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Tome septième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

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d’un procédé pareil peut avoir ou non pour résultat d’y amener la division de lapropriété, en donnant au nègre qui les habite la possibilité de se livrer à l’extrac-tion domestique du sucre. Mais je ne crains pas de dire que mes essais prouventque cette transformation de la culture et de la propriété coloniales est possible.

Qu’on ne m’objecte pas, en effet, la nécessité des puissants moulins qui écrasentla canne. Un coupe-racine, une râpe suffisent; car rien n’empêche d’opérer parlavage. L’emploi du bisulfite s’opposant à toute fermentation , le lavage direct de lacanne découpée en rondelles ou grossièrement déchirée devient suffisant pourl’épuiser.

Quoi qu’il en soit, voici comment, après quelques essais préalables, j’ai fait letraitement des cannes dont je pouvais disposer :

1° Je brisais les cannes, au moyen d’une râpe à betterave, en arrosant avec unedissolution de bisullite de chaux la pulpe qui en résultait. Par la presse, je retiraisun vesou qui, porté à l’ébullition, filtré, était évaporé à feu nu jusqu’à la densité de1,3 environ, pour le sirop froid. Filtré de nouveau et abandonné à la cristallisationlente, ce sirop, en quelques jours, me donnait une masse de candi dont il eût étéimpossible d’extraire de la mélasse.

2° La bagasse ou la pulpe, comme on voudra la nommer, étant humectée avecde l’eau et soumise à une nouvelle pression, me fournissait un second vesou nonmoins riche , qui, traité comme le premier, donnait les mêmes résultats.

3° Au besoin, l’opération qui précède était répétée.

En tout, j’avais employé un pour cent du poids de la canne d’une dissolution debisulfite de chaux, marquant 10 degrés à l’aréomètre de Baumé. J’avais extrait lesucre en totalité. Je l’avais retrouvé sous forme solide, en totalité. Aies opérations,évidemment manufacturières de leur nature, constituaient par leurs résultats uneanalyse exacte de la canne à sucre

Que les chimistes habiles qui, comme M. Casaseca, à la Havane; M. Avequin,à laLouisiane; M. Eupuy, à la Guadeloupe , sont placés près des fabriques de sucrede cannes, veuillent bien répéter mes expériences plus en grand que je n’ai pu lefaire, et je suis certain que leur opinion sera bientôt formée. j

Voici maintenant l’objection à faire à mon procédé. Le sucre obtenu conserve ungoût sulfureux ; mais il le perd dans trois circonstances :

1° Écrasé et laissé pendant quelque temps à l’air, le sulfite se change en sulfateinsipide (l) ;

2° Exposé à l’action d’une atmosphère ammoniacale, le sucre perd sa saveur sul-fureuse et prend souvent un goût de vanille très-agréable, mais se colore parfoisun peu ;

3° Claircé de manière à perdre environ 10 p. 100 de sou poids, il donne pour pro-duit un sucre comparable aux sucres les plus purs et les plus blancs. La claircerégénère, par l’évaporation, des sucres semblables aux précédents.

Manufacturièrement, je conseillerais le troisième procédé.

Je ne dirai qu’un mot, pour le moment, d’une circonstance qu’on pourrait redou-ter. Les sulfates et les sulfites se réduisent au contact des matières organiques etproduisent des sulfures. La formation des sulfures, l’apparition du soufre libre, qui

(1) Et, comme le sucre cristallisé ne contient pas de bisulfite, qui n’existe pas sous forme solide,mais seulement un sulfite neutre, celui-ci ne peut donner que du sulfate neutre. Si les sucres possè-dent une réaction acide, ils la doivent au phosphate acide de chaux, formé par l’action de l’acidesulfureux sur le phosphate de chaux du jus ou de la pulpe.