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PRÉFACE.
gens parlent familièrement plusieurs lan-gues , mais dans lequel on les parle toutesincorrectement. Je fuis en outre accoutuméà penser dans la langue où j’écris; maiscette habitude , que je trouve d’un grandavantage général, a l’inconvénient parti-culier de donner une tournure étrangère àune phrase françoise, &c. On cherche dansfa tête l’expreffion la plus énergique pen-dant la chaleur de la composition, & oneít ensuite fâché de se voir obligé d’expri-mer ce qu’on vouloir dire , moins bien pourle sens, afin du moins de plaire à l’oreille.
On m’a blâmé d’avoir combattu deserreurs en physique , dont les écoliers sa-vent, de nos jours, démontrer la fausseté;mais je prie de considérer que j’écris pourle public; & que j’ignore entièrement quelrang & quel état borne ce public. On m’amême déjà insinué d’être trop concis,là-même où d’autres m’ont trouvé tropprolixe.
Des magistrats éclairés & bien inten-tionnés m’avoient proposé de faire un voyage
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