ÉTABLISSEMENT DES MOULINS A
ÉTAT DE MOUTURE, RENDEMENT, PRIX DE REVIENT.
COMPARAISON ENTRE LES MOULINS MUS PAR EAU ET LES MOULINSMUS PAR LA VAPEUR.
Comme il importe beaucoup de connaître, à l’époque actuelle, le rende-ment d’un moulin à l’anglaise bien monté, et, par suite, les avantages qu’ildoit procurer au meunier qui l’exploite, nous croyons qu’on ne verra passans quelque intérêt les notes suivantes que nous avons puisées à bonnesource et que nous pouvons, par conséquent, donner comme certaines.
Nous l’avons dit, la construction des moulins a fait de grands progrèsen France , soit sous le rapport du gros mécanisme proprement dit, soitsous le rapport des appareils accessoires de nettoyage et de blutage. Lafabrication s’est aussi notablement améliorée, soit en produisant plus defarine d’une quantité donnée de blé, soit surtout en produisant des qua-lités supérieures. Les perfectionnements successifs apportés dans les mo-teurs hydrauliques et dans les moteurs à vapeur, ont dû également coo-pérer à l’amélioration générale.
En 1829, époque à laquelle M. Benoît publia la traduction du Guide dumeunier d’Oliver Evans , cet ingénieur fit connaître les résultats obtenusdans les moulins à vapeur de Saint-Denis , qui furent des premiers de cegenre montés en France . La machine, construite par M. Edwards, à Chail-lot, sur le système à deux cylindres, de Woolf, faisait marcher six pairesde meules qui, ensemble, pouvaient moudre dix mille kilogrammes de blépar 24 heures, en consommant 1,650 kilogrammes de houille, ce qui cor-respond à un travail de 6 k 06 de blé par kilog. de charbon.
Aujourd’hui, il n’est pas rare de voir des machines à vapeur qui ne con-somment pas plus de 2 kilog. de charbon par heure et par force de cheval;par conséquent, on produit sensiblement plus de travail avec moins dedépense, car, en se basant sur ce chiffre de 2 kilog., on peut moudre 8 k -2de blé par kilog. de houille au lieu de 6 kilog. ; et nous touchons, à n’enpas douter, au terme très-prochain, où on pourra atteindre 10 kilog. ;