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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
En supposant ces modifications opérées, les objections que l’on peut se croirefondé à faire à la machine dans l’état actuel, le trop grand écartement des essieuxextrêmes et son trop grand poids, disparaissent ; et il reste, en faveur de ces ma-chines, les dispositions suivantes qui doivent les faire préférer à tout autre système,pour machines à voyageurs pour des vitesses grandes ou petites :
1° Abaissement du corps de la chaudière de 0 m 400 ;
2° Stabilité des plus complètes, résultant de ce que les essieux chargés sontplacés aux extrémités de la machine, celui des roues motrices étant à l’arrière de laboîte à feu ;
3° Les fusées des essieux et le mécanisme entier de la machine se trouvent placésà l’extérieur, ce qui permet d’augmenter notablement toutes les surfaces de frotte-ment, qui sont, en outre, on ne peut plus accessibles aux soins du conducteur;
4° La fréquence du mouvement des pièces de ce mécanisme est diminuée, enraison de ce que le diamètre donné aux roues motrices est le plus grand qu’on aitadopté en France pour les locomotives à voyageurs ;
5“ Les bielles des roues motrices ont une longueur beaucoup plus grande quecelle que l’on peut obtenir dans les autres systèmes de locomotives ; il en résulteque la décomposition de force sur les glissières guidant la tige du piston, estbeaucoup amoindrie, ainsi que l’augmentation et la diminution d’adhérence quis’opère aux deux angles, maximum formé par la bielle avec l’horizontale, dans lesdeux positions de la manivelle.
Il existe encore dans cette machine quelques autres différences avec les autressystèmes, bonnes à signaler.
La boîte à fumée est dans le prolongement du corps cylindrique de la chaudière,ainsi que la partie de la boîte à feu extérieure qui est concentrique au corps de cettechaudière. De cet arrangement résulte la meilleure condition possible de résistancedans l’assemblage du corps cylindrique avec la boîte à feu. Le dôme de prise devapeur, qui existe dans les machines de Sharp et de Stephenson, est entièrementsupprimé. On sait que dans ces machines il est d’un poids énorme.
Dans la machine Crampton, la prise de vapeur a lieu à la partie supérieure ducorps cylindrique de la chaudière, au moyen d’une boîte à tiroir qui communiqueavec un tuyau longitudinal placé le plus près possible du sommet de cette chau-dière. Sur toute la longueurde ce tuyau, et en dessus, sont pratiquées des ouverturesvariables de largeur, en raison de la plus ou moins grande quantité de vapeur pro-duite aux différents points de la chaudière, autant qu’on a pu le déterminer ; decette manière il ne s’opère pas de succion de vapeur en un seul point ; elle estdégagée là où elle se forme. L’expérience a prouvé qu’avec cette disposition, lerégulateur étant peu ou entièrement ouvert, la machine ne crache pas ; le niveaude l’eau ne varie dans le tube indicateur que de quelques millimètres, tandis quedans les autres machines du Nord, il varie de 3 à 6 centimètres, ce qui démontreque, dans la machine Crampton, l’eau ne se trouve pas déplacée.
Le déplacement d’eau qui a lieu dans les autres machines se produit toujoursvers la prise de vapeur; il y a rétrécissement pour son passage. On est obligé deprendre la vapeur assez au-dessus du corps cylindrique de la chaudière pour l’ob-tenir le plus purgée d’eau possible ; de là, la nécessité du dôme qu’on évite par ladisposition que nous venons d’indiquer.
Le régulateur est, dans les machines ordinaires, inaccessible aux réparations ;dans celle-ci, au contraire, on est à l’aise pour le visiter et le démonter.