PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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de de Parcieu ont été remplacées par des machines bien supérieures mues par la va-peur ou des cours d’eau. Les feuilles de tabac sont entassées par un ouvrier, dans unecoulisse où elles sont entraînées par une toile sans Un, recevant un mouvement discon-tinu, de même sens, calculé de telle sorte que la masse des feuilles avance jus'e de laquantité convenable, pour qu’un couteau animé d’un mouvement de va-et-vient etguidé dans des coulisses, tranche constamment en descendant la même épaisseur defeuilles. Le couteau remonte sans produire d’effet ; en ce moment, la toile sans fin afait avancer le tas de feuilles qui sont coupées de nouveau en minces filaments par ladescente du couteau. Il est évident qu’on aurait pu s’arranger de manière à avoir descouteaux à deux tranchants, hachant en montant et en descendant.
2° Torréfaction. Il est important, pour que la fumée du tabac conserve l’aromeaimé des consommateurs, que le scaferlati fermente le moins possible. Or, on saitque la meilleure manière de tuer les ferments est de coaguler la matière fermen-tescible par une chaleur d’au moins 60°. C’est ce qui a conduit à soumettre le tabachaché à la torréfaction qui ne se fait pas d’une manière identique dans toutes les ma-nufactures. Tantôt on fait séjourner durant quelques minutes le tabac sur des tuyauxjuxta-posés et formant de longues tables , dans lesquels passe la vapeur produite parune chaudière à une pression de quatre à cinq atmosphères. Tantôt on se contentede projeter rapidement le tabac sur des plaques de tôle chauffées à une températurevoisine du rouge Dans l’un et dans l’autre cas, le tabac dégage un principe âcre etpiquant qui fait pleurer les yeux. Quand la torréfaction a été bien conduite, le tabacne peut plus fermenter que fort difficilement et dans le cas seulement où il séjournequelque temps en tas considérables. C’est malheureusement le cas habituel dans lesmanufactures françaises à cause de leur petit nombre et de l’énorme quantité deproduits qu’elles doivent fournir.
3° Séchage. Au sortir de la torréfaction , le scaferlati est porté dans des séchoirsentretenus, quand il en est besoin , par des courants d’air chaud à une températurede 16 à 20°. Il est posé sur des claies serrées où on le retourne souvent jusqu’à cequ’il soit sec. Alors on le livre à des ouvrières qui l’étendent sur des tables à claires-voies où elles le purgent des morceaux de côtes trop gros et autres matières étran-gères qui, si elles s’y trouvaient, feraient crier le consommateur. Elles font aussitomber les filaments réduits en poussière et provenant d’une torréfaction trop vive,car le fumeur ne voudrait point le mettre dans sa pipe.
4° Empaquetage. L’atelier de l’empaquetage est celui où les ouvriers sont forcésde développer la plus grande activité; enfants et hommes y sont continuellementagités de mouvements rapides qui produisent sur le spectateur le plus singulier effet.Nous allons essayer d’en donner une idée.
Le tabac est apporté dans des mannes et déposé sur une claie d’osier à hauteurd’appui ; à côté se trouve une balance où un ouvrier pèse le tabac d’une manièrecontinue (on fait ensemble tous les paquets de même poids, soit de 1,000 ou de500 grammes pour le scaferlati ordinaire ; de 500,250 on 125 grammes pour le sca-ferlati étranger). Le peseur fait tomber le tabac dans des vases en fer-blanc ouvertsen dessus et sur l’une des faces latérales ; un enfant qui sert à la fois quatre empa-queteurs , prend ces vases et les jette sur la table autour de laquelle sont rangés cesderniers. Chacun de ceux-ci prend le papier d’enveloppe, le place sur un mandrind’un volume égal à la capacité intérieure que doit avoir le paquet, en repliant à l’unede ses extrémités le papier, comme on a l’habitude de le faire ; il jette alors le man-drin, entouré de papier, dans un trou pratiqué dans un bloc placé à côté de la table ;