84
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
quée, puisqu’elle exige deux doubles treuils au lieu d’un, mais la facilitéde la manœuvre et la stabilité du mécanisme rendent des services tropréels pour que ces perfectionnements ne soient pas regardés comme très-importants dans le service des chemins de fer.
Il suffira d’ailleurs de comparer les deux appareils par leur descriptionpour reconnaître en quoi ils diffèrent. Aussi, avons-nous cru devoir donnerl’une et l’autre.
Treuil mobile de M. Arnoux. — Deux voies sont sous l’appareil :l’une ordinaire pavée, l’autre ayant des rails en fer; les voitures, atteléesde chevaux, sont amenées à la gare et placées sous l’appareil, en suivant lavoie ordinaire, puis on dételle; alors la partie de la voiture formant lacaisse contenant les voyageurs et chargée de ses bagages, est détachée dutrain qui l’a amenée, et est ensuite enlevée, au moyen du treuil qui la trans-porte, jusqu’au-dessus de la voie de fer où l’attend un wagon sans caisse.Puis elle est descendue sur ce wagon et fixée solidement par des clavettesà ressort; c’est alors que, devenue wagon complet, chargé de ses voya-geurs, elle peut immédiatement suivre la nouvelle voie sur laquelle elle estplacée.
Dans cet appareil, le treuil est placé sur une plate-forme en bois élevée,supportée par quatre poteaux montants, également en bois, qui reposentsur des dés en pierre. Les quatre longrines, ou charpentes horizontales,formant l’assemblage, reçoivent les deux rails du petit chemin de fer né-cessaire à la translation du chariot mobile. Les poteaux ou charpentes ver-ticales, sont reliés aux longrines au moyen de consoles en fonte, boulon-nées deux à deux.
Le treuil ou chariot proprement dit est monté par ses bâtis sur un châssisen bois supporté par quatre roues ; ces bâtis supportent le système des en-grenages. Les hommes placés sur le chariot mobile agissent sur les mani-velles dont l’arbre reçoit un premier pignon, qui donne le mouvement àune roue fixée avec un second pignon sur un arbre intermédiaire, com-mandant la grande roue de translation.
Aux extrémités de cet arbre, sont montées deux poulies en fontesur lesquelles s’enroulent des chaînes de Galle, portant des tiges de fermunies de clavettes ; c’est au moyen de ces tiges qui passent dans deséquerres, fixées au panneau de la diligence, qu’elle est maintenue suspen-due pendant le temps de translation de la voie pavée sur celle de fer.
Cette translation s’opère par une combinaison de mouvement faisantmouvoir un pignon horizontal, engagé dans les maillons d’une autre chaînede Galle tendue aux deux extrémités de la plate-forme. On comprend quele pignon est forcé de suivre la chaîne qui fait l’office de crémaillère, etcomme son axe tourne prisonnier dans un support boulonné au chariot,celui-ci est entraîné ainsi que la diligence qui y est suspendue.
La descente de la diligence sur le wagon de transport qui l’attend surla voie du chemin de fer, s’exécute ensuite à l’aide d’un frein à contre-poids,