Egyptiennes et Grecques. <;$i
CHAPITRE V.Midas.
Q UOIQUE la fable de Midas ne renfermepas une feule circonstance, quon puisse avecíondement regarder comme historique, M. TAbbéBanicr prétend que tout en est vrai (a). ,, (fest» ainsi, dit ce Mythologue, que les Grecs se» plaisoient à travestir lnistoire en sables ingé-î> nieufes. Je dis shistoire., car çen est une vé-» ritable. « Les Auteurs de cette fiction ne pour-roient-ils pas dire de M. f Abbé Panier avec pì'usde raison : c’est ainsi que ce Sçavant travestit enhistoire ce qui ne fut jamais qu’un fruit de notreimagination ; car shistoire prétendue de Midas;est une fable pure. En effet tous les Acteurs de lapiece ne font-iîs pas imaginaires? Nous avonsdonné Cybele mere de Midas pour mere desDieux , & il plaît à ce Mythologue- d’en faireune Reine de Phrygie, fille de Dìndyme & deMe'on, Roi de Phrygie & de Lydie. Silène étoitpour nous le nourricier d u Dieu Bacchus quîif exista jamais, il le métamorphose en Philoso-phe aulfi célébré par fa science que par son yvro-gnerie. Je sçai bien que plusieurs anciens Auteurssont de son íènriipent, & qusils ne regardent cetteyvresse dont on a tant parlé, que comme uneyvressé mysterjeuíè, qui signifioit que Silène étoîc
(a) Mythol. T. IL p. 396.