PUBLICATION 1NUUSTIUELLE.
o3
Les locomotives à marchandises que M. Polonceau a fait exécuterdepuis deux ans dans ses propres ateliers, avec le concours de M. Caillet,sont véritablement très-remarquables sous le rapport de la bonne exécu-tion , comme sous le rapport de l'heureux agencement des organes et desperfectionnements qui y sont appliqués. Nous avons bien regretté de nepas voir une telle machine à l’Exposition universelle de Londres , où elleaurait certainement figuré en première ligne avec celle de MM. Cail et O.Elles peuvent, par le diamètre de leurs roues, s’appliquer aussi au servicedes voyageurs.
Tout en évitant les inconvénients reprochés, en général, aux locomotivesà cylindres extérieurs, le système de M. Polonceau a le mérite d’en avoirles avantages par le rapprochement intérieur des cylindres, par le place-ment des boîtes et tiroirs de distribution en dehors, et par la dispositionmême du mécanisme principal qui se trouve compris entre les roues et lechâssis extérieur, et par suite à la portée du mécanicien.
L’essieu coudé, dont une partie est complètement solidaire avec lemoyeu des roues motrices, ne craint pas les ruptures, les accidents,comme dans ies anciennes machines, parce qu’il est plus solidement re-tenu, porté en quatre points différents, et qu’il est d’une dimension sensi-blement plus forte. On sait d’ailleurs que ces sortes de pièces sont actuel-lement beaucoup mieux forgées, plus saines et plus résistantes, à égalitéde diamètre, que celles exécutées en origine.
M. Polonceau , reconnaissant par expérience que les robinets coniques,tels qu’on les avait appliqués jusqu’alors sur toutes les locomotives, occa-sionnent souvent des fuites et sonl presque constamment en réparations,a cherché à les remplacer par des soupapes à tiges filetées qui ont l’avan-tage d’être plus durables et de ne pas avoir les mêmes inconvénients.
On lui doit aussi une disposition très-heureuse pour l’agencement destuyaux qui mettent la locomotive en communication avec son tender. Afind’éviter l’emploi des raccords mobiles à rotule et à fourreau, lesquelsfuient presque toujours et sont très-dispendieux d’exécution, il a eu l’idéede disposer les tubes en serpentin, de telle sorte que, quoiqu’il n’y aitaucune articulation, ils présentent toute la flexibilité désirable dans tousles sens.
11 est aussi parvenu à simplifier la construction de la chaudière, en sup-primant cette forêt de tringles ou de tirants en fer qui reliaient les deuxfonds, c’est-à-dire la boîte à feu et la boîte à fumée, et en appliquant descornières qui ont le mérite de rendre ces parois très-solides, et d’êtrebeaucoup moins embarrassantes.
Enfin ces machines sont dans de très-bonnes conditions pour la stabilitépropre, pour la puissance de vaporisation et l’économie de vapeur.
Nous espérons pouvoir être à même de donner bientôt les résultats desexpériences dont M. Polonceau s’occupe avec activité, au sujet des nou-veaux appareils de M. Corbin, qu’il a fait établir pour éviter l’entraînement