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qu’elle est devenue trop bourbeuse, et même on peut enlever seulement ledépôt et remplir d’eau nouvelle.
Cette méthode de nettoyage, qui est la plus sûre et la plus expéditive,est insuffisante quand on traite des matières plus ou moins altérées. Dansce cas on les nettoie une à une et à la main en raclant avec un couteautoutes les parties couvertes de terre ; on tranche même les radicules quirecèlent des pierrailles. Cette opération est réservée aux femmes : deuxouvrières peuvent préparer 4,000 à 4,500 racines par jour. Si la betteraveest grosse, l’ouvrière a soin de la fendre en deux ou plusieurs morceaux,afin de faciliter le travail de la râpe. Le déchet subi par cette opérationest de 6 à 7 p. 100 environ.
Dès que les betteraves sont nettoyées on peut en extraire le jus, et àcet effet, plusieurs procédés ont été mis en usage pour obtenir le meilleurrésultat. Malgré de savantes recherches et des travaux pratiques conscien-cieux, on paraît préférer, comme nous le disions en parlant des râpes mé-caniques (page 229, tome vi), l’ancien système qui consiste à réduire labetterave en pulpe fine et à exprimer le jus par une pression puissante,aux nouveaux qui, tous, ont pour but de séparer le jus par un lavage mé-thodique à chaud ou à froid, en opérant sur la betterave réduite en tranchesminces (1). Comme ces dernières méthodes pourront être très-utiles lors-qu’on sera parvenu à n’opérer que sur des betteraves desséchées, nousallons parler de celles qui ont eu le plus de retentissement.
En première ligne nous mentionnerons le procédé de M. Mathieu deDombasle , breveté pour quinze ans, en date du 19 mai 1831, sous le titrede : Procédés Æextraction du sucre de betterave.
L’invention est basée sur les faits suivants :
1° Si l’on met à macérer dans l’eau froide ou tiède des racines de bette-raves découpées en morceaux ou en tranches, l’eau ne se charge qued’une très-petite quantité de matière sucrée, quelque minces que soientles tranches ;
2° Si l’on a préalablement détruit le principe vital qui réside dans lesracines, soit par la dessiccation, soit par l’application d’un degré de chaleursuffisant, l’affinité s’exerce alors sans obstacle entre le liquide de la macé-ration et la matière sucrée contenue dans les racines, en sorte qu’il s’opèreun partage de la matière sucrée entre le liquide contenu dans les racineset celui dans lequel sont plongées les tranches. Ce partage se fait d’autantplus promptement que les morceaux ou les tranches sont plus minces, etil s’opère à froid, quoique avec moins de promptitude que par l’applica-tion de la chaleur.
D’après ce principe, si l’on découpe des betteraves en tranches de 8
(I) Ce procédé appelé macération , est ainsi défini par HL Dumas : « L’opération qui consiste ésoumettre la betterave à l’action méthodique d’un lavage semblable à celui employé pour épuiserles matériaux salpêtres , et à déterminer la rupture des cellules en élevant brusquement la tempé-rature de l’eau par une injection de vapeur. »