Egyptiennes et Grecques. 29
w gistere n’est autre que le secret des secrets d u» Dieu très-haut, grand, sage & créateur de» tout ce qui existe ; & que lui-même a révélé» ce secret à ses saints Prophètes, dont il a placé» les aines dans son saint Paradis. «
Si ce secret est un don de Dieu, dira quelqu un ,il doit sans doute être mis dans la classe destalens que Dieu confie, & que l’on ne doit pasenfouir. Si les Philosophes font des gens fipieux, fi charitables , pourquoi voit-on fi peu debonnes oeuvres de leur part? Un seul NicolasElamel en France a bâti & dote des Eglises &des Hôpitaux. Ces monumens subsistent encoreaujourst hui au milieu & à la vue de tout Paris.S il y a d’autres Philosophes pourquoi ne suivent-ils pas un fi bon exemple ? pourquoi ne guerii-sent-ils pas les malades? pourquoi ne relevent-ils pas des familles d’honnêres gens que la misereaccable ? Je réponds à cela, qu on ne sçaìt pastout le bien qui se fait en secret. On ne doitPas l e faire en le publiant à son de trompe ; lamain gauche, selon le précepte de Jesus-Christnotre Sauveur, ne doit pas sçavoir le bien quela droite sait. On a même ignoré jusqu’aprèsla mort de Flamel qu’il étoit 1 auteur unique deces bonnes œuvres. Les figures hiéroglyphes qu ilfit placer dans les Charniers des Saints Innocens ,présentoient rien que de pieux & de consonnea la Religion. II vivoit lui-même dans 1 humi-lité, fans faste, 8c fans donner le moindresoupçon du secret dont il étoit poíseffeur, D ail-leurs il pouvoit avoir dans ce tems-là des facilitesfi ne 1 on n’a pas eues depuis Içng-tems pour faireces bonnes œuvres.