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Tome premier.
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6 Fables

qui paroît y conduire plus promptement, sanjvouloir se donner la peine de sfinstruire suffisam-ment du vrai chemin par lequel on y arrive. Onmarche donc, on avance, on se croit au boutjmais comme on a marché en aveugle, on ytrouve un précipice, on y tombe. On croit alorscacher la honte de fa chute, en disant que ceprétendu but ffiest qffiune ombre qison ne peutembrasser ; on traite ses guides de perfides, onvient enfin à nier jusqu à la possibilité mêmedun effet, parce qison en ignore les causes. Quoi j'parce que les plus grands Naturalistes ont perduleurs veilles & leurs travaux à vouloir découvrirquels procédés la Nature employé pour former &organiser le fétus dans le sein de sa mere, pourfaire germer & croître une plante, pour formerles métaux dansla terre, auroit-on bonne grâces nier le fait? regarderoit-on comme sensé unhomme dont Tignorance seroit le fondement desa négative? on ne daigneroit même pas faire lesfrais de la moindre preuve pour hen convaincre.

Mais des gens sçavans, des Artistes éclairés &habiles ont étudié toute leur vie, & ont travailléfans cesse pour y parvenir, ils font morts à lapeine : quen conclure ? que la chose ff est pasréelle? non : Depuis environ Y an ç<jo. de la fon-dation de Rome , jusqua nos jours, les plus ha-biles gens avoient travaillé 4 imiter le fameuxmiroir ardent d'Archimede, avec lequel il brûlales vaisseaux des Romains dans le port de Syra-cuse ; on navoit pu réussir, on traitoit le faicdffiistoire inventée a plaisir, c^étoit une fable, &la fabrique même du miroir çtçit impossible. M.