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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
l’inventeur, en homme intelligent et observateur, construisit d’autres ap-pareils, qui indiquent aussi bien le degré du vide ou la pression extérieureque la pression intérieure: tels sont ses baromètres, qui sont devenus desinstruments fort curieux, d’une grande simplicité, et tout à fait portatifs.Il ne tarda pas, ensuite, à exécuter des régulateurs à gaz, des thermo-mètres entièrement en métal, puis des indicateurs propres à tracer lesdiagrammes qui montrent bien le travail du piston dans les cylindres àvapeur. Enfin il est même allé plus loin encore, en montant une petitemachine motrice capable de transmettre un certain effort, et fonctionnantà volonté par la vapeur, par l’air comprimé ou tout autre gaz.
Le principe sur lequel repose la construction de ces divers appareils con-siste, comme nous l’avons dit, dans la disposition d’un tube métalliquetordu ou contourné sur lui-même et dans lequel on fait préalablement levide lorsque c’est un baromètre, ou bien on envoie de la vapeur, de l’airou un gaz quelconque, lorsque c’est un manomètre ou un autre instru-ment analogue. La section du tube peut être à volonté circulaire, ellip-tique, ou rectangulaire, concave ou convexe, unie ou ondulée, ou bienencore lenticulaire. Les fig. 1, 2, 3 et 4, peuvent donner une idée suffi-sante des principales formes de tubes employés par M. Bourdon. Ces tubessont généralement en cuivre embouti, suivant le procédé de M. Palmer,puis travaillé chez le constructeur. Ils sont cintrés ou courbés de plusieursmanières en cercle, en spirale, en hélice ou en serpentin, comme on leverra successivement dans les différentes figures du dessin (pl. 29).
Manomètre pour les chaudières fixes. — Les fig. 5, 6 et 7 repré-sentent la disposition imaginée par M. Bourdon, pour la construction desmanomètres métalliques adaptés sur les générateurs des machines fixes.On voit que cet instrument se compose d’un tube A, d’une section analo-gue à celle indiquée fig. 1. Ce tube, ouvert à l’une de ses extrémités a,communique avec le générateur par le tuyau B, qui est muni du robinet C;il est maintenu fixe à cette extrémité sur le fond inférieur de la boite defonte D, par le petit support b. Après avoir fait un tour et demi environsur lui-même, ce tube est entièrement fermé à son autre extrémité c, etporte l’aiguille indicatrice d, qui, en marchant à droite ou à gauche,montre sur un cadran gradué E, les différents degrés de pression de la va-peur dans la chaudière.
Ainsi, l’une des extrémités du tube étant fixe, et l’autre étant entière,ment libre, si l’on y fait venir à une certaine pression un courant d’eau,d’air ou de vapeur, comme ce courant ne trouve pas d’issue, la pressionforce le tube à s’ouvrir et par suite l’aiguille indicatrice à marcher. Cephénomène s’explique naturellement par ce fait, que le métal ne s’allongepas, et que le côté extérieur de la partie recourbée, n’étant pas plus longque le côté intérieur, il faut qu’il y ait nécessairement déformation, c’est-à-dire changement de courbure , quand une pression quelconque agit surlui. Cet effet a lieu, quelles que soient d’ailleurs la section et la courbure