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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
on chauffe alors, le liquide se dilate, et la partie échauffée, qui est aussi laplus légère, vient à la surface et se déverse par le tuyau sur le linge. Il ré-sulte de cette disposition qu’à mesure que la hauteur du liquide augmentedans le cuvier, une quantité semblable de lessive froide s’écoule par letuyau inférieur de celui-ci dans la chaudière, et comme les mômes phé-nomènes se reproduisent tant que l’opération a lieu, il en résulte qu’ils’établit un courant continu, et que le linge se trouve ainsi parfaitementlessivé.
Le blanchissage à la vapeur, dû, comme nous l’avons dit, au savantChaptal, fut employé dès l’origine au blanchiment du coton écru, puisenfin adopté pour le blanchissage du linge. Ce procédé, qui offre de grandsavantages sur l’ancien, eut à lutter contre la routine et le mauvais vouloirdes blanchisseurs; on alla même, dans quelques établissements, jusqu’àbriser les appareils perfectionnés pour revenir aux anciens procédés.
Nous laisserons parler M. Mérimée, chargé par la Société d’encoura-gement , de faire un rapport sur les procédés de blanchissage qui avaientété présentés par M. Cadet-de-Vaux.
« On essange le linge à la manière ordinaire, on le trempe ensuite dansune lessive légère de soude ou de potasse mêlée d’une petite quantitéde savon, et on l’arrange dans la cuve à vapeur.
« Cette cuve, qui est d’une proportion plus élevée que les cuves ordi-naires, mais qui pourrait être de même forme, est percée au fond parbeaucoup de trous ; elle pose sur la gorge d’une chaudière à moitié rem-plie , dans laquelle s’écoule l’excès de lessive dont le linge est imprégné.C’est une lessive qui fait l’aliment de la vapeur, et ce pourrait être de l’eaupure, puisque les alcalis fixes ne sont volatilisés qu’à une température biensupérieure à celle de l’eau bouillante. Comme il n’y a que peu de liquidedans la chaudière, il entre promptement en ébullition, et la vapeur n’ayantd’autre issue que les trous du fond du cuvier, qui est bien fermé par uncouvercle, elle circule dans la masse du linge, à l’aide de tuyaux convena-blement disposés, et le pénètre de toutes parts.
« La durée de ce bain de vapeur dépend de la quantité de linge et de sonétat de saleté ; on peut l’estimer à quatre ou cinq heures pour 50 kilo-grammes de linge ordinaire.
« Après que le linge est retiré du cuvier, on le lave dans de l’eau tiède, ets’il reste encore des taches, on emploie un peu de savon.
« Cette méthode a sur les lessives ordinaires des avantages incontes-tables ; elle exige moins de temps, moins de savon, moins d’alcali, moinsde bois, elle est d’une exécution plus facile, d’un succès plus constant; et,ce qui est un grand avantage, elle n’expose pas autant au risque de brûlerle linge en prolongeant l’opération au delà du temps nécessaire. »
Le blanchissage à la vapeur supprime l’inconvénient de se servir de les-sives sales, car le linge, simplement imprégné de lessive, acquiert graduel-lement la chaleur de l’eau bouillante par le seul effet de la vapeur d’eau