoins. En unmot ils leur représenteront que les Conciles traitents , ceux qui les pratiquent, comme des apostats quiont renoncé à leur Batême & à leur'foi, pour sesoumettre à l’empire de Satan.
„ Les Curés tâcheront de guérir !a superstition despeuples, qui observent des mois & des jours aus-quels ils font difficulté de se marier, leur faisant en-tendre que tous les jours font également à Dieu, &
& que c’est un artifice du démon, qui se sert de cesadreíses pour enchanter Tesprit des soibles.
Mais si l'Eglise condamne l'observance des jours &ides mois dans les Mariages, il ne faut pas s’imaginer
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Cette raison, en ce qui regarde particulièrement lesjours de jeunes j est clairement exprimée dans le Sy-node de Bezançon, (t) en 1573. qui défend auffi defaire des noces aux quatre-tems de Tannée, & aux Vi-giles des Fêtes des Saints que Ton est obligé de jeû-ner. Mais il est bon d’avertir ici en passant, qu’iln’est pas plus permis, quoique 1a plupart des peuplesne se Timaginent pas, de se marier le jour de saint Jo-seph, qui arrive pendant le Carême, que tout autrejour de Carême. Le Concile Provincial de Bourdeaux»(/) en 1624. so déclare positivement,
L’Eglise a eu une autre raison que celle.du jeune 8cde la fin du jeune, pour défendre la solemnité desMariages le Dimanche. Elle Ta fait en vue d’empê-cher que ces saints jours ne fussent profanés par lesdanses, les festins, les jeux, les divertissemens & les
.pour cela qu’elle tombe dans la même'superstition, réjouissances qui accompagnent souvent les noces, (g)£1 m,Vile réservé certains tems de Tannée où elle dé- afin que les fidèles ne fussent point détournés de l’as-lors qu eue reie v ^ a — j-:.- —- - - sistance aux Offices divins. Il ne parle que du Di-
manche, mais la défense qu’il fait dé célébrer des no-ces ces jours-là a été ensuite étendue aux Fêtes so-lemnelles & dé commandement, ainsi qu’il est clair par
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Fend de faire des noces. Elle est conduite par le saintEsprit; elle est, aux termes du saint Apôtre (a), laçolomne & la base de la vérité. Comment pourroit-ellêèn cela, non plus qu’en toute autre, occasion, rece-voir la moindre atteinte du côté de là superstition ? Etqui peut douter qu’il ne soit en son pouvoir de fixerles tems où elle veut que ses enfans célèbrent leursMariages, & ceux où elle ne veut pas q u'ils les célè-brentElle leur défend de les célébrer depuis le pre-mier Dimanche de l’Avent, jusqu’à la fête des Rois,& depuis le jour des Cendres, jufqu’au Dimanche dcQuasimodo inclusivement.
Elle s’en explique en termes précis dans divers Con-ciles tant anciens que nouveaux, & particulièrementdans celui de Trente, (b) & elle y fulmine anathème(c) contre ceux qui disent que la défense de se marierà certains tems de Tannée est une superstition tyranni-que & un reste du Paganisme. ,
Les Conciles Provinciaux, les Statuts Synodaux,'& les Rituels des Diocèses, qui ont été publiés de-puis le Concile de Trente, renouvellent la même dé-fense; avec cette différence néanmoins, qu’en quel-ques Eglises de Pologne, & en celle d’Wladistau en--tr’autres, il est défendu de faire des Mariages nonfeulement depuis le premier Dimanche de l’Avent juf-qu’après les Rois, 8c depuis le Mercredi des Cendresjufqu’après la Quasimodo , mais même depuis le Di-manche des Rogations, jufqu’au Dimanche de la Tri-nité inclusivement. C’est ce qu’on peut voir par leDecret du Synode d’Wladistau, (d) en i;68.
Ce n’est pas que T Eglise en faisant cette défense,ait intention de rendre nuls & illégitimes les Mariagesqui sc contracteraient dans ces tems-là. Elle veut seu-lement , que si on y en contracte quelques-uns par fapermission , ce soit fans cet appareil avec lequel onméne T épouse de fa maison à T Eglise, & de T Eglisedans la maison de l’époux, & qui s’appelle en LatinTradaclio , & qu’on s’abstienne des festins,des danses,& des réjouissances qui sc font ordinairement aux no-ces , parce que ces sortes de choses ne s’accordent pasbien avec les jours de l’Avent & du Careme,qui sontdes jours qu’elle a consacrés à la priere & à la péni-tence , 8c ausquels elle désiré que ses enfans se dispo-sent par les bonnes oeuvres, à célébrer dignement lamémoire des deux plus grandes fêtes de notre sainteReligion, savoir la Nativité de notre Sauveur & saRésurrection glorieuse.
(a) 1. Timoth. 3. if.
(b) SeíT. 24. de reformât. Matri. c. 10.
(c) Can 11. Si quis dixerit, prohibitionem solemnitatis Nup-tiarum certis anni temporibus íuperstitionem esse tyrannicam, abEthnicorum superstitione profectam, anathema iìt.
(J) Conflit, p. r. Tit. f. n. 31. PJacet autem probatam longouíu Diœcesis noflrse coníuetudinem rctineri, quâ cavetur, ut nonmodòà prima Dominica Adventus, usque ad festum Epiphanieinclusive, abstineatur à Matrimoniorum íòlemnitate, verùm etiamut extendatur ea prohibitio paulò latins, & à Dominica Roga-tionum ad festum sanctiffim® Trinitatis inclusive, nuise nuptseçelebrentur solemni ritu.
Tome II.
les paroles du Rituel d’Angers, (h) de i6i6. de ce-lui de Beauvais, de 1637. & de celui de Chartres,de 1640. La même défense se voit dans les StatutsSynodaux du Diocèse d’Agen; (i) „ Nous faisons„ défenses aux Curés & Vicaires de faire aucun Ma-„ riage és jours que k sainte Eglise le défend, ni les,, jours de jeunes, de Dimanches & Fêtes chomables,», pour éviter 1a profanation de ces saints jours, & les„ péchés qui se commettent par Tomiffion de 1 a sain-,» te MesseDans le Rituel de Bourges, (kj) de1666. „ Quoique hors l’Avent & le Carême on
„ puisse se marier à tel jour que Ton veut, néanmoins„ à cause des péchés que nous savons qui sc commet-,, tent, lorsque les Mariages se font les jours de Di-„ manches & Fêtes, & que beaucoup de personnes,, occupées pour le fait du Mariage, n'entendent point„ 1 a Messe ; ou font d'autres péchés qui ne sont pas„ moindres; que ces jours destinés au service de Dieu„ sont profanés par plusieurs débauches,& pourd’au-„ tres bonnes considérations, Nous défendons de re-„ cevoir â la bénédiction nuptiale aucunes personnes,„ de quelque qualité & condition qu’elles soient, les,, jours de Dimanches & Fêtes chômées, d’obliga-,, tion & de précepte ; ne le défendons pas és jours de„ Fêtes de dévotion”. Dans les Statuts Synodaux duDiocèse de Noyon (l ), ,, On ne séra aucun Maria-,, ge, ni solemnité, ou cérémonies en conséquence,„ sans notre permission, les jours de Dimanches &„ Fêtes, pour empêcher qu’ils ne soient profanés par„ les divertissemens indécens que la corruption du„ siecle rend presque toujours inséparables des noces”.Dans les Statuts Synodaux de Mr. de Bourlon Evê-que
(e) Tit. de Sponsalib. & Matri. stat. 1 r. In jejuniis quatuortemporum ídtt-il) & vigiliis Sanctorum in quibus jejunium est depraecepto, non fiunt nupti* : quia propter jejunia 8c communionnem sacram, etiam Matrimonio conjuncti (ut vacent orationibus)debent à maritali thoro abstinere, tanquam uxoies non habentes:multòque minus illa exempla dissolutíonis exhibere , qu* soientlaetitiae cauía in nuptíis.
(f) En ces termes: C. 7. de Matri. n. f. Fidelibus declaretur,diem festum sancti Josephs in íàcraQuadragesima semperobíèrva-tum, ejusdem esse rationis ac sunt caeteri Quadragesim* dies;ideoque nulli licere in eo Matrimonium celebrare, cùm prsescrtínîiis temporibus, fidèles orationibus instare, purgandis 8t curandisanimabus incumbere, Eccleiia mater procures.
(g) L. 2. c. 3. can. 18. Placita {dit le second Concile d’AtX’-la.Chapelle en 836.) diebus Dominicis, neque nuptias, pro ïeveren-tia tant* solemnitatis celebrari visum est.
(h) Tit. de Sacram. Matrimo. Quod olim Concilium Aauis-granense anno 8z6. sanxit, nuptias die Dominico celebrari nondebere, id, quantùm fieri poterit,servetur ; ne diei sanctitas choreis,Sc petulantium hominum licentiâ violetur, aut sideles ea occasio-ne à Missis Parochialibus, aut divinorum Officiorum frequenta-tione avocentur. Quod etiam curent Parochi in festissolemnibus,8c in diebus jejuniorum observais
(r) Tit. 36. n. u.
(k) Part. 1. c. io. du Sacrem. de Marias- p. 66r.
(/) Art. iér.
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