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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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TABLE DES CHAPITRES.

k moins qu cn quelques lietix la coutume ne fût contrai-re; auquel cas il n y auroit aucune Superfiition k lerecevoir. On le peut adminiflrer en tout tems, mais cefiroit être Superstitieux de vouloir le recevoir plutôt enun tems qu en lautre. 41

Chap. V. Des Superstitions qui regardent les céré-monies qui accompagnent la Confirmation.] Super-stition Judaïque des Grecs , qui après avoir fait desprières pendant sept jours fur les apostats qui se con-vertissent , les lavent le huitième jour, fi les oignentensuite du saint Chrême. Ne vouloir ni adminiflrer ,ni recevoir la Confirmation qu k jeun , c'est Supersti-tion , aujfi-bien que de prendre plus de deux Pareins fiplus de deux Mareines. C'est plutôt malice que Super-stition aux femmes , de vouloir être mareines de leursenfans k la Confirmation , afin davoir lieu de Je sépa-rer de leurs maris. Le 5. Concile de Chalons condamneces femmes k faire penitence. La cérémonie du fòufletque lEvêque donne n est pas fort ancienne, mais cefiroit etre Superstitieux de ne pas vouloir le donner oule recevoir ; de croire que la Confirmation ne feroitpas bonne fi on n y portoit un cierge, fi fi ce cierge né-toit d'une certaine façon, fi une certaine qualité; devouloir porter le bandeau plus ou moins de temsque l'Eglise ne íordonne; & de ne se laver la têteque sept jours après la Confirmation. Superstitions quipeuvent fi rencontrer dans le changement des noms dela Confirmation . 41

LIVRE TROISIEME.

D Es Superstitions qui regardent í Eucharistie, constde-rée comme Sacrement. 44

Chap. I. Des Superstitions qui regardent le pain, oula premiere partie de lEucharistie ] Erreurs & Su-perstitions des anciens hérétiques fur le pain de V Eucha-ristie. S'il doit être levé, ou fans levain. Les Grecsconsacrent avec du pain levé, les Latins avec du painfans levain. On ne doit pour cela imputer aucune er-reur , ni aucune Superfiition aux uns ni aux autres ,non plus qu'aux Moscovites , aux Nefloriens , auxCophtes, aux Maronites, ni aux Abyssins, qui con-sacrent aussi avec du pain leve. Ces derniers néanmoinsconsacrent avec du pain fans levain le jeudi saint. Lepeu de respect des Grecs pour les petites hosties qu ilsconsacrent ce jour-lk pour les malades. Leur Supersti-tion fur ces hosties avoit passé aux Vaudois. Défense auxGrecs daraser dhuile ces mêmes hosties, de les battre,& de les faire ficher au four une seconde fois. Depuisquelques siécles ils donnent lEucharistie trempée dans leSang de Jefus-Chrifi. La même chose se pratiquait au-trefois en beaucoup d Eglifis d Occident, lorsqu on donnoit la communion aux Fidelles fous les deux efpeces.Mais depuis qn on ne la leur a donnée que fous une es-pèce, cet usage a cesté. Aussi est-il véritablement Su-perstitieux fi condamné comme tel par les Conci-les, par les Papes, fi par les Ecrivains Ecclésiasti-ques. Raisons pour lesquelles il a ete introduit. 44Chap. II. Continuation du même sujet.] Commu-nier fous les deux espèces , ce n est point une Supersti-tion; mais cen est une , fi une hérésie même, de croi-re que la communion fias une finie efpece n a pas tantde vertu que celle qui fi fait fins les deux efpeces. Su-perstition des Indiens qui consacrent avec du pain sale,fi de ceux qui fans nécejstté veulent communier d.'unepartie de lhostie destinée pour le Prêtre. En quel cascela fi peut faire. Superstition d'un Marchand, qui nefi trouvant pas bien communié d'une partie diane sem-blable hostie, communia une seconde fois. Quand unmalade ne sauroit recevoir lEucharistie qu on lui aportée, on ne U doit point donner a une autre personnepour lui, quoique bien disposée. Superstition de ceuxqui ne veulent communier que d une grande hostie.Punition dm GentU-homm Jllemand pour ct sujet,

Superstition de S faux dévots fi des fausses dévotes, quiveulent qu'on leur donne plusieurs hosties en commu-niant. Deux raisins condamnent cette pratique. Cultesuperflu de s Grecs dans la préparation des hosties pourles malades. On ne sauroit fans Superstition , faire uncataplasme de l'Eucharistie pour guérir un aveugle;ni enterrer ce divin Sacrement avec les morts, quoiquel usage fût autrefois au contraire. Abus superstitieuxde s hosties non consacrées, en les montrant a des enfans,comme fi elles étoient consacrées ; en les donnant à desmalades, comme l'on fit k Maurice Evêque de Paris,au frere de deux Moines d'Heifierbach, k Hugues deS. ViElor, ce quil n est jamais permis de faire ; en lesdonnant a des Criminels que lon veut faire paster pourinnocens ; k des personnes qui ont la fièvre ou la jau-niffe ; xK» en les faisant servir a des maléfices fi k dessortilèges. ^8

Chap. III. Des Superstitions qui regardent le vin,ou la seconde partie de la matière de lEucharistie.]Ancienne Superstition de Marc, qui par le moyen dela masie faifeit paroître le vin qu il consacroit, commefi ç'eut été son propre sang. Cefi une hérésie fi- uneSuperstition, de consacrer du lait est ées grains de rai-sins , & de consacrer de leau au lieu de vin, commefaisoient les Ebionites fi les Aquaires. Les Arméniens,par une hérésie fi une Superstition contraire, ne consa-craient que du vin fans eau; efi pourquoi. Ce n est pointune superstition aux Grecs , ni aux Moscovites, de mê-ler de leau chaude, froide, ou tiède, dans le caliceavant que de consacrer; le Pape Innocent IV. laissantcela k la liberté des Grecs. Les Indiens, fi les Abyssinsconsacrent avec du jus de raisins trempés dans leau ;mais ils font fi Superstitieux, fi hérétiques en ce point.Superstition de ceux qui s'imaginent que le reste du viríqui a servi k la Messe guérit des fievres. S'il y a de laSuperstition k tremper une plume dans de 1encrel'on a mêlé du Sang de Jefus-Chrifi, pour rendre desAÉles plus authentiques, ainsi qu il s est pratiqué autre-fois en certaines rencontres. La conduite extraordinai-re des Saints, a légard de l'Eucharistie , nefi pastoujours imitable. 51

Chap. IV. Des Superstitions qui regardent la formede lEucharistie.] Divers sentiment des Grecs fi desLatins fur la forme de VEucharistie. Cette forme estfixée par les paroles du Fils de Dieu, instituant cetadorable Sacrement. Toutes les autres formes quichangent notablement le fins de ces paroles fint Super-stitieuses , ainfì que toutes celles ou lon ajoute, ou donton retranche quelque chose d'important. Celles-lk le fe-raient aufst lon fitpprimeroit soit enim, soit est ,fi l'on féroit quelque faute de langage, quoique laconsécration fût bonne, supposé que ces suppressions fices fautes de langage ne fussent pas estentielles. Si lesVaudois consacraient lEucharistie en disant sept foisPater noster, Lee. ou en proférant les paroles de Je-fus-Chrifl. 54

Chap. V. Des Superstitions qui regardent le sujetqui doit recevoir lEucharistie.] Superstition de ceuxqui communient les morts condamnée par divers Con-ciles, fi pourquoi. Mauvaises raisons de Balsamo npour justifier cette pratique k légard des Evêques.Exécrable Superstition des Sorciers fi des Malfaiteurs ,qui communient des crapeaux. Il n y a nulle supersti-tion k communier les enfans comme on faifiit dans lan-cienne Eglise. C'est cruauté fi irréligion, plutôt queSuperstition aux Cophtes de refufir lEucharistie auxmalades. Les Grecs la refufiient aussi autrefois auxfemmes qui étoient en travail d'enfant, fi k celles quiavoìent leurs incommodités ordinaires. Les Maronitesla refusent encore aujourd'hui k ces dernieres. Les Bul-gares ne permettoient pas k ceux quì faignoient de labouche ou du nés de sapprocher de la sainte Table. LesLivoniens en éloignoient les païfiins, parce qu'ils é-toient mal vêtus; fi la plupart des Curés des In-des Occidentales, les Néophytes, ou nouveaux con-vertis, 55

Chap.

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