PUBLICATION INDUSTRIELLE. 13
doit avoir ; et on n’a plus qu’à le monter et à raccorder les angles, commeon le fait pour les pièces travaillées à la main.
En supposant que la vitesse de translation imprimée à la pièce ou à l’ou-til , suivant qu’on fait marcher l’un ou l’autre sur les machines à raboter,soit de 10 centimètres par seconde, ce qui a généralement lieu pour decertains marbres, on voit qu’une plate-bande de 2 m 50 de longueur peutêtre parcourue en 25 secondes; mais comme il faut, d’une part, que lacourse soit un peu plus grande que cette longueur, et d’un autre côté, quel’outil ne travaille que dans un sens, on peut compter, en ajoutant aussi lesinstants d’arrêts, sur 58 à 60 secondes, soit 1 minute entière. Or, lorsquel’outil fait une moulure, devant attaquer la pièce sur toute la largeur, ildoit prendre nécessairement très-peu de diamètre à la fois, mais aussi on lefait descendre, ou on lui donne de la pression, à chaque passe, jusqu’à cequ’il ait atteint toutes les parties et que la moulure soit terminée. Sicelle-ci, dans ses parties les plus creuses, doit avoir 20 millimètres de pro-fondeur par rapport à la partie la plus saillante, et si on admet que lapression , ou la quantité de matière enlevée par l’outil, à chaque passagene soit que de 1/4 à 1/5 de millimètre seulement, on voit qu’il faudra 80 à100 passages successifs, ou allées et retours, pour produire la moulure en-tière de la plate-bande, et comme on compte une minute à chaque passe,c’est donc 80 à 100 minutes, ou environ 1 heure et demie pour faire lapièce complète; par conséquent en 11 heures de travail, on produira aumoins 7 plates-bandes semblables, ou 17 m 50 de longueur totale. On peutdonc faire par jour au moins 14 socles de pendules ayant l m 25 de déve-loppement total pour les quatre côtés; tandis qu’un habile ouvrier n’enferait pas un seul, dans le même temps, pour peu que les moulures pré-sentassent quelque difficulté par leurs figures géométriques. C’est surtoutlorsque ces dernières sont compliquées, que l’avantage du travail de la ma-chine sur le travail à la main, est considérable. Aussi, pour les cheminéesriches, on exécute, avec rapidité, et avec une précision remarquable, destablettes, des corniches, des consoles, qui ne laissent rien à désirer auxarchitectes les plus exigeants, et qu’il serait de toute impossibilité d’obtenirpar le ciseau.
D’après les renseignements qui nous ont été communiqués par le con-tre-maître de l’établissement, M. Smyers, dont nous avons pu apprécierl’habileté, un homme connaissant bien sa machine, fait par jour 12 volutesou spirales, c’est-à-dire 12 faces entières de consoles de cheminées, à 1 cen-timètre de profondeur, moulurées tout autour; et suivant les expériencesqu’il a faites pour établir une comparaison exacte entre le travail à la ma-chine et le travail à la main, il a reconnu qu’un ouvrier, de force dépas-sant la moyenne, a mis 17 heures et demie pour faire un seul côté de cesconsoles.
Avec une grande machine, à plateau mobile, on peut faire jusqu’à30 mètres de longueur de moulures par jour, lorsqu’elles ne dépassent pas