PUBLICATION INDUSTIUELLE.
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de Lille et de Strasbourg produisent des tabacs à priser et à fumer, dits tabacs decantine , d’un prix inférieur, afin de diminuer l’introduction frauduleuse des tabacsétrangers. À Paris seulement on fabrique du tabac à priser supérieur du prix de 11 fr.
La fabrication du tabac a pour but l’obtention de deux produits principaux : lapoudre ou tabac à priser, le scaferlati (1) ou tabac à fumer. Les cigares ne for-ment qu’une annexe de ce dernier genre ; les carottes sont destinées à tenir lieu desdeux produits, les rôles ou tabac à mâcher, sont destinés à satisfaire un goût singu-lier qui ne tend point à se généraliser, et enfin les tabacs de cantine, de qualitéinférieure.
Nous allons expliquer comment s’obtiennent ces divers produits, en commençantpar les procédés de fabrication qui altèrent le moins la naiure des feuilles ; aupara-vant nous décrirons les opérations préliminaires auxquelles sont soumises les feuilles,quelle que soit d’ailleurs leur destination : l’ouverture des boucauts , Vécabochage,l’époulardage , la mouillade , 1 ’êcotage.
1° Ouverture des Eoucauts. Les feuilles de tabac arrivent dans les manufacturesrenfermées dans des boucauts, des nattes ou des ballots de grosse toile. Le premiersoin de l’inspecteur de la fabrication est de faire prendre le poids brut des boucauts,d’en faire briser l’enveloppe et d’en peser la tare, afin de prendre seulement encharge le poids réel. Chaque boucaut est alors séparé en plusieurs fragments cylin-driques qui, d’après leur état, sont expédiés à l’atelier d’époulardage, les plus beauxpour le tabac à fumer, les autres pour le tabac à priser.
Écabochage. C’est une opération qui ne se pratique que pour certaines es-pèces de feuilles, comme celles de Hollande , qui ont été réunies par les planteurs enmanoques ayant des têtes ou caboches formées uniquement de grosses côtes. Oncoupe les caboches avec un couteau à bras, mobile à l’extrémité d’une table, autourd’un point d’attache; les feuilles séparées sont placées dans des mannes et portées àl’époulardage,
3° l’époulardage consiste à délier les manoques, à les secouer de manière à fairetomber le sable et la poussière qui souillent les feuilles , à détacher celles-ci les unesdes autres, à les trier, à les placer dans différentes mannes dont est entouré l’ouvrier,suivant qu’il juge qu’elles sont propres à telle ou telle destination, par exemple, àservir dérobés pour les cigares, à entrer dans la confection des rôles, ou bien seule-ment, à cause de leur mauvais état de fermentation, à être réduites en poudre.
C’est une des opérations les plus essentielles de la fabrication , et une des pluspénibles pour l’ouvrier, à cause de la poussière continuelle dont il est entouré.
Le maître-ouvrier reçoit les mannes des mains des ouvriers , examine si les feuillesont été bien classées, constate le poids des mannes afin de régler les salaires d’aprèsla tâche accomplie, et enfin place les tabacs dans diverses cases, suivant leur desti-nation.
4° Mouillade. La mouillade consiste à arroser les feuilles avec une dissolutionde sel ordinaire ( chlorure de sodium j : elle a pour but de les disposer aux opérationssubséquentes en leur rendant la souplesse enlevée par la dessiccation sur le terrain,et les mettant ainsi en état de résister à la manutention sans se briser. La présencedu sel dans le tabac a pour but d’empêcher la fermentation de devenir putride et d’en
(1) A une époque déjà reculée on livrait le tabac à fumer en feuilles à la consommation, chaquefumeur élait alors dans l’obligation de couper ces feuilles avant de les employer; un marchand detabac, du nom de Scaferlati, eut l’idée de vendre ces feuilles toutes découpées à l’avance, et pluslard les manufactures ont naturellement cherché à faire celte opération mécaniquement. Arm.)