TABLE DES CHAPITRES.
Chap. VI. Des Superstitions qui regardent les dis-positions avec lesquelles on doit recevoir l’Eucha-ristie.] On ne far le ici que des Suferflitions qui con-cernent les dispositions exterieures st corporelles. On fi-roit Superftitieux, fi l’on affeêloit de communier dansune autre pofiure que la coutume de son Eglise ne lepermets st fi l’on vouloit le faire filon ce qui fie prati-quait dans l’ancienne Eglise. 11 y a de la Superstitiona vouloir qu on ait les mains ferrées fur l'efiomqc encommuniant. Mais il n en paraît pas dans la cérémo-nie que font les Prêtres Grecs , en portant leur maina leur tête st en l’ejfuyant aujfirtôt âpres qu ils ontcommunié. Superstition de ceux qui ne veulent pas com-munier s’ils n ont dormi auparavant ; d’un Prêtre quiavoit coutume d’avaler une noix musquée confite , a-vant que de dire la Mejfe ; d’un frere lai qui beuvoitdes le matin un grand verre de vin tomes les fois qu ildevoit communier ; st d'un Prêtre, Docteur en DroitCanon , qui confeilloit de manger un morceau de painbéni avant que de communier. 57
Chap. VII. Des Superstitions qui regardent le temsauquel on doit recevoir l’Eucharistie.] On peutcoommunier en tout tems ; mais ce fieroit être Supersti-tieux que de vouloir le faire plutôt un jour que l’au-tre, Superstition de ceux qui communient plusieurs foisen un même jour. Exemple de cette conduite irrégulie-re tiré de Nider. Ne pas pouvoir travailler le jourqu on a communié , c’efi Superstition , ainfi que ne pasvouloir jeûner ce jour-là, fi c’efi un jour de .jeune.Superstitions des Abyjstns qui crojent que la Commu-nion rornpt le jeune , st pour cela que les Prêtres nedoivent dire la Mejfe en Carême qu un peu avant lesoleil couchant. Antre Superstition des mêmes Peuples ,de ne pas vouloir cracher le jour qu ils ont communié ,depuis le matin jusqu après le soleil couché. C’efi Su-perstition de ne point vouloir manger les jours de Com-munion, que les espèces sacramentelles ne filent consu-mées ; & de ne point vouloir marcher a terre les pìésnuds ces mêmes jours, la st les deux jours fiuivans.
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Chap. VIII. Des Superstitions qui regardent le lieuoù l’on doit recevoir l’Euchariste.J Superstition desAbyjstns , qui ne communient qui que ce fiit , pas mê-me leur Roi » leur Patriarche , ni les malades, hors desEglises. Combien P Eglise ancienne étoit éloignée de cet-te Superstition en permettant qui on prît la sainte Eu-charistie en tous lieux, par mer est par terre , dans lestems de persécution , dans les dangers (st dans les casde nécessité. ■ S. Thomas de Cantorberi portoit fur foiune hostie consacrée , afin de la prendre par tout ou ilfi fût trouvé en danger de mort. La Reine MarieSmart se communion elle-même en prison , par la per-mission de Pie T. H n est pas permis de communier furles tombeaux des morts qui font en pleine campagne,parce que oe firoit renouveller une Superstition payen-ne. 60
Chap. IX. Des Superstitions qui regardent les in-tentions âvec lesquelles on reçoit l’Eucharistie.jCommunier par hypocrisie , pour paroítre homme debien , pour sauver les apparences , c'est sacrilège (st Su-perstition tout ensemble. Sentìmens de S. Jean Chryfio-stome fur cette communion. L'intention de communierle jour de la fête de sainte Anne , parce qu'en commu-niant ce jour■ là on reçoit la propre chair de cette Sain-te, est Superstitieuse, ausfi-bien que P intention de com-munier pour recevoir , non Jésus- Christ, mais une chairformée du plus pur sang de la sainte Vìerge. Irrégu-larité (st Superstition de la communion pour les morts,en vue de soulager les âmes du Purgatoire. S, Thomasla condamne expressément. 11 y a quelques Révélationsqui semblent la justifier. Ce qu on doit croire de cessortes de Révélations. Les Communions qui fi font pourles vìvans ne font pas moins erronées que celles qui fiefont pour les morts, V- pourquoi. Communier avecquelqu’un à intention de l épouser , ou de s*en faire ai-mer , c’efi faire de l Eucharistie un maléfice amou-
reux. Exemples de cétte communion. Faire un préser-vatif du S. Sacrement contre la flerilité des mouchesà miel, ou contre les infeSles qui gâtent les légumes desjardins, c est être Superstitieux. Ce qu on doit jugerdes Communions qui fi font a intention de découvrir lespersonnes qui font accusées ou soupçonnées de crimes.Divers exemples de ces Communions, mais qui ne doi-vent pas faire de loi, l’Eglise s'étant déclarée contrecette forte d'épreuve. 61
Chap. X. Des Superstitions qui regardent les céré-monies de l’Eucharistie.] Prévention étrange des Pro- ,testans contre presque toutes les cérémonies qui concer-nent l'Eucharistie. Ils fi fimt particulièrement déchaînescontre les Processions (st l'Exposition de cet auguste Mys-tère ; mais c’ejl fans raison, puisque l’Eglise approuve(st autorise ces pratiques, lorsqu elles sè font par finordre (st filon fin esprit. II y auroit de la Superstitionà vouloir remettre sur pié les anciennes cérémonies quis'observaient autrefois au sujet de la Communion des Ei-delles, sains (st malades. Les spectacles profanes, ba-dins., (st ridicules, qu on représente en certains lieux,à l'occafion des Processions (st de P Exposition du S. Sa-crement , sont superstitieux, (st condamnés par diversConciles, (st. par divers Cérémoniaux. C’étoit une Su-perstition aux Grecs de ne pas vouloir que les Bulgaresapprochassent de í Eucharistie sans avoir une ceinture.Le Pape Nicolas I. la condamne. 66
Chap. XI. Des Superstitions qui regardent les effetsde l’Eucharistie.] Le propre éjfict de P Eucharistie estde nous unir à J. C. C’est une Superstition de s'ima-giner. 1. Que P Eucharistie consacrée par un simplePrêtre a moins de vertu que fi elle étoit confitcrée parun Evêque. 2. Que les Evêques ne la doivent recevoirque des autres Evêques, (st non des simples Prêtres. 3.Qu il est plus avantageux de la recevoir d’un Prêtreriche, savant, bien fait (st bien vêtu, que d’un au-tre. q. Qu’on s'en peut servir pour guérir des mala-des (st des blessés. 5. Qu on la peut employer pourfi faireaimer des personnes qui nous haïssent ; pour deviner;pour faire des sortilèges ; pour faire des maléfices quichassent d’autres maléfices. 6. Qu'on la peut jetter dansles champs (st dans les jardins, pour les rendre fertiles .7. Qu on la peut jetter dans une riviere pour arrêterP effet des faux miracles des hérétiques. 8. Qu’elle peuteffacer le péché originel. 9. Qu’étant prisé par unefemme grosse, elle peut sanélifier son enfant dans finventre. 10. Qu’on peut la jetter dans une fournaise ar-dente , (st la présenter à un mulet pour l’adorer, afin ■de confondre les hérétiques. 67
Chap. XII. Des Superstitions qui regardent le Mi-nistre de l’Eucharistie.] Autrefois les fidelles étoienteux-mêmes les dispensateurs de l’Eucharistie. Ce fint
maintenant les Prêtres qui la leur administrent. LesPrêtres fi communient eux-mêmes à P Autel, commeils ont toujours fait, filon une Tradition Apostolique.A Rome avant le neuvième siécle, les Acolythes por-taient tous les Dimanches après la Mejfe, P Eucharistieaux Curés de la ville dans des sachets. Anciennementles Diacres communiaient les fidelles, (st Us avoientP audace de vouloir communier les Prêtres ; mais celaleur fut défendu par le (. Concile de Nicée, (st d’au-tres Conciles leur défendirent même de communier lepeuple en présence des Prêtres. Ils pourraient pourtantle communier dans la nécejfité, ce que pour r oient faireaujfi les laïques fans Superstition. S’ils le faifioient horsce cas-là, ils tomberaient dans le culte superflu. Hor-rible impudence de certaines femmes des Gaules, quidistribuoient elles-mêmes la communion aux fidelles ; cequi leur fut défendu par un Concile de Paris , & cequelles ne pouvoient faire Jans fi rendre coupables duculte superflu. 69
Chap. XIII. Des Superstitions qui regardent l’usagede l’Eucharistie.] C’est Superstition , 1. de porterl'Eucharistie aux malades pour la leur faire adorer , oula leur montrer seulement , oíl ùw faire baifir,ils.ne.la saur oient recevoir, z. De faire jurer
les
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