Egyptiennes et Grecques. 527
d'une maniéré ou d'autre à ce que Ton veut ex-primer aliégoriquement ? qui empêchera mêmede supposer l'expédition dans un lieu éloigné ScInconnu? & si i Auteur de la Fable veut qu'elle ,ne soit prise que pour une allégorie, il 11 e seraplus alors gêné par le vraisemblable; il pourradonner dans le merveilleux tant qrsil lui plaira.Il supposera s'il veut des lieux 6c des peuplesqui n'existerent jamais, 6c ne s'attachera qu'àplaire, en conservant cependant toujours uneallusion exacte dans les évenemens feints tantdans le caractère convenable aux acteurs, quedans la fuite des variations d’état & de couleursque subit sa matière dans les opérations.
Voilàrorigine des Fables;6c comme une fictionde cette espece peut être variée à l’infini par uneou plusieurs personnes de génie, les Fables se sontextrêmement multipliées. De là tant d'ouvragesallégoriques composés fur la théorie 8c la prati-que de l'Art Hermétique.' Le Cosmopolite sentoittien combien il est facile d’inventer sur une ma-tière auísi féconde , lorsqu'il dit (a) ; Vobis dicout fitis Jìmphces , & non nìmïum prudentes , donecarcanum invenerkis, quo habito necejjario aderitprudentia , tune vobis non deerit libros injìnitosscribendi facilitas. Le Lecteur excusera, s'il luiplaît, cette digression ; si elle est hors de fa place,elle n'est pas hors de propos.
Revenons à la fable des Hespérides, elle atous les caractères dont je viens de parler. Her-cule ayant vu & pris conseil de Nérée 6c de Prq-
(a) Prassat. ia vEnigma Philosop,