PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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40 Comme un corps décolorant pour les couleurs préexistantes;
5° Comme un corps anticolorant, capable, au plus haut degré, de s’opposer à laformation des matières colorées ;
6° Comme un corps capable de neutraliser tous les acides nuisibles qui pour-raient exister ou naître dans les jus, en leur substituant un acide presque inerte,l’acide sulfureux.
Restait à savoir à quelles doses, sous quelles formes, le bisulfite de cliaux devaitêtre appliqué à la canne ou à la betterave ; quelles conditions nouvelles en résul-taient pour le travail en grand; quels inconvénients pouvaient compenser les avan-tages qu’ils semblaient promettre : c'est ce que je vais examiner ici, en me fondantsur mes expériences, sans exagération, mais aussi sans timidité, essayant de fairela part du présent et celle de l’avenir.
Pourquoi ne pas l’avouer? l’une des pensées qui m’ont plus particulièrementsoutenu et excité dans le cours de mes recherches, c’est l’espoir que, dans lesrégions équatoriales du moins, l’extraction du sucre pourrait être obtenue par leseul emploi de la chaleur du soleil. Qui empêcherait, en effet, qu’une fois renduinaltérable, le jus sucré de la canne fût abandonné à la cristallisation lente, à l’airlibre, comme le sel dans les marais salants?
Rien, j’ose le dire, et j’en appelle au témoignage de tous ceux qui ont suivi mesexpériences ; ils ont tous été de mon avis.
Cette opinion, ce désir, expliqueront pourquoi les expériences que je vais rap-porter ont reçu la direction que je leur ai donnée.
On sait qu’il existe en Murcie des sucreries fondées sur le travail de la canne àsucre. Elles ont résisté à toutes les vicissitudes que le commerce du sucre a subiesdepuis soixante’ans ; elles sont en pleine activité. C’est de là qu’une main amie, quin’a cessé de protéger ma carrière scientifique, m’a procuré quelques centaines delivres de cannes à sucre fraîches pour mes expériences.
Elles sont arrivées à Paris , en bon état, au laboratoire de la Sorbonne, où je lesai traitées. Soumises à l’examen des personnes qui, ayant habité les colonies, pou-vaient en porter un jugement certain, elles ont paru imparfaitement mûries. Beau-coup d’entre elles étaient piquées. Leur travail ne promettait pas de résultat biensatisfaisant. Toutefois le premier essai que j’en fis remplit de surprise les per-sonnes habituées à suivre le travail de la canne à sucre et exercées à en juger lesproduits.
Le vesou avait été extrait par râpage grossier, avec addition de bisulfite à larâpe. Il avait été déféqué par ébullition, puis filtré simplement à la chausse. Lesirop concentré, filtré une seconde fois, fut abandonné à la cristallisation lente.Celle-ci s’accomplit jusqu’à siccité presque parfaite. Une analyse faite par l’alcooln’aurait rien donné de mieux, quant à la nature du sucre et sa quantité. Celuique j’avais obtenu était plus incolore.
Dans ces circonstances, la totalité du sucre que le vesou contient prend la formesolide et cristallise. Les cristaux sont gros et fermes. Ils ne sont pas plus colorésque le sucre candi ordinaire, dont ils ont l’apparence. Ils ne renferment que destraces vraiment inappréciables de sucre interverti.
En tenant compte de la pureté presque absolue du vesou qui consiste véritable-ment en eau sucrée, une fois que la défécation est accomplie ; en tenant compte del’aptitude spéciale du sucre de la canne à se convertir en gros cristaux, aptitudeque le sucre de la betterave ne m’a pas offerte au même degré, je suis certain que le