PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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le macérateur Champonnois. Ce dernier appareil, ainsi que ceux qui l’ontprécédé, est, suivant l’auteur même , entaché de l’inconvénient radical defonctionner à chaud. Il est, en effet, démontré que la chaleur transformele sucre cristallisable en sucre incristallisable ou mélasse, et, à cet égard,les expériences de laboratoire ont toujours été confirmées par la pratique :c’est principalement pendant la macération que cet effet destructeur seremarque, parce qu’alors le jus de la betterave n’est pas encore séparé desmatières étrangères qu’il renferme. Pour obvier à ces inconvénients , lesfabricants les plus éclairés se sont beaucoup occupés de la macération àl’eau froide, mais ils n’ont pu parvenir encore, que nous sachions, à riende bien satisfaisant.
M. Huart a été breveté en 1833 pour un procédé qui consiste dans la fil-tration pure et simple de l’eau froide à travers la pulpe, et ce procédé pré-senterait de grands avantages si cette filtration à froid était praticable engrand ; il paraît que l’expérience a prouvé le contraire. M. Beaudrimontavait essayé de forcer le passage de l’eau froide à travers la pulpe, dansun appareil analogue au filtre-presse de M. Réal ; il n’a pas réussi. M. Le-gavrian, de Beaugency , au lieu de comprimer l’eau à la partie supérieurede la pulpe , a imaginé de faire le vide par dessous ; il a obtenu les mêmesrésultats : l’eau froide a refusé de passer à travers la masse de pulpe, etl’inventeur s’est vu obligé d’extraire d’abord une partie du jus par le pres-surage pour pouvoir appliquer ensuite son système à la pulpe pressée et ladébarrasser ainsi du sucre échappé à la pression. M. Ducel, de Paris , asuivi une route inverse en macérant d’abord la pulpe à l’eau froide et lasoumettant ensuite à l’effet des presses pour en extraire le jus, qui setrouve ainsi mêlé de beaucoup d’eau. Tous ces procédés ont été à peuprès abandonnés et n’ont servi qu’à faire préjuger, dans un grand nombrede cas, la supériorité des produits de la macération froide sur la macéra-tion chaude , tant en qualité qu’en quantité.
MM. Martin et Champonnois ayant reconnu par de nombreuses expé-riences l’impossibilité d’obtenir manufacturièrement le passage de l’eaufroide à travers la pulpe à l’état de repos, ont eu recours à un autre prin-cipe que celui de la filtration simple : il consiste dans le battage ou agita-tion continue de la pulpe dans l’eau froide. L’appareil à l’aide duquel ils enont fait l’application , et pour lequel ils prirent brevet le 30 juin 1835, con-siste en un grand cylindre vertical en bois ou en métal, garni d'un doublefond métallique percé de petits trous d’arrosoir; au centre de ce cylindres’élève verticalement suivant l’axe un arbre métallique armé de distanceen distance de mouverons horizontaux légèrement inclinés ; ces mouve-rons ou agitateurs sont solidement fixés à l’arbre, qui tourne sur un pivotplacé à la base du cylindre, à l’aide d’un engrenage supérieur. Au bas ducylindre et immédiatement au-dessus du double fond à claire-voie vientdéboucher un large conduit plus élevé que le cylindre même, et par lequelon introduit la pulpe ; entre les deux fonds se trouve un orifice qui sert à