Band 
Tome septième.
JPEG-Download
 

PUBLICATION INDUSTIUELEE.

493

on vient de le faire pour un service de Caen au Hâvre ), quand nous avonschez nous les constructeurs les plus recommandables et les plus expéri-mentés, qui ont fait leurs preuves, et dont, après tout, les prix ne sontpas plus élevés ? Il est vrai, et nous l’ajoutons avec plaisir, une autre com-pagnie rivale, sans doute mieux renseignée, et aussi d’un esprit plus natio-nal, fait exécuter des navires analogues pour le même service, par unemaison de construction française.

L’amour-propre national, en Angleterre, fait la force même de ce paysd’ailleurs si remarquable. Chez nous, il n’en est pas de même. On vantebeaucoup les établissements de nos voisins, leurs moyens d’exécution , eton ne sait souvent pas toute l’intelligence, toutes les ressources qui existentdans nos propres usines.

Nous surprendrions bien du monde, certainement, si nous disions,par exemple, que dans tel atelier français , on exécute mieux, plus vite età meilleur marché, un arbre en fer de 8 à 10,000 kil., que dans les forgesles plus considérables de la Grande-Bretagne ; et cependant nous le dé-montrerons bientôt.

Bien des personnes seraient également étonnées d’apprendre qu’ilexiste, à l’heure qu’il est, dans des établissements anglais , comme mo-dèles (nous ne dirons pas des bronzes et autres objets d’art, cela est très-général, ), mais des bandages de roues sans soudures , des métiers à tricotcirculaires, etc., et qu’on n’avoue pas que ces produits sont de produc-tion française.

Nous nous rappellerons toujours cette flegmatique réponse, qui fut faitepar un fabricant de sucre anglais à l’un de nos bons amis, ancien dessina-teur d’une de nos meilleures maisons de construction d’appareils à sucre.Cet ami lui demandait à visiter son établissement, ne pensant pas qu’ilferait la moindre difficulté, puisque toutes les machines, tous les appareils,et même les ustensiles avaient été fournis par sa maison, et que c’était lui-même qui en avait fait tous les plans; mais ce fabricant lui dit en lui mon-trant un pain de sucre qu’il avait mis sous verre dans son bureau : « On nesait pas fabriquer du sucre comme cela en France ! » Et il l’éconduisit po-liment, sans même lui montrer l’entrée de sa fabrique.

Les matières premières, comme la houille le fer, et d’autres métaux,sont extrêmement répandues dans la Grande-Bretagne, et par suite d’unprix peu élevé; les voies de communication sont aussi très-multipliées, eten outre les capitaux sont dix fois plus nombreux que dans tout autre pays.On comprend qu’avec de telles conditions, les constructeurs anglais puis-sent livrer leurs machines à des prix inférieurs. Néanmoins, lorsque lesmachines sont d’un faible poids, comparativement à la main-d’œuvre, lesprix sont moins élevés en France .