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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
l’écoulement du jus. Tout en haut du cylindre est un plan légèrement inclinésur lequel on fait monter la pulpe épuisée, quand elle a parcouru tout l’ap-pareil de bas en haut par l’effet seul de l’agitation.
La machine étant en pleine activité, on fait arriver par le conduit latéraldes charges successives de pulpe grossièrement râpée ; l’agitateur inférieurs’en empare à mesure qu’elle arrive et la répand sur le fond du cylindre ;mais bientôt, par l’effet du mouvement et par la forme des agitateurs, lapulpe prend une marche ascensionnelle très-lente, et sc trouve remplacéepar des charges nouvelles. En même temps, on fait couler à la surface ducylindre un courant d’eau froide continu ou intermittent, proportionnel àla quantité de pulpe qui entre par le bas ; cette eau, qui ne filtrerait pointdans la masse de pulpe à l’état de repos, se trouve mêlée intimement avecelle par le battage, et participe aux densités successives des couches qu’elletraverse (1).
Le lévigateur Pelletan, breveté le 5 août 1836, a été et est encore em-ployé dans plusieurs de nos usines. Il se compose d’une vis d’Archimède encuivre dont la cloison spirale est formée par une toile métallique et l’enve-loppe par une mince lame de cuivre rouge simplement appliquée autour decette spirale.
Cette vis est placée obliquement et sous des degrés d’inclinaison quel’on peut varier à volonté ; son extrémité inférieure tourne sur un pivot, etson extrémité supérieure est garnie d’une manivelle pour la mettre enmouvement. Aux trois quarts de la hauteur de cette vis se trouve placé untube recourbé , destiné à introduire des quantités d’eau constantes pour lelavage de la pulpe. Pour faire usage de cet appareil, on place sous sonextrémité inférieure un vase destiné à recevoir le jus ; sous le tuyau coudé,un vase plein d’eau entretenu à niveau constant; sous l’extrémité supé-rieure une gouttière destinée à recevoir la pulpe lavée.
Dans cet état, on tourne la vis avec une vitesse d’un tour par seconde;un enfant jette dans l’ouverture inférieure de la vis un kilogramme depulpe à chaque tour, et on règle le niveau du vase d’eau de manière à ceque le tuyau coudé enlève un litre d’eau à chacune de ses immersions.
La pulpe déposée dans la vis s’élève successivement à chaque tour le longde cette dernière, qui n’est jamais remplie que jusqu’à l’axe ; l’eau, au con-traire , descend à travers les différentes cloisons de la toile métallique detelle sorte que le liquide qui s’écoule en bas est du jus de betterave presquepur tandis que la pulpe qui sort par le haut de la vis, après douze tours,est tout à fait épuisée de matière sucrée et ne contient plus que de l’eau (2).
Le lévigateur Pelletan, dit M. Dumas, peut exploiter 15,000 kilogrammesde betteraves par jour. Il présente sur le système des presses une économiede main-d’œuvre et peut-être un rendement un peu plus grand; mais ces
(1) Brevets expirés, tome ivi, pag. 156 et suiv.
(2) ld., tome lxii, page 294.