64 Maniéré dî graver& si l’on avoit bien la pratique de l’échoppe, onpourroit facilement préparer entierement à Peauforte une planche , en la tournant plus ou moins,suivant la grosseur des traits qu’on voudroit faire.
On doit avoir beaucoup d’attention à conserverle vernis mol fur la planche , car il est fort facile 1froisser & à rayer pour peu qu’on le frotte ou qu’onle touche avec quelque chose de dur. II y a plu-sieurs façons de le conserver. On peut par exem-ple , avoir un espece de pupiltre sur lequel on posesa planche , attacher deux tasseaux sur les bords dnpupiltre des deux côtés de la planche , & mettreen travers plusieurs ais minces & étroits dont lesdeux bouts posent sur ces tasseaux, & sur lesquelson s’appuyé pour travailler. On peut couvrir decette maniéré toute fa planche , & ne découvrisque l’endroit où l’on veut graver, à mesure qu’ilen est besoin.
II y en a d’autres qui travaillent en dressant leurplanche fur une espece de chevalet, à la façon desPeintres. J’approuverois assez cette maniéré , maispeu de personnes pourroient s’y accoutumer. Pourmoi je mets fur ma table dressée en pupiltre unefeuille de papier propre, blanc ou gris,il réimporte;je pose ma planche dessus, puis j’ai un linge ou fa'viette fans ourlet, de toile ouvrée ou damassée, &qui ait déja bien servie , afin qu’elle soit plus mol'Jette , je la plie en trois ou quatre doubles , & jej J
{ lofe ainsi pliée bien uniment sur mon vernis ; ctinge sert à poser ma main en travaillant, commtles feuilles de papier pour le vernis dur : cette n»'niere est fort commode : on peut au lieu de linjS 5se servir d’une peau de mouton passée en huile, &mettre le côté le plus doux fur le vernis. Quand onquitte le travail on recouvre toute la Planche avec