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Tome huitième.
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TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE. 127

mouvement régulier et saccadé, analogue à celui de laiguille à secondesdune pendule, seulement il serait bien plus rapide. Il faut donc ajouterquelque chose au mécanisme dont nous venons de parler, il faut arrêterpendant de petits intervalles. Pour obtenir ce résultat, M. Siemens adaptecirculairement autour de son cadran autant de touches quil porte designes, et sur chaque touche est répété en caractère très-apparent le signeauquel elle correspond. En posant le doigt sur une touche on abaisse unepetite tige verticale de un ou deux millimètres de diamètre qui vient alorsbarrer le passage à un levier horizontal parallèle à laiguille et monté surson axe. Cest absolument comme si on arrêtait laiguille elle-même, maisle mécanisme est caché au-dessous du cadran pour nen pas troubler las-pect et pour ne pas fatiguer lattention de lopérateur. Il ne suffit pas quelaiguille soit bien fidèlement arrêtée vis-à-vis du signe quelle doit indi-quer, il importe de plus que le levier moteur lié à larmature, dont lemême obstacle arrête aussi la vibration, se trouve alors au milieu de sonretour, cest-à-dire vers le milieu de lexcursion quil fait sous linfluencedu ressort qui le rappelle. On comprend, en effet, quà cet instant le cir-cuit étant rompu depuis un certain temps, et les effets du courant ayantcessé, il y a moins de chance pour que larmature contracte une polaritémagnétique capable de troubler la marche régulière de lappareil. Cesconditions sont très-habilement remplies par M. Siemens.

« Celui qui envoie la dépêche na donc quune seule opération à faire :poser le doigt successivement sur toutes les touches qui correspondent àla série des signes quil veut transmettre. II abaisse une touche, et lai-guille indicatrice de son appareil, emportée parles mouvements réguliersqui laniment, néprouve rien encore; elle continue sa marche jusquàlinstant elle arrive au signe dont la touche est abaissée ; elle sarrête.Laiguille de lautre station , mue par la même force et soumise au syn-chronisme , ne peut pas cependant sarrêter mathématiquement au mêmeinstant, car le levier qui la fait mouvoir, rappelé aussi par son ressort,achève forcément son retour, puisquil ne rencontre pas, comme son ho-mologue de la première station , un obstacle matériel qui larrête ; ilachève donc son retour et prend la position, pour sa part, il complète lecircuit et rétablit le courant. Cependant ce quil a fait ne peut pas avoir àlinstant même son efficacité, puisque son homologue de la première sta-tion est alors retenu en un point il rompt le circuit. Cest ainsi que lopé-rateur qui envoie la dépêche, posant le doigt sur une touche pendant unecertaine fraction de seconde, détermine un instant darrêt pareil danslaiguille de la seconde station, mais, il faut bien le remarquer, les deuxaiguilles ne peuvent pas sarrêter au même instant, la seconde ne sarrêtequaprès un temps équivalant à peu près au quart de la durée dune vibra-tion complète. Cette circonstance est importante par linfluence quelleexerce sur le nombre des signes qui peuvent être transmis dans un tempsdonné.