%66 Le Triomïhi
L U D O X E.
Vous avez raison , en ce qu’on ne peut«’assûrer d’entendreles Philosophes,à moinsqu’on n’aiî une entière intelligence desmoindres choses , qu’ils ont écrites. LaConnoissance de la Saison propre à travail-ler au commencement de POeuvre, n’est:pas de petite conséquence. En voici laraison fondamentale. Comme le Sage en-treprend de faire par notre Art une chose,qui est au dessus des forces ordinaires de}a Nature , comme d’amolir une pierre ,
de faire végéter un Germe Métallique ;il se trouve indispensablement obligé d’en-trer par une profonde méditation dans leplus sécreî intérieur de la Nature , & deîe prévaloir des moyens fimples , mais ef-ficaces , qu’elle lui en fournit : Or vousne devez pas ignorer que la Nature , dèsîe commencement du Printemps, pour setenouveller , & mettre toutes les Semen-ces , qui font au sein de la Terre, dansJe mouvement qui est propre à la végéta-tion , imprégné tout l’Air qui environne laTerre , d’un Esprit mobile , & fermenta-fi f, qui tire son origine du Père de la Na-ture : C’est proprement un Nitre subtil ,qui fait la fécondité de la Terre , dont ilest P Ame, & que le Cosmopolite appellek Sel-pétre des Philosophes, C’est donc