PUBLICATION INDUSTBIELLE.
321
pièces de la machine, sans aucun dérangement. Déjà, sur notre proposition,M. Gosme avait adopté pour son moulin d’Odessa des machines horizon-tales accouplées, avec condensateur et détente variable, qui ont été par-faitement construites par M. E. Bourdon, à Paris , en 1849, et qui avec unvolant très-faible, permettent, malgré la grande expansion, de produireune marche très-régulière.
Un grand progrès a été apporté depuis peu dans les machines à deuxcylindres; plusieurs ingénieurs, et l’un des premiers, M. Edwards, ontcompris qu’il pouvait être utile de varier la détente dans ces appareils,aussi bien que dans les machines à un seul cylindre, afin de proportionnerla puissance, et par suite la dépense de combustible, à la résistance à vain-cre, qui peut elle-môme être très-variable dans certains cas.
Alors, au lieu de faire admettre la vapeur à pleine pression, dans lepetit cylindre pendant toute la course de son piston, pour la faire passerensuite dans le grand cylindre, dont le volume est ordinairement 4 à 5fois plus grand, on interrompt l’introduction de la vapeur dans le premier,à la 1/2, au l/.i et même au 1/4 de la course, et plus ou moins à volonté,de sorte que la détente a déjà lieu, dans ce cylindre, et par suite la pres-sion de la vapeur admise est réduite de 1/2, des 2/3 ou des 3/4, en pas-sant au grand cylindre, d’où il résulte que le volume de la vapeur aprèsl’expansion, en allant au condenseur, est 8,10, 12 à 15 fois celui de la va-peur introduite à chaque coup de piston.
Cette combinaison a le double avantage d’économiser, d'une part, lecombustible, en profitant de l’action expansive de la vapeur à un plus hautdegré, et de permettre, de l’autre, de régler ou de modifier la force de lamachine selon les besoins, sans changer les dimensions des cylindres.
De telles dispositions sont applicables aux machines existantes; mais ilfaut alors que le tiroir de distribution du petit cylindre, si son mouvementest relié à celui du grand cylindre, soit accompagné d’un tiroir de détente,comme dans les machines à un seul cylindre.
MM. Farcot et E. Bourdon de Paris ont eu l’occasion, comme nousl’avons déjà dit, d’appliquer sur des appareils à haute pression, un systèmeà basse pression, permettant de profiter encore de la vapeur qui a produitson action sur le piston du premier, en l’envoyant agir sur le piston dusecond par sa propre expansion, au lieu de la perdre dans l’atmosphère.
C’est ainsi que des machines à haute pression de 15 à 20 chevaux mar-chant sans condensation, ont pu presque doubler leur puissance par l’ad-dition de grands cylindres avec condensateurs et pompes à air. Noussommes persuadé que, dans bien des cas, on pourra faire des applicationsanalogues, et augmenter ainsi la force motrice de certains établissementssans augmentation de dépense de combustible. Appelé dernièrement, surnotre proposition, à faire une telle application sur une machine à hautepression, chez M. Huot, honorable manufacturier de Troyes , nous avonsété à môme d’en apprécier les bons résultats.
VII.
21