1 60 Mànîere d’ÍMerimer
faut surtout prendre garde de mettre plutôt moinsd’huile que trop, c’est pourquoi en broyant il y enfaut mettre de teins en te ms afin de broyer le noirle plus sec que son pourra : puis Payant broyé engros avec ladite huile , vous le rangerez tout fur undes coins de votre marbre , ou fur quelque autrechose, & en prendrez de tems en tems quelque por-tion que vous broyerez petit à petit, car d’en tantbroyer à la fois Pon a de la peine de le rendre bienfin ; puis vous le mettrez aussi d’un autre côté, &lorsque tout sera ainsi bien broyé,il faudra l’étendresur le marbre , & comme en broyant y bien mêlerparmi la grosseur d’un petit œuf de poule on envi-ron d’huile forte ; puis le tout étant très-bien mê-lé & allié ensemble, vous le mettrez dans une écuel-le de terre plombée & le couvrirez d’un papier afinqu’iln’y aille point d’ordure : alors cette encre esttoute prête pour imprimer & en encrer la Planche.
II faut aussi être averti, que pour des planchesusées, ou qui ne font pas gravées profond, il fautqu’il n’y ait pas tant d’huile sorte dans le noir, & fatout à discrétion.
Surtout il faut que PImprimeur soit soigneuxd’imprimer de bon noir & de le bien broyer ; carienoir étant rude , ou le bon mal broyé , outre quel’impreffion n’en vaut rien , Cela use & perd toutesles planches ; & aulfi que ses huiles soient bienbrûlées & faites en sirop , d’autant qu’étant claires,le noir demeure dans les tailles des planches, & »n’y a que l’huile un peu noire qui marque fur le pa-pier , ce qui ne vaut rien pdur plusieurs raisons :au lieu que quand le noir est bien mêlé avec lesdi-tes bonnes huiles, il est si bien lié avec elles & ellesavec lui , qu’il faut de nécessité qu’ils demeurentensemble fur le papier.