TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE. 131
ceux-ci relativement à la touche, de sorte qu’on conçoit la simultanéitédes mouvements si l’on songe que le courant et par suite l’aimantation estinterrompue d’une manière égale et intermittente, comme nous le recon-naîtrons. Il s’opère donc régulièrement un mouvement de bascule auxpoints b 2 ; la fîg. 9 en indique suffisamment la marche, et les fig. 18 et 19 ladisposition détaillée. Mais ce mouvement, qui est à la vérité très-restreintà l’endroit où il prend naissance, s’agrandit en raison du bras de levier C 2et devient assez prononcé pour tracer une écriture en chiffres dont lafig. l re est la reproduction fidèle. On peut d’ailleurs augmenter l’amplitudeet donner plus ou moins de course à la plume en agissant sur la vis D,placée à l’extrémité du châssis B.
Crayon et porte-crayon. — A l’extrémité de la plume et près de lavis D se trouve un porte-crayon incliné (fig. 15), creux à l’intérieur etgarni d’une mine de plomb cylindrique. Cette mine ou crayon reçoit deuxmouvements : le premier lui est transmis par la plume à bascule, c’est celuique nous venons d’examiner et qui sert à la production des caractères;le second est un mouvement circulaire qui sert justement à la tailleconstante du crayon et par suite à la netteté ou la régularité desdits carac-tères. On comprend, en effet, que si d’une part le crayon est promenésur le papier suivant un mouvement uniforme de va-et-vient, il s’useratoujours sur le même sens, tandis qu’au contraire si tout en conservantce mouvement indispensable, il tourne graduellement sur lui-même, lefrottement sera uniforme et le crayon présentera constamment la formeindiquée au double de grandeur naturelle (fig. 17), c’est-à-dire un cônerégulier agissant sur le papier par une génératrice toujours de la mêmedimension.
Les fig. 13, 14 et 15 représentent à une échelle de moitié grandeur lesdiverses vues du mécanisme servant à opérer ce mouvement de rotation.
La partie supérieure i' du porte-crayon est filetée pour recevoir enplace d’écrou une petite roue à rochet E' à denture très-fine, et qui, àchaque mouvement de la plume, se trouve attaquée par le ressort plat b’'pour tourner de quelques dents ; un autre cliquet à ressort à 5 empêche laroue de retourner sur son chemin. Or, ce mouvement de rotation pro-voque la descente du crayon d’une quantité correspondante à l’usure, desorte qu’une fois en place toutes les pièces agissent l’une par l’autre dansdes proportions constamment convenables pour former une écriture dontvoici la théorie : elle représente des chiffres servant de clé à une traduc-tion secrète en langue vulgaire ; ces chiffres sont formés par des jambagesaigus (voir fig. l re ). Lorsque le jambage est seul c’est le chiffre 1 qui estreprésenté ; quand il y en a 2 ou 3, les chiffres indiqués représentent 2ou 3, et ainsi de suite.
Le chiffre 0 est représenté par 10 jambages, et le nombre 10 par unjambage seul séparé et suivi de 10 jambages,
Entre chaque chiffre il y a un petit espace et entre les nombres un