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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
premier colon qui placera quelques hectolitres de sirop dans les conditions favo-rables à cette cristallisation lente, en retirera des cristaux dont le volume, l’aspect,la blancheur et la quantité suffiront pour lever tous les doutes et pour décider laquestion.
J’ai varié les proportions de bisulfite de chaux , les conditions de l’évaporation ;j’ai opéré séparément sur les cannes les plus mûres, sur les cannes les plus vertes,sur les cannes piquées; et de tous mes essais, il ne m’est resté que du sucre en cris-taux. Je ne saurais retrouver dans mes produits une cuillerée de mélasse vraimentincristallisable.
L’analyse du vesou et son travail par le bisulfite ont été d’accord pour la teneur etle rendement en sucre. Il faudrait, pour ne pas retirer du vesou tout le sucre qu’ilcontient, le faire exprès, je ne crains pas de le dire, tant l’opération est simple,tant ses résultats sont corrects.
Mais tout le monde sait que le vesou extrait de la canne écrasée n’est qu’unequantité assez faible, la moitié quelquefois , au plus les deux tiers de celui qu’onpourrait en retirer.
Il peut donc rester dans les bagasses un tiers au moins du sucre qui se trouvaitdans la canne à sucre.
Retirer ce sucre par lavage dans les pays chauds, il n’y faut pas songer : l’air, lesferments, le sucre, la chaleur, tout conspire pour établir une fermentation rapide etpour détruire tout le fruit d’une pareille tentative.
Avec de l’eau contenant un peu de bisulfite, non-seulement ce lavage est facile,mais rien ne presse, on peut le faire à l’aise, en quelques heures, en quelquesjours, si l’on veut. Un lavage systématique des bagasses en extraira donc tout lesucre jusqu’à la dernière parcelle.
Ainsi obtenus, les lavages sucrés, presque aussi riches que le vesou lui-même,traités de la même manière par la défécation à 100 degrés , la simple filtration , laconcentration à air libre jusqu’à consistance de sirop , puis la cristallisation lente,donneront des produits eu tout semblables aux produits fournis par le vesou.
J’ai suivi sur les bagasses de mes cannes cette méthode de travail avec une vivecuriosité, et j’en ai retrouvé, en gros cristaux bien déterminés, tout le sucre inal-téré et bien supérieur pour la teinte aux plus beaux sucres que les colonies nousenvoient.
Bien plus, et cela par des raisons que les chimistes ont déjà prévues, les écumesdes défécations, les filtres employés aux filtrations, m’ont rendu intact et cristalliséle sucre qu’ils avaient retenu, malgré plusieurs jours d’abandon à l’air, au contactdes matières les plus capables d’exciter la fermentation.
11 a suffi de laver les écumes, les poches, les filtres avec de l’eau chargée d’unpeu de bisulfite de chaux et d’évaporer celle-ci ; bien entendu que rien n’empêche-rait encore ici de procéder par un lavage systématique.
Ainsi le bisulfite de chaux avait rendu le sucre presque aussi inaltérable qu’un selminéral ; celui du vesou, celui des bagasses, celui des écumes, des poches et desfiltres, tout s’est retrouvé au même état, en gros grains d’un candi incolore ou légè-rement jaunâtre.
Tout s’effectue sans aucun soin, aucune étude; rien ne presse l’ouvrier quiaccomplit le travail : tant que le bisulfite existe dans le liquide en quantité appré-ciable , il prévient toute altération.
Je ne connais pas les colonies ; il ne m’appartient donc pas de décider si l’emploi