PUBLICATION INDUSTRIELLE. 55
avantages sont contre-balancés par la dépense du combustible et le déchetsur la pulpe, qui est presque entièrement perdue.
Dans la môme année, et sous le titre de : Procédés d’extraction du jus debetterave par la macération à froid , M. Dequoy prenait le 16 août un brevetde dix ans. Ces procédés sont basés sur l’épuisement produit par des lavageset des mélanges intimes de la pulpe dans l’eau froide , dans des propor-tions réciproquement indéterminées jusqu’à ce que, d’une part et progres-sivement, l’eau soit arrivée à une densité à peu près équivalente au jusprimitif de la pulpe, et que, d’autre part, celle-ci ait éprouvé dans uneproportion décroissante un dépouillement qui en enlève toutes les partiessolubles et la ramène à une densité presque nulle ; ce qui permet d’obtenircontinuellement des solutions à une densité aréométrique presque égaleau jus obtenu par simple expression, et en même temps à ne rejeter lapulpe que dans un état d’épuisement tel qu’elle ne puisse plus communi-quer à l’eau de densité appréciable (1).
M. Payen parle aussi dans son Précis de chimie industrielle de deuxnouveaux procédés d’extraction du jus, l’un de M. Claës, l’autre de M. Tilloy, de Lille . Nous laisserons parler le savant chimiste :
« M. Claës est parvenu à extraire une plus forte proportion de jus, encombinant l’ancien procédé des presses avec le procédé de lévigation em-ployé par M. Boucher. Ce procédé mixte consiste à laver méthodiquementla pulpe, puis à utiliser l’excès d’eau qu’elle retient pour épuiser une autrequantité de pulpe déjà pressée directement.
« Dix rangées horizontales de vases renfermant de la pulpe sont super-posées suivant un plan vertical mobile, s’élevant sans cesse par le mouve-ment de deux chaînes sans fin tendues entre des poulies et reliées par destraverses ou tringles en fer. Les vases dont le fond est formé d’une toilemétallique sont ainsi disposés afin que le liquide filtré au travers de l’unedes rangées s’écoule dans la rangée inférieure. On comprend que le jus quisort de la dernière ou dixième rangée de vases puisse être, à un degréprès, aussi riche que le jus même, car on fait couler l’eau sur les premiersvases exclusivement, elle passe en descendant sur des pulpes de plus enplus riches, et se charge de plus en plus de matière sucrée. La pulpe desvases de la rangée supérieure, égouttée de l’eau qu’elle vient de recevoir,redescend sur les mômes chaînes sans fin, contre-balance le poids des vasesmontants, et, arrivée au bas, est mêlée à la pulpe qui sort des presses hy-drauliques, fournit de l’eau à cette pulpe, détermine par endosmose etexosmose les cellules à céder leur suc, et les deux pulpes, aussitôt expri-mées sous d’autres presses hydrauliques, donnent une nouvelle quantité dejus n’ayant qu’un degré de moins que le suc normal. Le mélange des deuxpulpes convient pour la nourriture des bestiaux, tandis que les pulpes deslévigateurs ordinaires étaient trop aqueuses pour recevoir cette destination.
« M. Tilloy, de Lille , emploie un autre moyen de lévigation. Aussitôt
(.') Brevets expirés, toine lui, page 274.