124
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
cune perte de temps, aussi une telle machine peut suffire à la préparationde tous les bois de fusils qui doivent ensuite être taillés à la machine àfaçonner, laquelle n’a plus alors à travailler que les crosses
De cette manière, la fabrication des bois de fusil est ramenée à trois opé-rations mécaniques distinctes, savoir : 1° celle relative à la préparation dela partie destinée à recevoir le canon; 2° celle du façonnage des crosses;3° et celle de la gorge demi-circulaire et conique pour le canon.
On fait en outre la rainure r' (fig. 16), pratiquée sur le côté opposé à lagorge r, pour recevoir la baguette. On pratique cette rainure, en quelquessecondes , à l’aide d’une sorte de gouge H', dessinée fig. 17 et 18, et qui semonte lorsque le bois est façonné sur la machine de préparation (fig. 4et 5), en y plaçant alors le chariot convenable pour recevoir le bois retournéet le diriger sous l’outil, suivant une ligne qui se trouve exactement dansl’axe de la pièce.
Par cette combinaison il est facile de façonner avec les machines décritesplus de 140 bois de fusils en douze heures de travail, et seulement avecdeux hommes pour monter et démonter ces bois sur les machines, poursurveiller celles-ci et pour polir les surfaces travaillées. Un te] résultat quin’a jamais été obtenu jusqu’ici, est d’autant plus remarquable, qu’il estproduit d’une manière précise, car toutes les pièces sont parfaitement iden-tiques, ce qui est précieux surtout pour les armes de guerre.
On peut en outre avoir l’avantage, tout en employant les mêmes mo-dèles de fonte, de produire, si on le désire, des bois de dimensions diffé-rentes , plus petites par exemple que celles des modèles, ce qui est quel-quefois convenable pour les fusils de chasse.
RÉSULTATS DES MACHINES A FAÇONNER LES BOIS DE FUSILS,
ET AVANTAGES QU’ELLES PRÉSENTENT SUR LE SYSTÈME MANUEL ORDINAIRE.
Invité à assister à des expériences publiques qui ont été faites chezM. Decoster, sur ces machines à façonner les bois, nous avons été à mêmede constater avec exactitude le travail dont elles sont capables et de com-parer, par suite, la confection et le montage des bois de fusils, tels qu’ilsont été exécutés jusqu’ici à la main, avec une fabrique qui ferait usage desappareils de M. de Barros.
Nous croyons que nos lecteurs verront avec un grand intérêt les noteset les documents que nous avons rassemblés à cet égard et que nous don-nons ici pour compléter la description qui précède.
Les machines à faire la partie extérieure du bois qui reçoit le canon defusil, et à entailler, d’une part, la gorge conique, et de l’autre, la rainurepour la baguette , travaillent avec une rapidité telle qu’elles peuvent aisé-ment suffire pour desservir plusieurs appareils à façonner, quoique con-duites par un seul homme ; en effet, en moins de deux minutes et demie,l’ouvrier fixe le bois sur la première, rabote l’extérieur et démonte la pièce ;